
le 19/03/12 visite par des eleves de l’entreprise fabicante de machines a emballer CETEC 20120319_photo_IMGL6614 (Sounalet Jean Christophe)
La Dordogne est toujours présentée comme un département profondément rural. C’est incontestablement le cas. Mais elle n’est pas que ça. Depuis longtemps, l’activité industrielle y est importante. La Chambre de commerce et d’industrie profite de la Semaine de l’industrie, dédiée à ce secteur économique, pour le démontrer : en plus d’ouvrir les portes d’entreprises périgourdines aux scolaires – ce qui a valu à une dizaine de lycéens de Laure-Gatet de visiter, lundi, la Cetec à Chancelade -, elle vient de sortir un rapport sur le tissu industriel de la Dordogne.
Que révèle-t-il ? D’abord des chiffres. On apprend que le département recense aujourd’hui 3 271 entreprises, embauchant 23 800 personnes environ. Cinq pôles industriels se démarquent : sans surprise, Périgueux et Bergerac tiennent la tête, suivies par Sarlat et Terrasson. On découvre aussi une forte concentration d’entreprises du côté de Nontron.

Cinq pôles et une forêt
« Ces pôles sont un peu l’arbre qui cache la forêt », commente Roland De Lary, directeur de l’espace entreprises à la CCI de la Dordogne. Une forêt d’industries étalée de manière homogène sur l’ensemble du département « jusque dans les coins les plus perdus », insiste Roland De Lary. La plupart sont des PME ou des TPE (1).
L’explication tient dans l’aménagement, ancestral, de la Dordogne. « Du fait de l’habitat dispersé, des initiatives sont nées aux quatre coins du territoire, analyse le directeur de l’espace entreprise de la CCI. De petits ateliers se sont construits un peu partout, certains se sont agrandis et sont devenus de grosses entreprises. » C’est le cas de Font Vendome à Brantôme, spécialisé dans le camping-car, qui vend aujourd’hui ses véhicules dans la France entière.
L’alimentaire tient aussi une bonne place dans ce tissu industriel, étant intimement lié à l’activité agricole du territoire. « Les produits locaux ont fait émerger le marché et le maintiennent aujourd’hui », raconte Roland De Lary. Le Périgord n’est-il pas une terre de gastronomie ?
En haut du panier, le Sarladais regroupe plusieurs conserveries et spécialistes de produits fins et artisanaux. « Toutefois, les grosses usines agroalimentaires sont plutôt dans le nord du département, comme Martine spécialités à Condat-sur-Trincou », précise l’expert en industries de la CCI.
Savoir-faire local reconnu
Plusieurs de ces entreprises rayonnent par-delà la Dordogne. La raison essentielle : un savoir-faire local reconnu. « Tout le monde ne peut pas confectionner des ballerines comme le font les employés de Repetto (à Saint-Médard-d’Excideuil, NDLR). Il y a aussi un attachement au territoire, à l’image de marque du Périgord », affirme Roland De Lary.
Dans une conjoncture plutôt morose et attentiste, maintenir ces entreprises en Périgord relève, il faut bien l’avouer, du défi. La CCI de la Dordogne veut y croire. D’autant que « le désenclavement du département est en marche », fait remarquer Roland De Lary. Projet RN21, nouvelle liaison Périgueux-Paris en train, autant de perspectives qui s’ouvrent aux entrepreneurs.
Les filières d’avenir
Aujourd’hui en Dordogne, l’avenir industriel est dans le bois et l’industrie de pointe. Quelques belles réussites en électro-techniques le confirment : Cofidur et Innovelec à Boulazac en font partie. « L’industrie du luxe aussi, avec Hermès à Nontron », ajoute Roland De Lary.
La CCI voudrait voir également se développer le tourisme industriel. « Les entreprises doivent tenir compte des atouts touristiques du département dans leurs projets, respecter les paysages et les sites. Mais il faudrait que de leur côté les acteurs touristiques se tournent davantage vers les industries, qu’ils cherchent à développer les visites d’entreprises. Il y a là un potentiel encore mal exploité. » Et une autre façon de promouvoir, dans le futur, le Périgord industriel.
(1) Petites et moyennes entreprises ou très petites entreprises.







