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Total envisage deux options pour stopper la fuite de gaz en mer du Nord

La plate-forme d'Elgin, à 240 km de la ville écossaise d'Aberdeen

La plate-forme d’Elgin, à 240 km de la ville écossaise d’Aberdeen (EPA/MAXPPP TOTAL E&P UK / HANDOUT)

Total met en œuvre deux actions "en parallèle" pour stopper la fuite de gaz sur sa plate-forme du champ d’Elgin en mer du Nord. C’est ce qu’indique ce vendredi un responsable du groupe français lors de sa première conférence de presse, 5 jours après l’incident, à Aberdeen, en Ecosse.

"La première vise à étouffer le puits à partir d’une base flottante" en injectant des boues à haute densité, si les conditions de sécurité permettent d’approcher la plate-forme. "La seconde consiste à forer deux puits de dérivation" pour soulager la pression du gaz et permettre l’injection des boues pour sceller le puits, a indiqué Philippe Guys, directeur de la branche exploration au Royaume-Uni.

La fuite prend son origine environ 1 500 mètres au dessus du réservoir principal en activité à 5 500 mètres au-dessous du niveau de la mer, soit à 4 000 m de profondeur. Le gaz à haute pression s’échappe au niveau de la plate-forme.

Le danger serait que ce gaz entre au contact de la torchère qui brûle le gaz résiduel resté dans la plate-forme après son arrêt et son évacuation totale par Total dimanche.

Total espère que la torchère s’éteindra spontanément. e Les vols de surveillance effectués jeudi ont montré un affaiblissement de la flamme, selon la compagnie.

Les vols de surveillance de la zone montrent une extension de la nappe d’hydrocarbure à la surface de la mer, d’une surface de 22 km sur 4,5 km, avec un volume de condensat de gaz dans l’eau de 3,8 tonnes, indique le ministère britannique de l’Energie.

Depuis l’accident, Total a dégringolé à la Bourse de Paris, chutant de près de 8% sur la semaine, et sa valeur boursière a fondu d’environ 8 milliards d’euros.

 

Des antécédents en février

Les premiers problèmes sur le puits G4 de la plate-forme avaient été décelés le 25 février. Le groupe a alors injecté des boues pour étouffer le gaz : "le 25 mars nous avons observé une forte augmentation de la pression suivie d’expulsion de boues et de gaz".

Pau : entretien avec Robert Cario, docteur ès crime

Pour Robert Cario, «la criminologie est une science» et sa récente reconnaissance comme discipline universitaire est «un grand jour».

Pour Robert Cario, «la criminologie est une science» et sa récente reconnaissance comme discipline universitaire est «un grand jour». (photo thierry suire)

Les séries américaines les ont popularisés. L’affaire Merah à Toulouse les a propulsés sur le devant de la scène médiatique. Mais qui sont les criminologues et quelle est donc cette matière, « la criminologie », dont on n’a jamais autant entendu parler que ces dernières semaines ? Professeur à l’université de Pau et des pays de l’Adour, Robert Cario est un fervent défenseur de la reconnaissance scientifique de la criminologie.

« Sud Ouest ». Qu’est-ce que la criminologie et à quoi sert-elle ?

Robert Cario. C’est une science transdisciplinaire qui étudie le phénomène criminel. Elle est le point de rencontre de plusieurs domaines qu’elle fédéralise : la philosophie criminelle, qui s’intéresse à la détermination des infractions du point de vue philosophique, la pénologie, c’est-à-dire l’étude du sens de la peine, mais aussi le droit, la médecine légale, la sociologie, la psychiatrie, la psychologie, la police scientifique ou encore la politique criminelle. Son objet est triple : la prévention du phénomène criminel, sa répression – au sens étymologique d’arrêter – et le traitement de ce phénomène. Elle est née au XIXe siècle en Italie.

Avec l’affaire Merah, on a vu défiler des commentateurs sur les plateaux télé se disant criminologues. Que pensez-vous de ces spécialistes ?

Il importe de bien distinguer ceux qui s’auto-déclarent criminologues de ceux qui ont reçu une véritable formation en criminologie, à titre principal ou en complément d’une autre formation. Ces deux catégories se retrouvent en France, à cette remarque près que les médias semblent, assez désespérément, gourmands des déclarations des premiers. Il me semble toujours délicat d’intervenir alors que le drame se déroule, avant que des indices précis et concordants viennent expliquer la scène du crime.

Comment analysez-vous le traitement médiatique de cette affaire ?

