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Contre Sarkozy, Marine Le Pen dégaine un carton rouge

Armée d'un carton rouge, Mme Le Pen a tancé Nicolas Sarkozy. Mais n'en a pas pour autant oublié François Hollande.

Armée d’un carton rouge, Mme Le Pen a tancé Nicolas Sarkozy. Mais n’en a pas pour autant oublié François Hollande. (Photo afp)

Candidat de « la France morte » ou des « puissants », président de la « petite minorité » qui s’enrichit de la crise, chef d’État « communautariste », Marine Le Pen, la patronne du FN, a tenté, hier, de ternir l’image que Nicolas Sarkozy a cherché à donner à son entrée en campagne.

À commencer par le titre de « candidat du peuple », l’« ultime marque de mépris d’une présidence ratée », a-t-elle lancé au début de son discours, après être entrée sur scène avec un large sourire et les bras grands ouverts.

Nicolas Sarkozy « croit-il autant à son impunité […] que la France serait atteinte d’une sorte de syndrome de Stockholm et voterait encore pour son geôlier ? » a-t-elle demandé, devant 3 000 personnes.

Cherchant visiblement une image qui pourrait marquer, Marine Le Pen a appelé le « peuple de France » à décerner « un carton rouge » au chef de l’État, brandissant elle-même un petit carton rouge, signe de ralliement utilisé à leur tour par ses sympathisants devant les caméras.

De Dalida à Brasillach

« Dehors ! Dehors ! Dehors ! » ont alors scandé les frontistes, dans une ambiance électrique, un peu retombée par la suite.

À peu près au même moment, le chef de l’État proposait devant 10 000 personnes à Marseille une dose de proportionnelle « à la marge » aux législatives, une idée qui pourrait séduire des électeurs frontistes. Sur iTélé, Marine Le Pen a cherché à tourner en dérision ce clin d’œil aux siens. « Encorrre des mots, toujourrrs des mots », a-t-elle chanté, roulant ostensiblement les « r » comme Dalida dans la chanson « Paroles, paroles ».

Au tour de Hollande

La présidente du FN a aussi attaqué François Hollande, rangé comme Nicolas Sarkozy dans le camp des « candidats des banques et de la finance », ou de « la mondialisation la plus brutale et la plus aveugle ».

Défendant longuement la nation contre cette « mondialisation mortifère », la présidente du parti d’extrême droite a aussi cherché à rassurer.

Ainsi, « la France, notre mère patrie, aime tous ses enfants, ses fils aînés et ses fils cadets, les Français de vieille souche […] mais aussi ses fils plus récents » et issus de l’immigration, a-t-elle dit. « Parmi tous les fils de France, il n’y a pas de différence », a-t-elle ajouté, alors qu’elle propose la suppression du droit du sol.

Et à tous ces Français, « à eux comme à tous les autres », Marine Le Pen a promis la « priorité nationale », c’est-à-dire une priorité sur les étrangers dans l’accès au logement ou à l’emploi, et des aides sociales réservées aux Français.

Le Pen père dérape encore

Parlant d’« unité nationale », elle a aussi appelé à « un nouveau Conseil national de la Résistance, indispensable à la nécessaire refondation que j’entends entamer demain ». Une allusion au CNR qui intervient au lendemain d’une autre référence, beaucoup plus controversée, brandie par Jean-Marie Le Pen.

Lors d’un discours, en présence de sa fille, le président d’honneur du FN avait cité un poème de l’écrivain collaborationniste et antisémite Robert Brasillach, fusillé à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour « intelligence avec l’ennemi » allemand.

