
Armée d’un carton rouge, Mme Le Pen a tancé Nicolas Sarkozy. Mais n’en a pas pour autant oublié François Hollande. (Photo afp)
Candidat de « la France morte » ou des « puissants », président de la « petite minorité » qui s’enrichit de la crise, chef d’État « communautariste », Marine Le Pen, la patronne du FN, a tenté, hier, de ternir l’image que Nicolas Sarkozy a cherché à donner à son entrée en campagne.
À commencer par le titre de « candidat du peuple », l’« ultime marque de mépris d’une présidence ratée », a-t-elle lancé au début de son discours, après être entrée sur scène avec un large sourire et les bras grands ouverts.

Nicolas Sarkozy « croit-il autant à son impunité […] que la France serait atteinte d’une sorte de syndrome de Stockholm et voterait encore pour son geôlier ? » a-t-elle demandé, devant 3 000 personnes.
Cherchant visiblement une image qui pourrait marquer, Marine Le Pen a appelé le « peuple de France » à décerner « un carton rouge » au chef de l’État, brandissant elle-même un petit carton rouge, signe de ralliement utilisé à leur tour par ses sympathisants devant les caméras.
De Dalida à Brasillach
« Dehors ! Dehors ! Dehors ! » ont alors scandé les frontistes, dans une ambiance électrique, un peu retombée par la suite.
À peu près au même moment, le chef de l’État proposait devant 10 000 personnes à Marseille une dose de proportionnelle « à la marge » aux législatives, une idée qui pourrait séduire des électeurs frontistes. Sur iTélé, Marine Le Pen a cherché à tourner en dérision ce clin d’œil aux siens. « Encorrre des mots, toujourrrs des mots », a-t-elle chanté, roulant ostensiblement les « r » comme Dalida dans la chanson « Paroles, paroles ».
Au tour de Hollande
La présidente du FN a aussi attaqué François Hollande, rangé comme Nicolas Sarkozy dans le camp des « candidats des banques et de la finance », ou de « la mondialisation la plus brutale et la plus aveugle ».
Défendant longuement la nation contre cette « mondialisation mortifère », la présidente du parti d’extrême droite a aussi cherché à rassurer.
Ainsi, « la France, notre mère patrie, aime tous ses enfants, ses fils aînés et ses fils cadets, les Français de vieille souche […] mais aussi ses fils plus récents » et issus de l’immigration, a-t-elle dit. « Parmi tous les fils de France, il n’y a pas de différence », a-t-elle ajouté, alors qu’elle propose la suppression du droit du sol.
Et à tous ces Français, « à eux comme à tous les autres », Marine Le Pen a promis la « priorité nationale », c’est-à-dire une priorité sur les étrangers dans l’accès au logement ou à l’emploi, et des aides sociales réservées aux Français.
Le Pen père dérape encore
Parlant d’« unité nationale », elle a aussi appelé à « un nouveau Conseil national de la Résistance, indispensable à la nécessaire refondation que j’entends entamer demain ». Une allusion au CNR qui intervient au lendemain d’une autre référence, beaucoup plus controversée, brandie par Jean-Marie Le Pen.
Lors d’un discours, en présence de sa fille, le président d’honneur du FN avait cité un poème de l’écrivain collaborationniste et antisémite Robert Brasillach, fusillé à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour « intelligence avec l’ennemi » allemand.
Marine Le Pen a pris la défense de son père, en estimant qu’il fallait savoir faire « la différence entre l’homme et l’œuvre », et en renvoyant l’accusation sur Nicolas Sarkozy, qui utilise parfois l’œuvre littéraire de Céline, un autre auteur aux écrits antisémites…

1 sur 2Un témoin passant dans la ruelle à 8 h 30 avait vu le vasistas ouvert, mais aucune fumée
(PHOTOS C. C. B.)2 sur 2Le bureau d’Ulysse Casse, encore dans son « jus ».