L’audimat a ses raisons que la raison ignore ! L’information est indispensable en démocratie. Mais répéter en boucle le drame qui s’est noué et/ou se dénoue, enlève tout sens à l’événement, voire le banalise, sans souci autres que des actes, dans une certaine forme de mépris des personnes concernées par le crime. L’introduction d’enseignements de psychologie sociale, de méthodologie de l’entretien et de criminologie (agressologie et victimologie) dans les écoles de journalisme devrait lever cette particulière ambiguïté sur le devoir d’informer, dans le respect de la dignité de tous.

Êtes-vous déjà intervenu sur une enquête criminelle ?

Non, car je ne suis pas criminologue clinicien mais chercheur. Je me garderai bien de faire une analyse sur une affaire en cours.

Si l’on vous suit, il est possible en France de s’auto-proclamer « criminologue » ?

Oui, car jusqu’alors la criminologie n’était pas une discipline universitaire à part entière, professionnellement organisée ; par conséquent, n’importe qui pouvait se prévaloir de ce titre. Les choses sont en train de changer. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vient de décider de créer une section « Criminologie » au sein du Conseil national des universités (CNU). C’est un grand jour ! Cela signifie que les étudiants bénéficieront d’une véritable formation, avec un volume horaire conséquent et une pluralité d’intervenants compétents dans leur champ. Qu’ils disposeront enfin de débouchés dans la recherche. Aujourd’hui, nous avons une centaine d’étudiants en 1re année de master à Pau, où l’on dispense une formation unique en France. Or, je suis obligé de déconseiller aux juristes qui souhaitent poursuivre sur une thèse, de présenter un travail trop marqué « criminologie ». Car ils se feraient retoquer s’ils voulaient briguer par la suite un poste de maître de conférences en France. La plupart des doctorants que je suis viennent de l’étranger et repartent enseigner dans leur pays. C’est aberrant. La France est très en retard sur ses voisins.

Vous êtiez membre de la mission Villerbu qui a travaillé pour la création de cette section. Or, cette décision fait l’objet d’une levée de boucliers au sein de la communauté universitaire.

Les critiques auxquelles nous assistons sont indignes de la communauté scientifique. Elles sont dictées soit par l’idéologie, soit par la défense d’un pré-carré, d’aucuns craignant que la criminologie ne leur « vole » des étudiants. C’est toujours le même problème en France dès qu’apparaît une science transdisciplinaire, chacun se met à défendre sa chapelle au lieu de travailler ensemble.

Des chercheurs dénoncent un « fait du Prince » de Nicolas Sarkozy pour son « ami » Alain Bauer.

Alain Bauer, c’est Alain Bauer. Chacun sait qu’il est passé de l’environnement de M. Rocard à celui de M. Sarkozy et qu’il est un personnage très important dans la franc-maçonnerie. On sait aussi que ses travaux scientifiques ne font pas l’unanimité, mais il est quand même d’un volontarisme incontestable pour la criminologie. J’ai siégé à ses côtés au sein de la commission Villerbu, et je n’ai pas du tout le sentiment d’avoir perdu mon âme !

Certains l’accusent de promouvoir une criminologie dictée par une politique sécuritaire.

C’est une crainte que l’on a pu avoir. Pas forcément à l’entendre lui, mais en sachant dans quel univers il évolue. Mais ce que l’on veut mettre en place n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’une « criminologie d’État » propose. Il peut, lui ou d’autres, se positionner franchement dans une posture sécuritaire. Personne pour autant ne m’imposera le contenu de mes cours en criminologie à l’université. Je n’ai pas attendu qu’Alain Bauer ou, à l’opposé, Laurent Mucchieli (1) soient sur le devant de la scène pour commencer à enseigner dans ces matières. Et ce n’est pas maintenant que je vais devenir sécuritaire à tous crins, ce que je n’ai jamais été. Ce qui importe par-dessus tout aux criminologues, c’est la mise en œuvre d’enseignements, la poursuite de recherches et la mise en place de formations de qualité, afin de permettre aux professionnels que nous sommes de connaître et d’accompagner les souffrances des personnes concernées par le crime.

(1) Proche de Nicolas Sarkozy, Alain Bauer préside le conseil d’orientation de l’Observatoire national de la délinquance. Par décret présidentiel, il a été nommé en 2009 professeur de « criminologie appliquée » au Conservatoire national des arts et métiers. Laurent Mucchieli, directeur de recherche en sociologie au CNRS, est l’un de ses principaux détracteurs.

« La France forte » en ordre de marche en Langonnais

Yves d'Amécourt très entouré à Savignac-d'Auros.

Yves d’Amécourt très entouré à Savignac-d’Auros. (Photo P. L.)