Marine Le Pen a pris la défense de son père, en estimant qu’il fallait savoir faire « la différence entre l’homme et l’œuvre », et en renvoyant l’accusation sur Nicolas Sarkozy, qui utilise parfois l’œuvre littéraire de Céline, un autre auteur aux écrits antisémites…

La Rochelle : Olivier Falorni, candidat contre Ségolène Royal, va être exclu

Malgré les menaces, Olivier Falorni a décidé de maintenir sa candidature face à Ségolène Royal aux législatives à La Rochelle

Malgré les menaces, Olivier Falorni a décidé de maintenir sa candidature face à Ségolène Royal aux législatives à La Rochelle (Xavier Leoty)

Le premier secrétaire PS de Charente-Maritime, Olivier Falorni, qui a décidé de maintenir sa candidature face à Ségolène Royal aux législatives à La Rochelle, va être exclu du parti mardi par le Bureau national, indique François Lamy, bras droit de Martine Aubry.

"M. Falorni a reçu une lettre de la direction du parti lui demandant de renoncer à sa candidature, ce qu’il a refusé. Le Bureau national va donc logiquement constater son exclusion", a précisé M. Lamy.

"C’est une décision automatique. Il s’est lui-même mis en dehors du parti", a ajouté le député de l’Essonne.

Dimanche, lors d’un meeting à La Rochelle, le patron de la fédération a annoncé officiellement sa candidature face à la présidente de la Région Poitou-Charentes, pourtant investie par le parti le 22 novembre dernier.

Olivier Falorni, qui considère l’investiture de Ségolène Royal comme un parachutage, a fait fi des menaces d’exclusion, déclarant que "la direction nationale accomplira sa besogne".

"La première circonscription de La Rochelle n’a pas vocation à devenir un point de chute, un terrain d’atterrissage où on installe un trampoline pour rebondir aussitôt sur un perchoir", a aussi déclaré l’adjoint aux finances de la mairie de La Rochelle, faisant allusion au désir de Ségolène Royal de briguer la présidence de l’Assemblée 

Gers : l’économie redémarre, mais l’immobilier et le bâtiment restent en négatif

Sabazan

Sabazan (Photo Philippe Bataille)

La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Gers vient de rendre public le bilan de l’économie du dernier trimestre 2011 et les chiffres pour l’année 2011.

Il en ressort que lors du dernier trimestre 2011, le chiffre d’affaires des entreprises gersoises a augmenté de 9% par rapport au dernier trimestre 2010. Sur l’année, le chiffre d’affaires des entreprises gersoises a augmenté de 11%, tous secteurs confondus.

Les secteurs qui tirent leur épingle du jeu, et plutôt bien, sont l’industrie agro-alimentaire (+19% sur le dernier trimestre 2011) et les services (+15%). Dans l’agro-alimentaire, le vin gersois se porte bien et exporte beaucoup. Dans l’industrie, l’aéronautique finit l’année en positif et prévoit un début de 2012 sur une augmentation des commandes.

En revanche, le BTP et l’immobilier restent dans le rouge. L’immobilier surtout. Il est le secteur le plus touché par les baisses de chiffre d’affaire puisqu’il est en négatif depuis 2008. En 2011, il accuse une baisse de 13% sur le dernier trimestre par rapport au dernier trimestre 2010. Le BTP, lui, diminue de 3%.

Les faucheurs d’OGM condamnés en appel

José Bové à Poitiers en juin, lors du jugement en première instance.

José Bové à Poitiers en juin, lors du jugement en première instance. (Photo a. jocard/afp)

Le rempart juridique qui avait évité les foudres de la loi le 22 juin dernier à huit faucheurs de maïs transgénique n’a pas résisté devant la cour d’appel de Poitiers. Hier matin, la cour a rendu son arrêt à l’encontre de ces prévenus, parmi lesquels figure le député européen (EELV) José Bové. Tous sont déclarés coupables.

La cour admet que « les personnes poursuivies ont manifesté une réelle conviction quant aux dangers éventuels en matière de santé publique et d’environnement inhérents aux essais en plein champ de plants de maïs OGM ». Mais, précisent les juges, « les moyens d’action utilisés paraissent illégaux ».

