Chic, chic, voici Guitry

Brigitte Hool et Bernard Pisani dans « L'amour masqué » ce soir.

Brigitte Hool et Bernard Pisani dans « L’amour masqué » ce soir. (photo philippe taris)

Bernard Pisani a beaucoup tourné avec « L’amour masqué » et il n’en a jamais assez. « En fait, j’en rêvais depuis que, à peine sorti de l’Opéra de Paris comme danseur, j’avais participé à une production des années 70, au Palais Royal, avec Jean Marais. J’aime infiniment la brillance folle du texte de Guitry et la façon dont Messager l’a utilisé pour en faire une comédie musicale plus qu’une opérette. Et en plus, ici, à Bordeaux, c’est du luxe ! »

En effet. S’il assure lui-même le rôle du Baron, un des deux amants de la frivole héroïne, le metteur en scène bénéficie d’une distribution intrigante, avec Brigitte Hool, une habituée des productions de Laurent Pelly en « Elle », Jean-Louis Pichon, qu’on connait mieux en metteur en scène des opéras de Massenet en « Lui » et Chloé Briot, la piquante jeune fille des « Enfants Terribles » en servante, le tout sous la direction de Geoffrey Styles.

Bernard Pisani agit ici en homme de théâtre aux belles fréquentations. Anouilh, par exemple, fut son maître sur les planches. Quant à Racine, il a monté « Britannicus pour pouvoir jouer Néron. Ce qui ne manquait pas d’étonner son cousin Coluche « La dernière fois que nous nous sommes vus, à Cannes, il m’a bien chambré avec Racine. Je lui en ai servi autant avec ses sketches », raconte le comédien.

À l’opéra, il a monté quelques Offenbach, joué dans « Les Brigands » du même, mais aussi signé une production de « L’Opera de Quat’Sous ». Autant de détours qui ne l’en autorise que mieux à mesurer les qualités de chic et de « délicieuse futilité » qu’il prête à Guitry. L’intrigue, avec ses femmes entretenues et son bal masqué, est rétro, mais le tube « J’ai deux amants » est éternel. Savoureux.

Ce soir à 20 heures, puis les 7, 8, 9 mars à 20 heures ainsi que dimanche 11 à 15 heures au Grand-Théâtre de Bordeaux. De 8 à 85 €. Rens. 05 56 00 85 95.

Un agenda en ligne des concerts

Olivier Peters d'Ampli, Eric Delamare du Show Case, Marion Ciron de La Centrifugeuse et Elsa Payri Chinanou des Amis de la chanson populaire.

Olivier Peters d’Ampli, Eric Delamare du Show Case, Marion Ciron de La Centrifugeuse et Elsa Payri Chinanou des Amis de la chanson populaire. (photo david le deodic)

Sept structures de diffusion et de production de concerts de musique actuelle – Ampli, ACP, Centrifugeuse, Show Case Time, À temps rêver du roi, Pau concert prod et Espiceria – réunies dans le collectif Paust-it ont mis au point un site Internet où le public peut retrouver toutes leurs dates de concerts.

Pratique et facile d’accès, www.collectif-paust-it.fr donne accès aux informations de concerts par date, par lieu ou par nom de groupes. L’agenda est déroulable par semaine, quinzaine ou par mois.

Mieux qu’un post-it

Dessiné et géré par Daniel Afonso et Marie Mairet de l’atelier Sonnez sans frapper, le site, renseigné par les structures elles-mêmes, reprend le concept du post-it posé sur le frigo. Sauf que sur l’écran, la recherche est beaucoup plus large et peut même servir d’archives.

« Nous avions besoin d’un support de communication pour nos concerts. Il est de plus en plus difficile d’afficher à Pau », explique Olivier Peters, responsable d’Ampli à Billère.

Son collègue Eric Delamare, du Show Case Time à Pau, souligne le fait que le collectif (et donc le site) « réunit des structures conventionnées ou non. On fait abstraction de tout ça. Le but est de mettre en commun le travail de tous au service du public. Il permet aussi aux tourneurs et aux producteurs de prendre conscience de la dynamique locale en ce qui concerne les lieux de diffusion ».