élection présidentielle

« Le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à son pays, c’est de créer son propre emploi. » Mercredi soir à Savignac-d’Auros, Yves d’Amécourt vient de donner le coup d’envoi de la campagne des présidentielles et des législatives. En basant le fil conducteur de sa campagne sur l’emploi, le travail et l’entreprise, Yves d’Amécourt avait inclus dans l’après-midi un programme de visites à l’abbaye du Rivet et à la coopérative Palmagri à Auros, à la ferme Mélusine à Aillas et à l’entreprise Daney à Savignac. En soirée, accueilli par le maire Patrick Monto, Yves d’Amécourt était accompagné de Bérangère Brillon, sa suppléante.

Devant une assemblée de plus d’une centaine de personnes, André-Marc Barnett, candidat UMP aux dernières cantonales, Jean-Elian Cazemajou, ancien conseiller général CNI, Jean Darremont, conseiller général de Bazas, ont successivement fait référence à un partage de valeurs communes.

Une élection avant l’autre

Sûr qu’une élection se gagne avant l’autre, Nicolas Florian, conseiller régional et secrétaire départemental de la fédération UMP de la Gironde, appelle à une mobilisation pour les présidentielles au moment où les derniers sondages tendent à démontrer que les courbes s’inversent entre les deux favoris.

Dans un propos enluminé, Jean-Pierre Baillé expliqua qu’il avait trouvé de bonnes raisons de regonfler le moral des troupes en portant des piques dans le camp socialiste et faisant référence au « chevalier blanc », pour parler de DSK.

Restait à Hugues Martin, adjoint au maire de Bordeaux, à enfoncer le clou sur l’exemplarité et le courage affichés par le président sortant. Et souhaitant un bel avenir à son ami de Sauveterre qu’il verrait bien député et même futur président du Conseil général, c’est à ce dernier qu’il revenait de conclure.

Yves d’Amécourt a rappelé les axes de sa campagne : l’entreprise, l’économie, l’emploi. Il a longuement défendu la TVA sociale, l’Europe, l’éducation et l’environnement.

La campagne s’activera au rythme d’une réunion par semaine dans chaque canton, avec de nouvelles visites d’entreprises. Enfin, un rendez-vous majeur, le 13 avril, avec la visite à Sauveterre d’Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin.

Ségolène Royal : “J’ai encore un rôle à jouer”

élection présidentielle

Cinq années après avoir joué les premiers rôles face à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal assure soutenir sans le moindre état d’âme le nouveau candidat socialiste. Invitée de la rédaction, hier, à La Rochelle, elle n’a pas démenti son intérêt pour le perchoir de l’Assemblée nationale.

« Sud Ouest ». Alors qu’il ne cesse de grimper dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon dit rejeter une « capitulation sans conditions » face à François Hollande, à qui il reproche de refuser toute discussion. L’ambiance promet déjà d’être tendue entre les deux tours ?

Ségolène Royal. La stratégie de Jean-Luc est de nous prendre des voix au premier tour, mais je lui conseille de réserver ses attaques à la droite et d’aller plutôt chercher les abstentionnistes. Je dis aussi aux électeurs de gauche que pas une voix ne doit pas manquer à François Hollande au premier tour. Mélenchon est un bon tribun, certaines de ses propositions se retrouvent dans notre programme, mais je ne crois pas que François veuille d’une insurrection populaire.

On chuchote que vous auriez déjà négocié le perchoir de l’Assemblée nationale. Mais pourquoi pas plutôt un grand ministère ?

On verra comment les choses seront réparties, mais je n’ai pas changé d’avis. François Hollande a suffisamment de talents autour de lui pour former un bon gouvernement.

Vous êtes donc candidate aux législatives à La Rochelle, mais, en cas de défaite, suivrez-vous l’exemple de Nicolas Sarkozy, qui promet son retrait de la vie politique ?

Je n’envisage pas la défaite. Pour le reste, est-ce que je me suis retirée de la politique quand j’ai perdu la présidentielle ? Non, moi, je ne fais pas de chantage aux électeurs.

On vous prête un contact privilégié avec les Français. Pourtant, vous semblez peu présente dans cette campagne. Vous sentez-vous sous-utilisée, ou bien ce retrait est-il volontaire ?

Mais vous plaisantez ? De tous les responsables du PS, c’est moi qui fais le plus d’émissions politiques dans les médias. N’oubliez pas non plus mon rôle crucial entre les deux tours des primaires socialistes. Un rôle qui avait donné un dynamisme et une avance considérables à François.

Justement, après son départ tonitruant lors du meeting du Bourget, François Hollande paraît avoir abandonné la ferveur, au profit de Mélenchon et de Sarkozy ?