En première instance, les juges s’étaient appuyés sur une erreur matérielle dans les poursuites engagées par le parquet pour prononcer une relaxe : au lendemain du fauchage des deux champs expérimentaux à Valdivienne et à Civaux, le procureur avait engagé des poursuites pour destruction de cultures destinées à la mise sur le marché, alors qu’il existe un texte spécifique réprimant plus sévèrement la destruction d’essais expérimentaux. La cour a estimé que rien n’empêchait de requalifier les poursuites, à partir du moment où les faits poursuivis, reconnus et même revendiqués par les prévenus, sont les mêmes.

Les peines prononcées sur le plan pénal à l’encontre des huit prévenus (parmi lesquels figurent trois Charentais-Maritimes, Yves Audebert, de Port-des-Barques, Georges Lathière, de Soubise, Christian Renaudie de Saint-Sauvant, et le Bordelais Patrick Destruhaut) sont relativement clémentes : des amendes avec sursis, sauf pour les trois prévenus déjà condamnés par le passé pour des actes de même nature, qui devront acquitter des peines de jours-amendes. Parmi eux, José Bové est condamné à 200 jours-amendes à 6 euros.

Vers la Cour de cassation ?

Plus ennuyeux pour les condamnés : la multinationale Monsanto, propriétaire des semences testées en 2008 (ces essais ont, depuis, été déclarés illégaux par le Conseil d’État), et le propriétaire des champs ravagés se voient allouer d’importants dommages et intérêts : plus de 135 000 euros pour le semencier et 38 000 euros pour l’agriculteur, que les condamnés devront payer solidairement. Ceux-ci disposent d’un délai de cinq jours francs pour se pourvoir en cassation.

Les Landes toussent

Le besoin est estimé à 307 places supplémentaires en maison de retraite.

Le besoin est estimé à 307 places supplémentaires en maison de retraite. (photo archives loïc dequier)

Le Conseil général s’est réuni hier matin en session extraordinaire pour examiner le projet régional de santé. Pas vraiment satisfait du remède prescrit par l’Agence régionale de santé (ARS), les élus ont émis un avis défavorable contre ce dernier (les quatre conseillers d’opposition se sont abstenus). « Il ne répond pas correctement aux besoins identifiés dans les Landes, notamment en matière d’organisation des soins et d’organisation médico-sociale, et risque d’accentuer les déséquilibres régionaux », précise la délibération.

Premier sujet pointé du doigt : les places en maison de retraite. Sur les 307 nouvelles places attendues par le Département, seules 59 seront ouvertes par l’ARS d’ici à 2016. « Je trouve cela choquant », résume Henri Emmanuelli. « Cela ne correspond absolument pas aux besoins d’accueil des personnes âgées en Ehpad dans les Landes, poursuit Jean-Claude Deyres, qui représente le Département à la conférence régionale de santé. L’ARS privilégie le maintien à domicile, mais l’on sait qu’il arrive un moment où ce n’est plus possible. »

Permanences de soins

Ces 59 places sont accordées d’un point de vue global, « contrairement à l’idée reçue d’un parti politique dans le département (UMP), ce n’est pas une histoire public-privé, il s’agit d’un chiffre tout compris. Je suis indigné par ce projet », commente Henri Emmanuelli.

S’agissant des personnes handicapées, le compte y est presque avec 52 places acceptées par l’ARS pour 61 demandées.

Autre élément qui fait tousser le Département : la permanence des soins ambulatoires (PDSA) et la réforme de la nuit profonde (période de minuit à 8 heures). Il n’y aura plus de médecins de garde effecteurs (ceux qui se déplacent), mais seulement un médecin régulateur (au standard pour conseiller les patients) dans ce créneau horaire. « Il faut économiser 900 000 euros dans les Landes, c’est un saucissonnage obligé, convient Didier Simon, conseiller général et médecin de profession. Il y a des mutualisations à envisager avec l’hôpital et les pompiers ». « Le problème, c’est que les urgentistes font de plus en plus de PDSA », constate Alain Sœur, directeur de l’hôpital de Mont-de-Marsan. « Pour nous, c’est la patate chaude, illustre le lieutenant-colonel du Sdis, Jean-Marc Antonini. Notre mission, c’est l’urgence, là, on risque de devenir la solution de facilité et de proximité ». Le diagnostic du mal est sévère, le médicament pour le soigner difficile à imaginer, tant il touche à plusieurs problématiques différentes. « Cette organisation représenterait une dégradation importante de l’accès aux soins pour la population, en particulier en zone rurale », s’inquiète le Conseil général.