Marion Ciron, de La Centrifugeuse, a déjà eu des retours sur le site. « Une personne m’a dit qu’elle avait pris son agenda et noté tous les concerts qui l’intéressaient. C’est là qu’on voit que l’offre est multiple. Dire qu’il ne se passe rien à Pau est faux. Ce site en est la preuve. »

Saison morose

Cette action commune, inédite sur Internet – par le passé, une telle union sacrée s’était concrétisée par une affiche commune signée du Sonic circus family ! – pourrait inverser la tendance de cette saison 2011-2012.

« Depuis le début de la saison, c’est catastrophique », se plaignent les protagonistes.

La faute aux élections, au porte-monnaie ? En tout cas, le spectateur ne pourra plus dire qu’il ne savait pas. Avec Paust-it, y a qu’à !

www.collectif-paust-it.fr

Cyrano, un mythe éternel

Emmanuelle Wion et Christophe Brault, dans les rôles de Roxane et Cyrano.

Emmanuelle Wion et Christophe Brault, dans les rôles de Roxane et Cyrano. (Photo DR)

«On a tous une idée de Cyrano. On connaît tous la tirade du nez. Quand on joue la pièce, il y a toujours quelqu’un dans la salle qui dit le texte en même temps que les acteurs », rappelle Bernard Pico, du Centre dramatique régional de Tours. C’est cette compagnie qui jouera le drame d’Edmond Rostand ce soir et demain au Théâtre de Périgueux.

Le personnage a pris la dimension d’un mythe. « C’est le rôle le plus long de tout le répertoire du théâtre. 1 200 vers. C’est un marathon, un défi physique et artistique. »

Brûlant et séducteur

On a toujours en mémoire les grands acteurs qui l’ont incarné, Gérard Depardieu, Jacques Weber. Et on peut se demander ce qu’une nouvelle version va apporter.

« Nous avions envie de raconter Cyrano à notre manière », poursuit Bernard Pico. « Pour moi, c’est l’acteur qui est au centre de tout. On ne peut pas monter Cyrano si on n’a pas trouvé le comédien qui convient. »

Le metteur en scène, Gilles Bouillon, a fait appel à Christophe Brault, avec qui il a déjà travaillé. Il jouait Iago dans « Othello » de Shakespeare, monté par la compagnie en 2008. Acteur se consacrant essentiellement au théâtre, il joue aussi bien le répertoire classique que contemporain.

« C’est un Cyrano brûlant et séducteur, un tempérament de feu. On ne lui a pas fabriqué un nez extravagant. Grand bien sûr, mais pas si laid que ça. C’est lui qui se sent laid et c’est ça qui est important.

Le centre de la pièce, c’est une histoire de deux hommes, Cyrano et Christian, qui sont infirmes en amour. L’un par l’apparence, l’autre par la parole. Cyrano va inventer une chimère qui possède à la fois la beauté et la poésie. »

Roxane sera incarnée par Emmanuelle Wion, la Desdémone « d’Othello ». « Ce n’est ni une potiche, ni une précieuse. C’est une jeune femme belle, sensuelle, cultivée, qui sait ce qu’elle veut. C’est une féministe avant la lettre. »

Cadets de Gascogne

Pour définir le spectacle, Bernard Pico aime parler d’opéra en référence à son aspect choral. Le Centre dramatique régional de Tours accueille de jeunes comédiens sortant de grandes écoles. Ils seront 17 à jouer les cadets de Gascogne, les poètes, les guerriers et même les religieuses au dernier acte.

Ils évolueront dans un décor en forme de gradin, d’arène, qui se prête aux transformations et favorise la fluidité du spectacle. Créé en décembre 2010, il a été donné 120 fois. Avec le même panache.

Pratique. Le spectacle qui dure 2 h 45 commencera à 20 heures. Tarifs : plein, 22 euros ; réduit, 20 euros ; abonné, 18 euros ; jeune, 8 euros. Réservations au 05 53 53 18 71.

Ces bad boys qui font vibrer

Rasta Thomas a inventé un nouveau genre le « rock classique ».

Rasta Thomas a inventé un nouveau genre le « rock classique ». (photo dr)

Ca swingue, ça décoiffe et surtout ça change. En commençant son spectacle « Rock The Ballet » au son d’un tube que les clubbers auront reconnu dès les premières notes : « I Gotta Feelin » des Black Eyed Peas, le danseur américain Rasta Thomas donne le ton.