Ce n’est pas parce que l’on répète une chose partout qu’elle devient vraie. François Hollande a déjà attiré plus d’un million de personnes dans ses meetings… C’est dix fois plus de monde qu’à celui de Jean-Luc à la Bastille. Et puis, regardez aussi les sondages du second tour, une avance d’autant plus historique que nous avons en face un président-candidat omniprésent et omnipotent. Nous souffrons juste d’un effet d’optique, puisque Sarkozy occupe tout l’espace en tant que président de la République. C’est injuste, mais le CSA l’autorise.

Nicolas Sarkozy vient de confier ce mot à un journaliste : « Hollande est nul. Au moins, Royal avait du charisme. » Le candidat socialiste n’aurait donc pas les épaules de l’emploi ?

La campagne de François est différente de celle que j’avais menée en 2007, comme le sont aussi nos tempéraments, oui. Mais François est rassembleur et honnête. Alors, franchement, cette petite tactique qui consiste à encenser l’un pour enfoncer l’autre, c’est digne d’une cour d’école.

En 2007, à la veille du second tour, vous aviez tendu la main à François Bayrou. En vain. Aujourd’hui encore, le candidat centriste ne semble pas accorder plus de crédit à Hollande qu’à Sarkozy ?

S’il avait été cohérent dans ses choix, après avoir tapé durant toute la campagne sur Sarkozy, François Bayrou aurait dû accepter le rassemblement en 2007. Je le lui avais proposé très respectueusement, en allant le voir plutôt qu’en lançant un appel à ses électeurs au soir du premier tour. Mais François Bayrou a refusé l’alliance sans le moindre débat avec ses proches. Quand on pense à soi, et uniquement à soi, avant même l’avenir du pays, ça pose un problème. Maintenant, au-delà des appareils politiques, je pense que les électeurs centristes, épuisés par Sarkozy, sauront nous retrouver.

Mais comment, s’il est élu, François Hollande pourra-t-il ensuite contenter à la fois les électeurs de Bayrou et ceux de Mélenchon ?

Pour moi, le centrisme n’est pas un épouvantail. Il n’y a aucune incohérence à faire travailler ensemble tous ceux qui s’estiment broyés par la droite et le système financier, comme je l’ai fait dans ma région. Il existe avec Jean-Luc Mélenchon des interfaces importantes sur les réformes radicalement de gauche que nous auront à porter. Dans d’autres domaines, nous devrons nous retrouver autour des valeurs humanistes qui rassemblent du centre jusqu’à l’extrême gauche.

Plombée par les mauvais sondages d’Eva Joly, la cause environnementale a totalement disparu de cette campagne, y compris chez les socialistes…

Elle est pourtant bien présente dans notre programme. Mais c’est d’autant plus dommage que l’écologie est un puissant levier économique pour sortir de la crise. Eva Joly a fait l’erreur de laisser tomber ce thème.

L’officialisation en marche

En octobre 2009, près de 5 000 manifestants avaient demandé l'officialisation de la langue basque.

En octobre 2009, près de 5 000 manifestants avaient demandé l’officialisation de la langue basque. (photo archives jean-daniel chopin)

Le combat a beau être ancien, il sera de nouveau au cœur des revendications de milliers de manifestants qui devraient battre le pavé bayonnais, samedi en fin d’après-midi. Faute d’avancée jugée suffisante, l’officialisation de la langue basque reste un thème d’actualité. Qui plus est, en période de campagne électorale.

À l’heure où l’on affûte encore ses slogans, la marche a déjà reçu un large soutien des acteurs politiques et associatifs locaux (lire par ailleurs). « C’est la seule façon d’assurer à cette langue un véritable statut », justifient-ils, en s’associant à ce rassemblement.

Début de la démonstration de force : samedi 17 heures, mail Chaho-Pelletier. « Une de plus », souffle Michel Oronos, un des pères fondateurs du mouvement Deiadar (plateforme organisatrice de l’événement) né il y a vingt-trois ans. En fait, ce sera la sixième édition de cette marche. « L’idée est de crier haut et fort notre souhait de vivre en euskara (la langue basque, NDLR) », reprend Michel Oronos, bascophile acharné.

La dernière de ces marches remonte à octobre 2009. Ce jour-là, près de 5 000 manifestants (selon les organisateurs) avaient parcouru les rues de Bayonne pour demander la ratification de la charte européenne des langues régionales et minoritaires (1).

Du tabou au symbole

La dernière avancée vers la reconnaissance de l’euskara date de 2008. Le tabou des langues régionales tombait alors à l’Assemblée nationale où un vrai débat fut organisé sur le sujet. Il n’était pas question de toucher à l’article 2 (selon lequel le français est la langue de la République), mais d’introduire l’appartenance de ces idiomes au patrimoine de la nation dans l’article 1.