Équipement hospitalier

Dans le même esprit, l’organisation des soins hospitaliers préoccupe les élus. Ils demandent un renforcement de l’équipement des hôpitaux landais, l’intégration de celui de Saint-Sever dans la communauté hospitalière des Landes, ou encore la poursuite de l’activité de chirurgie carcinologique digestive à la polyclinique d’Aire-sur-l’Adour. « Il va y avoir neuf Pet Scan de plus en Aquitaine, et aucun n’est prévu dans les Landes, c’est une façon de nous considérer comme une réserve d’Indiens. Pourtant, c’est un outil performant et indispensable », souligne Henri Emmanuelli.

Un service de médecine nucléaire doit pourtant ouvrir à Mont-de-Marsan en juin 2013. Suffisant pour débloquer le dossier ? Jointe hier par nos soins (elle n’a pas reçu d’invitation pour assister à la session du Conseil général), Colette Perrin, déléguée territoriale de l’ARS dans les Landes, précise que « nous sommes en phase de concertation du projet jusqu’au 20 février, la synthèse pourra conduire à des modifications ».

Marmande (47) : qui a voulu incendier les locaux de l’UMP ?

Un témoin passant dans la ruelle à 8 h 30 avait vu le vasistas ouvert, mais aucune fumée1 sur 2Un témoin passant dans la ruelle à 8 h 30 avait vu le vasistas ouvert, mais aucune fuméeLe bureau d'Ulysse Casse, encore dans son « jus ».|| PHOTOS C. C. B. (PHOTOS C. C. B.)2 sur 2Le bureau d’Ulysse Casse, encore dans son « jus ». 

L’acte malveillant qui a visé, vendredi matin, la permanence UMP du boulevard Meyniel, suscite des interrogations dans le microcosme politique local. Dans le week-end, de nouvelles réactions se sont manifestées, condamnant le geste du ou des incendiaires. En particulier de la part des instances de l’UMP et du PS.

Valérie de la Marnierre, déléguée de la circonscription UMP de Marmande, relève pour sa part que cet acte « intervient quelques jours après l’annonce officielle de la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, et après une campagne de distribution de tracts sur la circonscription ». Il donne, à son sens « une bien piètre image de la démocratie » et est « inutile » si l’intention était d’effrayer les militants UMP, ajoute-t-elle en substance : « Ils sont encore plus déterminés à mener cette campagne. » « Espérons […] que l’anti-Sarkozysme martelé ici et là n’encouragera pas d’autres réactions fanatiques de ce genre », écrit-elle encore.

Une maison historique

Au 19 boulevard Meyniel, la petite maison bourgeoise abritant (entre autres) les locaux de l’UMP est une maison historique de Marmande. Il s’agissait du siège des Conserveries Casse, fondées par Ulysse Casse en 1915. Les fameuses Conserveries qui, en exportant du concentré de tomate, ont diffusé le nom de Marmande dans le monde entier. L’usine proprement dite se trouvait à quelques pas, à l’emplacement de la résidence Meyniel.

Ulysse Casse fut maire de Marmande de 1920 à 1941, puis réélu à la Libération.

Appartenant toujours à ses héritiers, la maison abrite encore, absolument intact, le bureau d’Ulysse Casse : sa table, son fauteuil et ceux qu’il offrait à ses visiteurs, sa bibliothèque et même, sur la cheminée, une mappemonde de l’époque.