En deux temps trois mouvements, le public est averti et bientôt contaminé par l’énergie débordante des danseurs professionnels au corps d’athlète et dont la souplesse en a fait rêver plus d’une.

En 2007, le talentueux Rasta Thomas de son vrai nom Rasta Kuzma Ramacandra, décide de créer sa troupe. C’est ainsi que « Bad Boys of Dance » voit le jour au début du mois de juillet de la même année.

Du classique au commercial

Ancien danseur dans des compagnies aussi prestigieuses que l’American Ballet Theater ou le Kirov Ballet de Saint-Pétersbourg, Rasta Thomas a commencé sa carrière en apprenant les indispensables techniques et fondamentaux de la danse classique.

Il joue aussi bien le rôle de Basilio dans « Don Quichotte » que celui d’Albrecht dans « Gisèle ». Mais très vite, il se découvre une attirance toute particulière pour la danse contemporaine et voue un culte au célèbre danseur d’origine russe Baryshnikov ainsi qu’au roi de la pop, Michael Jackson. Les compagnies qu’il connaît ne lui suffisent plus.

Tubes pop et rock

Il veut créer son propre style, mêler les genres et surtout dépoussiérer une discipline que les jeunes imaginent ennuyeuse, réservée aux riches et aux personnes âgées. Il rêve de faire connaître son art au plus grand nombre et surtout aux jeunes. C’est pour cette raison que « Rock The Ballet » revisite les tubes pop et rock qui ont fait la gloire des années 80 à nos jours.

De U2 à Lenny Kravitz, en passant par Cold Play et Queen sans oublier Prince et Michael Jackson, Rasta Thomas choisi des morceaux que tout le monde est susceptible de connaître.

Repéré par le célèbre producteur Mel Howard, lors d’une des premières représentations de « Rock The Ballet » dans une petite salle de Broadway, le show a pris une dimension internationale et connaît un succès dont même son auteur ne finit pas de s’étonner.

Rasta Thomas s’est entouré de sa femme Adrienne Canterna, elle-même danseuse, et de jeunes talents américains et canadiens, formés eux aussi au classique. Tous ont le diable au corps et évoluent dans des décors aussi dynamiques que flashys. Leur but est d’amuser, divertir et séduire en mêlant classique, capoeira, hip-hop et acrobaties.

En France pour trois semaines, ils débuteront leur tournée au Casino de Paris et seront à la Gare du Midi à Biarritz le 8 mars à 20 h 30. Réservations au 05 59 59 23 79 ou sur www.biarritz.fr

Affaire Bettencourt : Patrice de Maistre face à la rigueur des magistrats

Des beaux quartiers de Paris à une cellule de 9 mètres carrés à Gradignan, la pente est raide pour Patrice de Maistre, au bord des larmes lors de l'audience, hier, à Bordeaux.

Des beaux quartiers de Paris à une cellule de 9 mètres carrés à Gradignan, la pente est raide pour Patrice de Maistre, au bord des larmes lors de l’audience, hier, à Bordeaux. (Photo Quentin salinier)

C’est une véritable descente aux enfers et il ne s’en remet pas. Dans la nuit du 22 au 23 mars, Patrice de Maistre est subitement passé des beaux quartiers de la capitale à une cellule de 9 mètres carrés de la maison d’arrêt de Gradignan, qu’il partage avec un codétenu. Pour fuir ce cloaque, l’ancien gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt est prêt à donner toutes les garanties possibles et imaginables. Augmenter le montant de sa caution, déjà fixée à 2 millions d’euros, porter un bracelet électronique comme les délinquants de droit commun, et plus encore s’il le faut.

D’un geste de la main, le président de la chambre de l’instruction, Bernard Boulmier, l’invite à prendre la parole. Sous ses yeux, le chef d’entreprise, vêtu d’un costume gris légèrement froissé, se liquéfie. Il est au bord des sanglots en implorant sa remise en liberté. « Je n’ai pas mérité cela », lâche-t-il d’une voix tout juste audible. Le contraste sonore avec les propos tenus un peu plus tôt par l’un de ses avocats, Me Pierre Haïk, est saisissant. « Tout a été scellé avant même qu’on puisse entendre Patrice de Maistre. C’est un guet-apens judiciaire », a tonné le ténor du barreau parisien, dénonçant « le climat de violence » entretenu par les magistrats bordelais.