D’un tabou, les langues régionales sont devenues un symbole pour les représentants de la République. Le statut juridique, lui, reste de l’ordre du serpent de mer. Aujour-d’hui, échéances électorales obligent, les principaux candidats à l’élection présidentielle (à l’exception de Marine Le Pen) se sont exprimés sur le sujet. Si François Hollande, François Bayrou et Eva Joly se disent favorables à une ratification de la charte, Nicolas Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon rejettent cette idée.

Loin des promesses électorales, les militants attendent surtout de réelles avancées. « Nous souhaitons qu’il n’y ait plus la moindre discrimination », s’impatiente Hur Gorostiaga, le directeur de Seaska, la fédération qui regroupe les ikastolas au Nord de la Bidassoa. « Nous voulons pouvoir envoyer un courrier bien que l’adresse soit en euskara, permettre à nos élèves de passer leur bac en basque, ou encore, ne jamais voir disparaître les panneaux de signalisation bilingues. »

Des revendications qui, pour la première fois, seront relayées simultanément dans neuf autres villes de l’Hexagone. Ainsi, les défenseurs des langues minoritaires se feront entendre à Ajaccio, Toulouse, Perpignan, Poitiers, Quimper, Strasbourg, Metz, Annecy et Lille comme à Bayonne. « Malgré nos différences, au niveau de notre histoire ou des cadres juridiques qui encadrent la pratique de nos idiomes, nous avons tous la même crainte de voir un jour nos langues disparaître », s’inquiète Peio Jorajuria, membre de la plateforme Deiadar.

(1) La France a signé la charte en 1999, mais demeure un des quatre pays de l’Union européenne à ne jamais l’avoir ratifiée.

Cognac : la majorité a voulu régler son compte à Noël Belliot

Un public nombreux a assisté à un échange virulent entre Noël Belliot et la majorité.

Un public nombreux a assisté à un échange virulent entre Noël Belliot et la majorité. (Photo Ph. M.)

Affluence des grands soirs, au Conseil municipal de Cognac. Une assistance d’une cinquantaine de personnes, chose rare, avait pressenti un échange musclé autour du vote du budget, allumé dans les deux camps par presse interposée.

L’austère analyse du compte administratif 2011 distille les premières piques. Le premier adjoint Patrick Sedlacek note un taux de réalisation de 98,4 % des dépenses de fonctionnement, mais omet le taux pour les investissements. Il faut dire qu’il n’est pas brillant, puisque 2,857 millions d’euros ont été dépensés, mais 3,472 M€ restent à réaliser. « Nous avons fait le choix de mener au bout la consultation des conseils de quartier et un problème dans l’organisation des services techniques a prolongé les délais », tente de légitimer Patrick Sedlacek.

« Il y a eu une quasi-absence de travaux de voirie, seulement 371 000 € en 2011 », fustige Noël Belliot. L’élu d’opposition aligne les « ratios » qui font apparaître selon lui un endettement, des recettes et des dépenses de fonctionnement « très supérieures aux moyennes nationales ». Dans la bataille de chiffres, dont on sait qu’on peut leur faire dire bien des choses, Patrick Sedlacek préfère retenir une nette amélioration de la capacité d’endettement en quatre ans.

« La voie du déclin »

Vient la présentation du budget, dont les principaux éléments ont déjà été évoqués dans ces colonnes. Baisse du nombre d’habitants, des dotations de l’État, surcoûts pour les dépenses d’énergie ou la cuisine centrale, choix politiques assumés (Cep’âge, Espace jeunes, label Ville d’art et d’histoire, poste de manager de commerce, entre autres), ont amené la majorité à trancher pour une hausse des taux de 1,5 % et une baisse de l’enveloppe aux associations de 5 %.

Dans un long discours, le maire Michel Gourinchas justifie ses choix. Dans la foulée, au nom de l’opposition, Noël Belliot reprend les critiques formulées dans nos pages hier : « poursuite du matraquage fiscal », « choix sélectif » dans les évolutions des subventions, voire « clientélisme », « insécurité du budget d’investissements » qui parie sur la cession des chais Monnet…