Aucune piste n’est exclue

On le voit : ce fait divers a été classé d’emblée, tout du moins par la classe politique, dans le champ de la campagne électorale. L’UMP s’en trouve localement « victimisée » et le PS potentiellement « soupçonné »… mais ce serait aller bien vite en besogne que de s’arrêter à cette analyse-là, peut-être trop simpliste pour être la bonne. En tout cas, aucune hypothèse n’est privilégiée pour l’heure par les enquêteurs de la Brigade de recherches (BR) de Marmande et de la Section de recherches (SR) d’Agen. Ils suivent évidemment la piste d’un geste à connotation politique, mais pas seulement. Par exemple, ils n’excluent pas que les incendiaires aient voulu viser non pas l’UMP, mais l’un des deux professionnels occupant aussi la maison (un assureur et un courtier bancaire), ou bien le particulier occupant l’appartement du premier étage. Enfin, même si cela est peu probable, ils n’écartent pas pour l’heure l’idée d’un geste totalement gratuit, qui aurait été fait par pure bêtise et au hasard.

Après la venue des techniciens d’investigation criminelle qui tenteront de « faire parler » les éléments matériels retrouvés dans la cave (les bouteilles incendiaires et d’éventuelles traces d’ADN), des éléments d’enquête pourraient également ressortir de l’exploitation des enregistrements des caméras de vidéosurveillance de la ville et des témoignages recueillis.

Toute personne pensant avoir vu vendredi matin quelque chose d’anormal pouvant être en relation avec les faits, est priée de contacter la brigade de gendarmerie au 05 53 64 83 00.

Legislatives à La Rochelle : Falorni officiellement candidat face à Royal

Olivier FALORNI, entour

Olivier FALORNI, entour (Jullian Dominique)

Olivier Falorni, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste en Charente-Maritime, est officiellement candidat dans la circonscription La Rochelle-Ré contre Ségolène Royal.  

Il tenait un meeting ce dimanche à La Rochelle devant quelque 300 personnes. Mardi, le bureau national avait adressé un courrier en recommandé à Olivier Falorni pour le sommer de renoncer à se présenter aux législatives, alors que le parti a officiellement investi Ségolène Royal en novembre dernier.

« C’est clairement une lettre de menaces, dit-il. Cela traduit une grande fébrilité de l’entourage de Mme Royal. Cette lettre a été écrite sous sa dictée" avait alors répondu Olivier Falorni, bien décidé à aller jusqu’au bout. 

Prothèses PIP : deux patientes explantées à Mont-de-Marsan

Des pluies verglaçantes étaient attendues cette nuit, à l'ouest, et une fine couche de neige pourrait s'être invitée à l'Est.

Des pluies verglaçantes étaient attendues cette nuit, à l’ouest, et une fine couche de neige pourrait s’être invitée à l’Est. (Le Lievre Nicolas)

Pour Fatima (1), 40 ans, le recours aux implants mammaires était capital pour retrouver sa féminité. Pour Raymonde, 75 ans, il s’agissait là d’effacer les ravages d’un cancer du sein droit, diagnostiqué il y a six ans, d’oublier la maladie… Et voilà qu’il faut tout recommencer.

Depuis plusieurs années, toutes deux vivent avec, sous leur corsage remodelé, des implants dont on a tout dit sur le silicone qui les compose : qu’il contenait des additifs industriels, utilisés dans l’isolation électrique, le gazole ou encore des tubes en caoutchouc. Quelle que soit leur composition, ces fameux implants PIP (poly implant prothese) seront ce soir histoire ancienne pour les deux patientes d’Hugues Geoffrion, gynécologue obstétricien de la Clinique des Landes, à Mont-de-Marsan. Aujourd’hui, le praticien procède à l’explantation de leurs prothèses, conformément aux recommandations de retrait préventif du ministère de la Santé français (lire par ailleurs).