L’avocat général Pierre Nalbert a vainement demandé hier que l’audience se tienne à huis clos. « Pour des raisons de conservation des preuves, nous ne pouvons pas tout déballer. J’en dirai le moins possible. » Mais suffisamment en tout cas pour étayer la position du parquet, qui, jeudi dernier, a appuyé la demande de placement en détention de Patrice de Maistre formulée par le juge d’instruction Jean-Michel Gentil. « Nous ne voulons qu’une seule chose : que la vérité soit faite, précise le magistrat. Son incarcération garantit la poursuite des investigations. Compte tenu de ses relations à l’étranger et de ses moyens financiers, nous craignons des interférences. »

« Il a menti »

L’ancien gestionnaire de fortune de la milliardaire est aujourd’hui derrière les barreaux pour ne pas avoir dit aux juges que, entre 2007 et 2009, il avait fait procéder au rapatriement de Suisse de 4 millions d’euros en espèces, issus de comptes clandestins détenus par la famille Bettencourt. « Il a menti, insiste Pierre Nalbert. Lorsqu’il avait été précédemment interrogé à ce sujet, il avait nié avoir participé à ces opérations. »

Des regrets malgré tout

Patrice de Maistre assure désormais que ces sommes ont été remises à la famille Bettencourt. Juges d’instruction et enquêteurs en doutent fortement et cherchent d’autres bénéficiaires. Deux retraits de 400 000 euros sont survenus au moment de la présidentielle de 2007. Une période où l’ancien gestionnaire de fortune a rencontré plusieurs fois Éric Woerth, le trésorier de l’UMP, alors chargé du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy.

« Je n’ai rien fait de ce qui m’est reproché. J’ai seulement travaillé pour les Bettencourt. J’ai aussi bien gagné ma vie avant eux qu’avec eux, se défend Patrice de Maistre, aujourd’hui à la tête de sociétés qui emploient 80 salariés. Ce que je n’ai pas fait, c’est arrêter un système qui existait depuis quarante ans. Je le regrette. Cela aurait été plus facile pour moi de le dénoncer. »

Depuis des décennies, les Bettencourt, qui « arrosaient » nombre de politiques, fraudaient en toute impunité le fisc en dissimulant une partie de leurs revenus en Suisse. Ils disposaient d’au moins 100 millions d’euros répartis sur dix comptes. Un avocat genevois, Me René Merkt, faisait office de banquier et gérait les demandes de la famille lorsque celle-ci souhaitait rapatrier du liquide. Le mécanisme, sophistiqué, passait par des organismes de compensation, un écran bien pratique pour masquer l’origine des fonds convoyés depuis la Suisse par des coursiers.

« Tarte à la crème »

« Depuis 2010 et les perquisitions effectuées au cabinet de l’avocat, les juges connaissaient l’existence de ce système de mise à disposition d’espèces, insiste Me Jacqueline Laffont, l’une des trois avocats de l’ancien gestionnaire. Patrice de Maistre n’a pas menti. Il n’a pas répondu à une question qu’on ne lui a pas posée. Le procédé est déloyal. » Reste bien la concomitance troublante entre certaines dates de remise de fonds et les rencontres de Patrice de Maistre avec Éric Woerth, le grand argentier de l’UMP. Mais cela justifie-t-il la détention provisoire ?

« On nous parle aujourd’hui du risque de pression sur les témoins. Une tarte à la crème quand on ne sait plus quoi dire. Il n’existe pas aujourd’hui. Il n’existait pas hier. Et Dieu sait s’il y a eu des surveillances. Il n’existera pas demain », promet Me Haïk, rappelant, certificats médicaux à l’appui, que la détention ne peut qu’aggraver les problèmes cardiaques de son client. La chambre de l’instruction rendra sa décision ce matin.

Législatives : la maire de Lafox est “”très agacée”

« Quand la pression monte, j'écris », commente Christine Bonfanti-Dossat.