« L’équipe municipale entraîne Cognac depuis quatre ans sur la voie du déclin », conclut-il. « Change tes lunettes, Noël », ironise Michel Gourinchas, qui envoie ses adjoints mener une salve en règle. Reprenant point par point les cas des associations, Marianne Reynaud défend chaque décision. « Certaines associations ont en trésorerie trois à dix fois le montant, leur rôle n’est pas de stocker de l’argent public », entame-t-elle. La hausse des Jardins de Saint-Fiacre et du Comité d’entraide traduit simplement un basculement des montants auparavant versés dans un autre cadre. Quand à l’Association des gens du voyage (AGVRC), la mairie vient suppléer une baisse des aides de l’État. « Vous êtes en panne sur le fond, vous attaquez sur la forme. »

Des collègues muets

Serge Lebreton, qui est à la fois adjoint et directeur de l’AGVRC, sort sa verve des grands jours pour revendiquer sa farouche indépendance. « Attitude malfaisante », « guerre des chefs » dans l’ancienne majorité, « clientélisme » de l’entourage de Nicolas Sarkozy, la charge est violente.

Claude Guindet enfonce le clou en brocardant « l’Apocalypse selon Saint Noël ». Il a fait ses calculs, il paiera 52 € de plus en 2012. « Ce serait 670 € de plus à Châlons-sur-Marne, dirigée par l’UMP, ou 1 760 € dans une ville comme Valenciennes. »

Personnellement ciblé, Noël Belliot est déstabilisé. « J’ai l’impression d’être un peu au spectacle. Vous êtes énormément dans le discours, on ne voit strictement rien. » Mais la réplique a été trop rude pour qu’il puisse reprendre l’avantage. On retiendra que ses camarades sont restés muets, le laissant bien seul pour encaisser les coups. Ils se seront contentés d’additionner leurs sept voix pour voter contre le budget.

Sondage : les électeurs de droite auraient une vie sexuelle moins intense que ceux de gauche

Sondage : les électeurs de droite auraient une vie sexuelle moins intense que ceux de gauche

Ce n’est pas tous les jours que l’on est incité à mentionner le magazine "Hot Vidéo" dans les pages d’un titre comme SudOuest.fr. Ce mensuel est en effet spécialisé dans l’actualité de l’industrie de la vidéo pornographique. Sa rédaction a fait appel au très sérieux institut Ifop pour un nouveau sondage sur la vie sexuelle des Français, paru ce vendredi. Ce n’est pas le premier, ni le dernier. Celui-ciu prend en compte… leur inclinaison politique.

Le résultat ? Les électeurs de droite et du centre seraient moins enclins au câlin et à la sieste crapuleuse que la moyenne de leurs concitoyens. Ils tendent à avoir une vie sexuelle "plus stable" mais cependant "moins intense" que ceux de gauche et que l’ensemble des Français.

Le nombre moyen de rapports sexuels mesuré chez les électeurs de Nicolas Sarkozy (6,7 par mois) et de François Bayrou (5,9) est en effet "sensiblement plus faible" que celui observé chez les électeurs de gauche (7,6), d’extrême gauche (7,7) et d’extrême droite (8), contre 7,8 en moyenne pour l’ensemble des Français.

Les sympathisants de l’UMP déclarent avoir eu 7 partenaires en moyenne dans leur vie, contre 9 chez les sympathisants de gauche et 10 chez ceux d’extrême droite (8 pour l’ensemble des Français).

Le sentiment "d’insatisfaction sexuelle" est en revanche plus important chez les Français votant pour des candidats de partis protestataires (35% chez ceux de Jean-Luc Mélenchon et 31% chez ceux de Marine Le Pen).

La fellation est une pratique plus répandue chez les femmes de gauche (81% disent l’avoir déjà pratiquée) que chez celles de droite (69%), contre 73% en moyenne pour l’ensemble. La pratique de la sodomie est, elle, plus élevée dans les "formations protestataires" (55%) que chez les "partis de gouvernement" (45%, comme pour l’ensemble des Français).

Les électeurs de gauche (6% et même 9% au Front de gauche) sont plus nombreux à déclarer avoir vécu une "expérience échangiste" que ceux de droite (4%).

Sujet sensible

Ce sondage a été réalisé par internet du 24 février au 1er mars auprès d’un échantillon national représentatif de 1.411 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).

L’Ifop précise par ailleurs qu’"afin d’accroître la fiabilité des résultats", "il a posé ces questions dans une enquête dont la taille de l’échantillon et le mode de recueil réduisent fortement la marge d’erreur et les risques de sous-déclaration inhérents au caractère intime et sensible du sujet abordé".

Facebook va faire son entrée en Bourse en mai

Le site est utilisé par la moitié des internautes dans le monde

Le site est utilisé par la moitié des internautes dans le monde (AFP LEON NEAL)

Facebook avait déposé son dossier début février. La date où l’entreprise entrera effectivement en Bourse se précise : elle devra se faire pour le mois de mai, affirme le Wall Street Journal.