« Je vais enfin en être débarrassée », témoigne Raymonde, porteuse d’une prothèse PIP depuis cinq ans. Cette habitante de Saint-Sever tirera alors définitivement un trait sur les raisons qui l’ont amenée à subir une chirurgie mammaire : un cancer diagnostiqué quand elle n’avait pas encore 69 ans. C’est une opération organisée par la Ligue contre le cancer, préconisant des dépistages gratuits, qui lui a peut-être sauvé la vie. « J’avais fait ma mammographie un an avant et tout était normal. Quand je suis allée me faire dépister, ils ont trouvé un cancer. Je considère que j’ai gagné un an. »

Mais l’angoisse est revenue, depuis ce jour de juin 2011 où le scandale sanitaire gigantesque a éclaboussé le sulfureux Jean-Claude Mas, fondateur de la société PIP. « Je me suis dit : mince, j’en ai une, qu’est-ce que je dois faire ? Je n’avais pas d’irritation, pas d’inflammation… Et puis le docteur avait été très adroit : jamais, quelqu’un n’avait remarqué que j’avais une prothèse. C’était une réussite complète. Au début, j’ai donc laissé couler. Mais quand tous les jours, à la télé, vous entendez dire qu’il y a dedans de l’huile, du gazole, un peu de tout, vous finissez par vous inquiéter. »

Ne plus en entendre parler

Et puis, quand Raymonde voit Jean-Claude Mas, « ce monsieur arrogant parler à la télé, et profiter de la vie des gens », cela achève de la convaincre. Dès le mois de juin, avant même les préconisations de retrait du ministère de la Santé, elle opte pour l’explantation. « Mon dernier contrôle, en juin dernier, était très bon, mais je suis quand même revenue voir le docteur Geoffrion, qui m’a dit qu’il faudrait retirer l’implant. »

À la veille de son opération, Raymonde se sent bien sûr « un peu stressée. » « C’est normal, il y a toujours un peu d’anxiété. Mais dans sur le fond, je suis rassurée. J’aimerais quand même avoir un autre implant, mais si le docteur juge que ce n’est pas la peine, je me fierai à son jugement. Demain après-midi, ça ira mieux. Surtout, il me tarde de ne plus entendre parler de ça. »

Fatima, aussi, a « un peu le trac », dans la chambre de sa clinique, quelques heures avant son intervention. « Le docteur va travailler autrement, derrière le muscle, c’est ce qui me fait peur », confie-t-elle. Mais d’un autre côté, cette jeune femme habitant Tarbes aujourd’hui, ne se voyait pas rester plus longtemps avec ses deux prothèses PIP. Un bonnet C pour lequel elle a pourtant emprunté 3 000 euros en 2006, pour retrouver une féminité perdue au décès de son mari.

« Avant, j’avais un 95 B, j’avais une belle poitrine. Mais quand mon mari est mort, je ne me nourrissais plus : c’était cigarettes et café, pendant 6 à 7 mois. D’un coup, j’ai tout perdu. J’ai mis beaucoup de temps pour réfléchir avant de franchir le pas et de me faire opérer. Mais je ne me sentais plus femme, je ne m’aimais plus, j’avais du mal à me montrer. C’était mon image qui me posait problème, plus que le regard des autres. »

Si elle a retrouvé un décolleté avantageux, Fatima a perdu le sommeil, depuis le scandale. « C’est mon ami qui a entendu parler de tout ça à la télé, reprend la jeune femme. Au début, je n’écoutais pas trop les infos, mais après, je ne faisais que ça, du matin au soir. J’ai passé un Noël atroce. Depuis décembre, je ne dors plus, je me réveille à 3 heures du matin, mon ami non plus n’est pas bien. J’ai passé une IRM – je remercie le Bon Dieu, tout est normal – mais je veux être débarrassée au plus vite. Pour moi, c’est un fardeau : c’est ma santé qui est en jeu. »

(1) Les deux prénoms ont été modifiés.