« Quand la pression monte, j’écris », commente Christine Bonfanti-Dossat. (archives émilie drouinaud)

Quelque peu puissant le texte écrit par Christine Bonfanti-Dossat sur sa page Facebook. Sans jamais les citer nommément, la maire de Lafox vise certains agissements à son égard de proches du maire d’Agen, et ce dans le cadre des élections législatives. Rappelons que Christine Bonfanti-Dossat a, dans un premier temps, été investie par l’UMP sur la circonscription d’Agen-Nérac. Puis, cette désignation lui a été retirée au profit de Jean Dionis du Séjour, député sortant Nouveau Centre.

« Je dis toujours ce que je pense. J’ai toujours agi ainsi. Je suis trop agacée par ce qui arrive. Quand la pression monte, et plutôt que de m’emporter, j’écris. Oui, c’est puissant, mais c’est la vérité. Je dis simplement ce que je ressens. Je suis quelqu’un qui reste droit dans ses bottes », explique alors Christine Bonfanti-Dossat.

Depuis qu’elle s’est engagée dans la campagne, la maire de Lafox répète qu’elle ira « jusqu’au bout ». Fidèle à son parti et à ses principes, certes, elle n’a pas apprécié que l’UMP lui retire son investiture, mais elle en a accepté l’augure.

« Non au chant des sirènes »

« Mais je ne supporte pas ce qui se passe. Je ne réponds jamais aux chants des sirènes. » Elle se dit prête, en tout bien tout honneur, à mettre son corps en avant, pour défendre ses amis, ses idées et plus encore affirmer qu’elle ne baisse pas pavillon.

Reste que le ton usité par Christine Bonfanti-Dossat a changé. Elle classe aujourd’hui certains de ses proches dans un autre camp que le sien. à savoir certains membres de l’entourage du maire d’Agen.

À onze semaines du 1er tour des législatives, à droite, la campagne se durcit d’un coup. Et ce qui se tramait, ou tramerait en coulisses commence à remonter à la surface. La bataille des mots est ouverte. Nouveauté, l’échange se tient aussi sur Internet.

D’ailleurs, à compter de la semaine prochaine, Christine Bonfanti-Dossat et son suppléant, Michel Andlauer, disposeront d’un blog. « Nous dirons pourquoi nous appelons à voter Nicolas Sarkozy. Nous développerons, au quotidien, nos thèmes de campagne. Et bien d’autres choses encore… »

Michel Rocard en soins intensifs dans un hôpital de Suède

Michel Rocard

Michel Rocard (Photo Maxppp)

Article mis à jour à 17h15

Michel Rocard, ex-Premier ministre et ambassadeur de France pour les régions polaires depuis mars 2009, se trouve "dans une unité de soins intensifs au sein d’un hôpital de Stockholm", a indiqué vendredi le ministère des Affaires étrangères, confirmant une hospitalisation après un malaise.

"Il se trouve actuellement dans une unité de soins intensifs au sein d’un hôpital de Stockholm où il est attentivement suivi par des médecins suédois", a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero.

"Notre ambassade à Stockholm a immédiatement tout mis en oeuvre afin que M. Michel Rocard reçoive sans délais les soins appropriés", a-t-il ajouté. "Aussitôt informé, Alain Juppé a fait transmettre par notre ambassadeur à Stockholm un message d’amitié et de prompt rétablissement" à l’ancien Premier ministre socialiste, a précisé le porte-parole.

Un proche de l’ancien responsable socialiste avait indiqué au préalable que Michel Rocard, 81 ans, avait fait vendredi à Stockholm "un malaise", en précisant qu’il était conscient et pouvait communiquer.

François Hollande a transmis vendredi ses "voeux de prompt rétablissement" à Michel Rocard par l’intermédiaire de proches de l’ex-Premier ministre qui l’ont "rassuré sur son état de santé". 

Le 30 juin 2007, Michel Rocard avait subi une opération à l’institut de recherches médicales de Calcutta, après une hémorragie cérébrale.

Ambassadeur de la France pour les régions polaires depuis mars 2009, Michel Rocard est l’un des promoteurs du Protocole de Madrid, signé en 1991, qui "prévoit que l’Antarctique est une terre de science et réserve naturelle interdite à toute activité minière".

Avant 15 ans de mandat au Parlement européen (1994-2009), Michel Rocard a été notamment maire de Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines (1977-1994), ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire (1981-1983), ministre de l’Agriculture (1983-1985), Premier ministre de 1988 à 1991 et premier secrétaire du Parti socialiste (PS) de 1993 à 1994.  