Le quotidien signale que le groupe a cessé de vendre ses actions sur le marché secondaire. Le but est de laisser les marchés se stabiliser avant de partir à la rencontre des investisseurs potentiels, note 20minutes.fr.

En effet, des titres de Facebook s’échangeaient depuis près de trois ans, mais uniquement entre investisseurs fortunés et triés sur le volet ayant accès aux marchés parallèles officieux, comme Second Market ou SharesPost.

Cette introduction en Bourse devrait être la plus importante qu’ait connu la net-économie : Facebook prévoit de lever cinq milliards de dollars (3,75 milliards d’euros). Une somme qui pourrait être valorisée jusqu’à 100 milliards de dollars.

La date exacte d’entrée en Bourse dépend de la Commission américaine des opérations de Bourse (SEC).
 

Facebook en chiffres

 

845 millions d’utilisateurs dans le monde3,71 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2011668 millions de dollars en 2011 de bénéfices98% de ses recettes provenaient de la publicité en 2009, 85% en 2011

A Mont-de-Marsan, François Hollande dit s’inspirer de Mitterrand

Entre 7 et 8 000 personnes ont assisté au meeting de François Hollande hier soir.|| Le Lievre Nicolas (Le Lievre Nicolas)1 sur 3Entre 7 et 8 000 personnes ont assisté au meeting de François Hollande hier soir.|| Le Lievre Nicolas (Le Lievre Nicolas)2 sur 3Henri Emmanuelli et Gilbert Mitterrand sont venus soutenir François Hollande.|| Bats Pascal (Bats Pascal)3 sur 3Henri Emmanuelli et Gilbert Mitterrand sont venus soutenir François Hollande. 

élection présidentielle

«Chers amis, nous voici dans les Landes ! Nous ne sommes pas dans n’importe quel département, nous sommes dans celui d’Henri Emmanuelli. Un département socialiste, un département de gauche, où François Mitterrand venait puiser des ressources pour repartir au combat. Je vais m’en inspirer ! »

L’ombre tutélaire de « Tonton » planait à l’heure de l’entrée triomphale de François Hollande dans une salle surchauffée qui porte le nom de l’ancien président de la République (le dernier socialiste), et pleinement acquise à sa cause. Conquise même, si l’on en juge par le volume crescendo de l’applaudimètre rythmant les « François, président ! » Entre 7 et 8 000 personnes sont venues à Mont-de-Marsan écouter le discours offensif du candidat socialiste à la présidentielle, dans la salle et dehors où la réunion était retransmise sur écran géant.

Toujours amateur de bons mots et de phrases habiles, il n’a jamais parlé de Nicolas Sarkozy, mais a chargé le bilan du candidat sortant. En rappelant les fondamentaux : l’importance du premier tour, le rassemblement : « Le premier tour, c’est le rendez-vous de la victoire », et la bataille pour l’emploi et le pouvoir d’achat.

Cinquante minutes pétantes

Cinquante minutes d’un discours parfaitement huilé où il a promis notamment de revenir sur la TVA sociale et de bloquer la hausse des prix des carburants. « Je veux que nous ressentions la même émotion qu’au soir du 10 mai 1981 », insiste-t-il pour rappeler, s’il en était encore besoin aux militants et sympathisants socialistes landais, la voie tracée par François Mitterrand, il y a un peu plus de trente ans

Émotion et solennité pour entonner la Marseillaise sur les coups de 20 h 30, entouré de jeunes du Mouvement des jeunesses socialistes montés sur l’estrade, et reprise par toute la salle. Avant une séance d’autographes qui a duré près d’une demi-heure dans la cohue.

Arrivé de Montpellier en fin d’après-midi où il assistait au congrès de la FNSEA, François Hollande a été accueilli par les élus et parlementaires locaux dans la préfecture landaise. Il était notamment accompagné de Manuel Valls qui a veillé de près à la bonne marche de cette réunion publique. Des élus des départements voisins étaient également présents, on reconnaissait notamment Frédérique Espagnac, conseillère générale des Pyrénées-Atlantiques ou Philippe Martin, député et président du Conseil général du Gers. Il ne manquait que Pierre Arditi. L’acteur, en tournage dans les Landes, avait prévu de venir, mais les prises de vue de la série « Du Sang dans les vignes » ont pris du retard et il n’a pu saluer le candidat qu’il soutient.