« L’explantation des PIP, c’e st très sportif »

D’ici le mois de mars, 12 femmes porteuses de prothèses de marque PIP, opérées depuis 2006 à la Clinique des Landes – qu’il s’agisse de chirurgie réparatrice ou esthétique – seront débarrassées de ces implants fabriqués avec des enveloppes et des gels de silicone déclarés non conformes à la législation. « Elles ont toutes été contactées et toutes leurs interventions sont programmées, précise Hugues Geoffrion qui procède aux explantations préconisées par le ministère de la Santé français. La dernière intervention est programmée autour du 10 mars. Il faut savoir que nous assumons les patientes, d’où qu’elles viennent, même si elles n’ont pas été opérées chez nous la première fois. On fait partie des cliniques autorisées à pratiquer l’ablation des prothèses. »

Côté prise en charge, la Sécurité sociale joue le jeu dans les Landes : « Toutes les patientes ont été prises en charge sans être convoquées. Il suffit de fournir le numéro de la prothèse », précise le praticien. Deux cas de figure se présentent. Une femme à qui l’on a implanté une prothèse PIP dans le cadre d’une chirurgie réparatrice, après un cancer, verra pris en charge l’explantation, le séjour à la clinique et le remplacement de prothèse s’il est réalisé dans le même temps, et d’un seul côté. Le cas de la patiente opérée à des fins esthétiques est un peu différent : la Sécurité sociale prend en charge l’explantation, mais laisse à sa charge le coût d’éventuels nouveaux implants. C’est le cas pour Fatima.

Deux heures de travail

L’opération « est très sportive, dans le cas des PIP », reprend le docteur Geoffrion. Cela va bien au-delà d’un simple changement de prothèse où l’on se contente de faire une incision et de retirer l’implant. On a l’obligation notamment d’extraire toute partie qui a été touchée par la prothèse, et c’est plus compliqué. Il ne s’agit pas de percer nous-mêmes la prothèse et de mettre en contact avec un gel cancérigène une dame qui n’a rien demandé. S’il y a un risque infectieux, il faut laver avant de refermer : cela prend du temps : une explantation, c’est deux heures de travail. »

Beaucoup plus que lors d’une opération classique d’implantation de prothèses. Du coup, cette nouvelle charge de travail demande de l’organisation.

« En France, 35 000 personnes sont concernées. Or, il y a peut-être 200 à 300 plasticiens. Ça fait beaucoup d’interventions pour peu de chirurgiens. On pensait faire dans le bénévolat sauf que c’est très difficile, re prend le docteur. Un collègue à Grenoble a 650 prothèses à enlever : c’est le nombre d’opérations qu’il fait dans l’année. Or, on n’a pas de moyens particuliers pour le faire. » L’après opération se révèle lui aussi contraignant : l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) préconise de retirer la prothèse, de la laver. « Soit elle est intacte et on la conserve dans un bocal rigide et hermétique, identifié avec le nom de la patiente. Soit elle est rompue – on estime à 10 % le nombre de prothèses PIP rompues, NDLR – et on garde la prothèse d’un côté, et le gel de silicone de l’autre. Ensuite, on fait un prélèvement pour voir s’il y a eu des fuites. La coque est envoyée à l’analyse.

Restent enfin les formalités papier à accomplir : des déclarations nominatives à envoyer à l’Afssaps après chaque explantation, un double étant ajouté au dossier de la patiente. Patiente qui sera bien sûr suivie sur le long terme.

A.C.

Le Père sans alcool

Les patrons du Dixit bar proposent une soirée sans alcool demain.

Les patrons du Dixit bar proposent une soirée sans alcool demain. (photo isabelle louvier)

L’arrêté est affiché en bonne place face à l’entrée du Dixit bar. Selon les articles L.3342-1 et L.3342-2 du Code de la santé publique, « il est interdit de vendre de l’alcool à des mineurs de moins de 18 ans ».