Fountaine à La Rochelle : “Si les conditions se présentent je serai candidat aux municipales”

Jean-François Fountaine

Jean-François Fountaine (Pascal Couillaud )

Chef d’entreprise, conseiller municipal de La Rochelle (PS) et vice-président de la communauté d’agglomération, Jean-François Fountaine est souvent présenté comme le dauphin du maire Maxime Bono.

Il admet que si "les conditions se présentent", il sera "candidat aux élections municipales". Mais, insiste-t-il: "aujourd’hui, ce n’est pas l’enjeu. L’enjeu, c’est les élections législatives".

Jean-François Fountaine soutient en effet Olivier Falorni (ex premier fédéral PS) qui se présente dans la circonscription la Rochelle-Ré où est candidate Ségolène Royal.

Pour Jean-François Fountaine, "cette élection sera un temps fort de la vie politique rochelaise. Le plus fort depuis l’élection de Michel Crépeau en 1971".

Et il considère que depuis "l’arrivée de Ségolène Royal", les valeurs de La Rochelle telles que la tolérance, "le respect du débat" sont en danger. "On assiste à une montée en puissance du sectarisme et de l’exclusion". 

Présidentielle : François Hollande se rassure à Mont-de-Marsan

François Hollande et ses sympathisants, hier soir à Mont-de-Marsan.|| Photo Nicolas Le Lievre (Photo Nicolas Le Lievre)1 sur 5François Hollande et ses sympathisants, hier soir à Mont-de-Marsan.Henri Emmanuelli|| Bats Pascal (Bats Pascal)2 sur 5Henri Emmanuelli|| Le Lievre Nicolas (Le Lievre Nicolas)3 sur 5|| Le Lievre Nicolas (Le Lievre Nicolas)4 sur 5|| Le Lievre Nicolas (Le Lievre Nicolas)5 sur 5 

élection présidentielle

Hier soir à Mont-de-Marsan, en terre socialiste et devant une salle bien chauffée par Henri Emmanuelli qui s’en est donné à cœur joie pour décrier Nicolas Sarkozy, François Hollande s’est laissé porter par les quelque 6 000 sympathisants et militants. En dialoguant avec eux sur les thèmes déjà bien connus du bilan de Nicolas Sarkozy vu par le Parti socialiste, et sans négliger ses traits d’humour habituels, il a quand même su conserver la gravité nécessaire pour rappeler que le président de la République française devrait être de gauche en 2012 et que ce ne pouvait être que lui.

Une affirmation qu’il a réitérée plusieurs fois dans la soirée : « Pour ceux qui veulent tourner la page, je suis le seul qui avec vous peut écrire la prochaine. » Répondant à Henri Emmanuelli qui avait mis l’assistance en garde contre le risque de division à gauche : « À gauche, on n’a que des partenaires, aucun adversaire, l’ennemi est à droite », il a répondu : « La gauche a la responsabilité de gagner et c’est au premier tour que se créent les dynamiques. »

Le nom de Jean-Luc Mélenchon n’a été prononcé ni par l’un ni par l’autre, car ils n’ignoraient pas que ses partisans sont nombreux dans le département, et jusque dans les rangs du PS. François Hollande a alors évoqué les « traditions de la gauche » pour éviter d’avoir à utiliser des mots qui fâchent.

« Le même bonheur »

Pour ceux qui craignent que les pays européens voient d’un mauvais œil l’arrivée des socialistes au pouvoir après l’affirmation de vouloir renégocier le traité de Bruxelles, il les a rassurés en dévoilant, sur le ton de la confidence, que les citoyens européens l’espèrent en silence comme un signal. Pour éviter toute surenchère, il a affirmé : « Je ne promettrai rien que je ne pourrai tenir », en insistant sur le fait qu’il ne souhaitait pas seulement le changement, mais « gouverner et transformer notre pays ».

Après avoir évoqué une fois de plus François Mitterrand et la victoire de 1981, le candidat socialiste lançait : « Je voudrais que la jeunesse de France qui n’a pas vécu cela puisse connaître le même bonheur et la même émotion que beaucoup d’entre nous ont ressentis ce jour-là. »

Parfois lyrique, grave par moments, mais aussi facétieux et plaisantin, François Hollande n’a pas choisi Mont-de-Marsan pour dévoiler des aspects inconnus de son programme, mais a montré qu’il sait l’adapter à l’actualité en évoquant la suppression immédiate de la hausse de la TVA, le rétablissement de la TIPP flottante et le blocage du prix de l’essence pendant trois mois.