« Candidat entrant »

Dans une salle déjà rendue moite par le climat estival, Henri Emmanuelli a vite pris le pouls de l’assistance de son département au moment d’ouvrir la soirée. À 19 h 07, il est monté sur scène pour annoncer : « Merci d’être venus aussi nombreux pour accueillir notre candidat sortant. Parce que, comme vous le savez, il existe aussi un candidat sortant ! » Succès garanti ! « À Mont-de-Marsan, on est dans le pays de Montesquieu, qui prônait la séparation des pouvoirs. Je rappelle que l’Aquitaine, c’est ce qu’il y a autour des Landes », a précisé le député landais.

Le représentant de l’aile gauche du parti a esquissé le constat de la progression de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, en soulignant : « Je me permets de rappeler à l’autre candidat que dans la gauche, il n’y a que des partenaires. L’équation est simple, il faut rassembler. »

Au moment de reprendre son avion depuis la Base aérienne de Mont-de-Marsan, et après avoir débriefé sa journée avec le parterre de journalistes qui le suit au quotidien, François Hollande savait qu’il pouvait compter sur les militants landais pour faire sa promotion d’ici au 22 avril.

Bordeaux : “la fête, ce n’est pas le coma éthylique” selon Alain Juppé

Alain Juppé, hier soir, lors du lancement des opérations de surveillance du miroir d'eau.

Alain Juppé, hier soir, lors du lancement des opérations de surveillance du miroir d’eau. (Photo Thierry david)

«Je ne veux pas empêcher les jeunes de faire la fête. Mais la fête, ce n’est pas le coma éthylique ». Alain Juppé s’est rendu au miroir d’eau, hier soir, avec sa casquette de maire de Bordeaux, pour diffuser la bonne parole.

La mort par noyade de deux étudiants ces derniers mois (Thianibié Hié et Vincent Zecca) et la disparition d’un troisième (Maxime Le Bot) dont tout laisse à penser qu’il est, lui aussi, tombé accidentellement dans la Garonne, étaient à l’origine de cette soirée. Alain Juppé est venu voir le dispositif mis en place par le Service de sécurité et de proximité de la direction départementale de la Sécurité publique. « L’alcool consommé à l’excès est présent dans ces accidents, note le commissaire principal David Book, commandant du SSP. Le printemps est de retour et de nombreux jeunes vont à nouveau investir le miroir d’eau, très proche de la Garonne. Nous allons pendant plusieurs mois y accentuer sensiblement les contrôles de police, les jeudis, vendredis et samedis soir. Il s’agit de casser cette habitude de venir au miroir d’eau avec des bouteilles d’alcool. »

Sur la base d’un arrêté municipal relatif à la salubrité publique, les policiers entendent demander aux jeunes qui seront contrôlés en possession de bouteilles d’alcool de les jeter immédiatement. Des bennes ont été spécialement installées à cet effet à proximité du lieu.

Convocation ou alternative

« S’ils acceptent, on en restera là, précise le commissaire principal Book. S’ils refusent, un procès-verbal leur sera délivré avec une convocation devant le tribunal de police. Le parquet a aussi décidé de proposer une alternative à cette comparution. En même temps que le PV, une incitation à contacter l’Association nationale de prévention contre l’alcoolisme et l’addictologie sera remise. La personne devra prendre rendez-vous sous un mois. Si elle peut justifier de ce rendez-vous, elle sera dispensée de peine par le tribunal. »

Hier soir, alors que de nombreux jeunes avaient déjà pris place au miroir d’eau, un imposant contingent de policiers et de gendarmes mobiles et même douaniers, s’est déployé. Pour expliquer mais aussi pour commencer à enlever les bouteilles d’alcool. Les policiers se sont ensuite déplacés vers le quai des sports, autre lieu de rassemblement nocturne.

Alain Juppé, lui, a fait le tour du dispositif, s’arrêtant auprès de certains groupes de jeunes. « Des jeunes dépassent les limites. Je suis vraiment inquiet. La fête n’est pas la beuverie. »

Il trouvait chaque fois face à lui des jeunes en phase avec lui. « C’est bien, ils sont tous d’accord », lâchait avec une pointe d’ironie le maire de Bordeaux.

Émilie et Anthony ont discuté avec lui. Après son départ, ils étaient un peu étonnés, un rien amusé et un brin intimidés. « Je pense que ce genre d’opération n’a qu’un effet d’image, jugeait Émilie. Même si c’est fait régulièrement pendant plusieurs mois. Ça se calmera et ensuite, tout recommencera. »

« Surtout, les gens qui viennent ici, trouveront d’autres endroits pour se rassembler et boire, ajoute Anthony, pessimiste. J’ai des copains qui font ça, se saouler très vite. L’un d’eux me dit que c’est pour rechercher une euphorie. Mais le problème n’existe pas qu’à Bordeaux. Il est bien plus large. »