Une mesure que Fabien Mansas et Rémy Guillemotonia, les deux patrons de l’établissement, ont décidé d’appliquer scrupuleusement à l’occasion du Percent, ou Père Cent, que les lycéens de l’agglomération dacquoise fêteront demain jeudi 16 février. Sans pour autant interdire l’entrée du Dixit aux jeunes de moins de 18 ans. « Nous souhaitons, en fait, permettre aux mineurs de fêter les 100 jours avant le bac et qu’ils puissent profiter d’une soirée dans un bar en toute légalité », explique Fabien Mansas.

Une première

Une contrainte devenue argument pour les deux garçons qui ont choisi, pour l’occasion, de transformer leur bar en un comptoir sans alcool. « On propose quelque chose de nouveau, glisse Rémy. Ceux qui veulent vraiment faire la fête, sans pour autant avoir envie de se “destroncher” la tête, devraient aimer. »

À la place des traditionnels breuvages habituellement servis dans leur bar de la place Thiers, les mineurs en joie comme les majeurs noctambules auront donc le choix entre différents cocktails au degré d’alcool zéro, détaillés par Fabien Mansas. « Nos clients pourront trouver du mojito ou de la piña colada, de la bière sans alcool et de la soupe de champagne faite à base de Champomy. »

Julian Pearlson comme DJ

Les lycéens de la cité thermale, habillés chic avec costumes et robes de soirée pour célébrer – selon la coutume – le début de leurs révisions pour le baccalauréat, adhéreront-ils à l’idée ? Personne ne le sait, mais au Dixit, on préfère « mettre en avant la musique et l’ambiance plutôt que l’alcool et la beuverie ».

La raison pour laquelle Fabien Mansas cédera exceptionnellement ses platines à Julian Pearlson, un DJ qui possède chaque semaine son créneau horaire sur Fun Radio et qui est l’un des habitués des boîtes de nuit parisiennes que peuvent être le Queen ou les Planches.

« Si nous l’avons engagé, c’est pour qu’il apporte un plus, souffle Rémy Guillemotonia. Il ne va pas changer ses habitudes parce qu’il est à Dax et restera avec ses sets orientés vers la house. Il va transformer le Dixit bar en un véritable club parisien. »

Sondage : Sarkozy en très légère hausse, Hollande en baisse sensible

Selon LH2, Sarkozy gagne 0,5 point tandis que Hollande perd 2 points

Selon LH2, Sarkozy gagne 0,5 point tandis que Hollande perd 2 points (EPA/MAXPPP CHRISTOPHE GUIBBAUD/POOL)

L’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir créé de réelle dynamique dans l’opinion.

C’est en tout cas ce que laisse penser un sondage LH2-Yahoo réalisé les 17 et 18 février 2012 et publié dimanche 19 février.

26% des Français voteraient pour Nicolas Sarkozy si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu ce dimanche. Ce qui constitue seulement 0,5 point de plus que lors de la dernière vague LH2, réalisée les 3 et 4 février.

Toujours selon ce sondage, François Hollande arriverait toujours en tête du premier tour avec 32% des suffrages (- 2 points).

"La dynamique de Marine Le Pen reste orientée à la baisse", écrit l’institut de sondage. "Elle recueillerait en effet 14% des voix au premier tour de l’élection présidentielle, soit 1 point de moins que lors de notre précédente mesure début février et 3 points de moins qu’il y a un mois."

François Bayrou, quant à lui, progresse d’1 point par rapport à la dernière mesure LH2 et talonne désormais la présidente du FN. "Il est crédité de 13% des intentions de vote et bénéficie peut-être marginalement du retrait d’Hervé Morin", note l’institut de sondage.

 

Au second tour, si François Hollande conserve toujours son statut de favori, on note une évolution du rapport de force entre les deux candidats. François Hollande l’emporterait avec 55% des voix (-2 points) face à Nicolas Sarkozy (45% ; +2 points). A noter également une abstention de l’ordre de 25%.