L’association Paris Europlace, qui représente l’ensemble des acteurs de la finance française, a jugé que, si la taxe sur les transactions financières n’était pas européenne mais hexagonale, « elle affaiblirait l’économie française. […] Et qu’elle entraînerait inéluctablement une délocalisation des activités concernées des banques, sociétés d’assurances et de gestion au profit des grandes places financières mondiales, et réduirait en conséquence la maîtrise des conditions de financement de notre économie et le rôle de Paris dans l’économie européenne et mondiale ».

Montebourg la votera
Le gouvernement a immédiatement réagi par la voix du secrétaire d’état au Logement, Benoist Apparu, qui a précisé que « ce n’est pas parce que les financiers disent ” non on ne veut pas être taxés ” qu’on va les écouter ». Celui-ci a d’ailleurs assuré qu’un texte financier serait présenté en Conseil des ministres « probablement en février ».
Pensée en 1972 par l’économiste américain James Tobin, portée par les milieux altermondialistes et Attac – le député PS de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, a ainsi affirmé, hier, qu’il la voterait, en s’en félicitant -, la taxe contestée a fait un long chemin avant d’être reprise par le président Sarkozy, la chancelière allemande Merkel et la Commission européenne. Cependant jusqu’ici le président français avait toujours repoussé l’idée d’une mise en place uniquement en France.
Partenaires européens agacés
Vendredi, Nicolas Sarkozy a ainsi suscité l’agacement de ses partenaires européens en déclarant que la France n’attendrait pas qu’ils trouvent un consensus pour mettre en œuvre la taxe en France.
Berlin a ainsi sèchement rappelé que sa position était « inchangée ». « Le but est d’aboutir à l’instauration d’une taxe sur les transactions financières dans l’Union », a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand.
La Commission européenne a elle-même rappelé la nécessité d’une « approche cohérente » entre les pays européens, en vue d’obtenir des « résultats efficaces ».
Hier, le Premier ministre britannique, David Cameron, est allé encore plus loin, réaffirmant son opposition à toute taxe… à moins qu’elle ne soit décidée au niveau mondial.
Nicolas Sarkozy doit rencontrer aujourd’hui à Berlin la chancelière allemande pour harmoniser leurs positions avant un sommet européen à la fin du mois.