Devant un public landais où les fonctionnaires et enseignants étaient manifestement nombreux, il a trouvé les mots qu’il fallait pour déclencher l’acclamation recherchée. Mais il peut toutefois se demander si cela sera suffisant pour écarter la menace de Jean-Luc Mélenchon. Ce qui nécessiterait de chasser sur d’autres terres.

Trop chère lumière dans les ville de Gironde

Des rangées de lampadaires dans toutes les rues et avenues : ça devient un luxe.

Des rangées de lampadaires dans toutes les rues et avenues : ça devient un luxe. (PHOTO Fabien Cottereau)

Si l’Oscar de l’éclairage public existait en Gironde, le syndicat d’électrification du Fronsadais serait à coup sûr nommé. 6 000 points lumineux sur les 34 communes que chapeaute ce syndicat, 3 500 viennent d’être renouvelés dans le cadre de la modernisation du réseau de lampadaires et d’une campagne anti-gaspi. Un investissement considérable pour ces communes rurales et modestes. 1,2 million d’euros HT.

« Un bel exemple à suivre » souligne Jean-Louis Bergey, délégué général de l’Ademe, en rappelant que l’éclairage public « est pour certaines petites communes, la première dépense, celle qui plombe le budget annuel et empêche de faire autre chose. »

« Pour les petites communes, l’éclairage public représente 50 % des dépenses d’électricité. Bien plus que l’éclairage ou le chauffage des bâtiments publics », précise Stéphane Oulié, directeur général du syndicat départemental d’énergies électriques de la Gironde, auquel est rattaché le syndicat du Fronsadais. Le syndicat a financé 20 % du projet du Fronsadais et en assuré la main-d’œuvre.

Des lampes interdites

Ce qui a été fait dans le Fronsadais est souhaité à l’échelle nationale. 20 millions d’euros de subventions ont été débloqués à la suite de la table ronde pour l’efficacité énergétique qui s’est tenue en fin d’année dernière. Une aide exclusivement destinée aux communes de moins de 2 000 habitants, celles-ci étant les plus nombreuses (31 900 communes au total) et les plus mal dotées pour faire face à de fortes dépenses.

Ce coup de main a un double objectif : permettre aux communes de réduire leurs frais et également mieux répondre aux normes du développement durable.

« Plus de la moitié du parc de lampadaires – 9 millions de lampes ! – est composé de matériels complètement obsolètes et énergivores. 40 % des luminaires en service ont plus de 25 ans », précise le délégué régional de l’Ademe. Pire, un tiers de ce parc est encore équipé de lampes à vapeur de mercure, des lampes qui seront bientôt totalement interdites. Une décision prise au niveau de l’Europe en 2005 et qui sera applicable à compter de 2015, dans tout juste trois ans. On trouve ce type de lampes dans les lampadaires classiques et dans les boules fluorescentes qui éclairent plus le ciel que le trottoir.

Les communes auront dix ans pour les faire disparaître. Celles qui auraient déjà l’idée de continuer « malgré tout » ne le pourront pas. « Il n’y aura plus de lampes à vapeur de mercure sur le marché. Donc impossibilité de remplacer les lampes mortes », précise Stéphane Oulié.

50 % d’économie au moins

« Avec des lampadaires de nouvelle génération et des lampes moins énergivores, nous pourrons réduire la consommation d’énergie de 50 à 70 % », affirme le directeur de l’Ademe. Par la même occasion, le « pic de puissance » à la tombée de nuit sera mieux maîtrisé. Il est de 1 260 MW actuellement. Avec un plan de renouvellement de lampes bien mené, cette puissance pourrait être réduite de 25 %.

Les aides accordées par l’État ne sont pas négligeables. 360 euros par point de lumière divisant la consommation d’énergie par 2, puis 1 600 euros par point divisant la consommation par 3 et enfin 3 000 euros par point divisant la consommation par 4. L’ennui, c’est que les communes doivent se faire connaître avant le mois d’avril.