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Contre Sarkozy, Marine Le Pen dégaine un carton rouge

Armée d'un carton rouge, Mme Le Pen a tancé Nicolas Sarkozy. Mais n'en a pas pour autant oublié François Hollande.

Armée d’un carton rouge, Mme Le Pen a tancé Nicolas Sarkozy. Mais n’en a pas pour autant oublié François Hollande. (Photo afp)

Candidat de « la France morte » ou des « puissants », président de la « petite minorité » qui s’enrichit de la crise, chef d’État « communautariste », Marine Le Pen, la patronne du FN, a tenté, hier, de ternir l’image que Nicolas Sarkozy a cherché à donner à son entrée en campagne.

À commencer par le titre de « candidat du peuple », l’« ultime marque de mépris d’une présidence ratée », a-t-elle lancé au début de son discours, après être entrée sur scène avec un large sourire et les bras grands ouverts.

Nicolas Sarkozy « croit-il autant à son impunité […] que la France serait atteinte d’une sorte de syndrome de Stockholm et voterait encore pour son geôlier ? » a-t-elle demandé, devant 3 000 personnes.

Cherchant visiblement une image qui pourrait marquer, Marine Le Pen a appelé le « peuple de France » à décerner « un carton rouge » au chef de l’État, brandissant elle-même un petit carton rouge, signe de ralliement utilisé à leur tour par ses sympathisants devant les caméras.

De Dalida à Brasillach

« Dehors ! Dehors ! Dehors ! » ont alors scandé les frontistes, dans une ambiance électrique, un peu retombée par la suite.

À peu près au même moment, le chef de l’État proposait devant 10 000 personnes à Marseille une dose de proportionnelle « à la marge » aux législatives, une idée qui pourrait séduire des électeurs frontistes. Sur iTélé, Marine Le Pen a cherché à tourner en dérision ce clin d’œil aux siens. « Encorrre des mots, toujourrrs des mots », a-t-elle chanté, roulant ostensiblement les « r » comme Dalida dans la chanson « Paroles, paroles ».

Au tour de Hollande

La présidente du FN a aussi attaqué François Hollande, rangé comme Nicolas Sarkozy dans le camp des « candidats des banques et de la finance », ou de « la mondialisation la plus brutale et la plus aveugle ».

Défendant longuement la nation contre cette « mondialisation mortifère », la présidente du parti d’extrême droite a aussi cherché à rassurer.

Ainsi, « la France, notre mère patrie, aime tous ses enfants, ses fils aînés et ses fils cadets, les Français de vieille souche […] mais aussi ses fils plus récents » et issus de l’immigration, a-t-elle dit. « Parmi tous les fils de France, il n’y a pas de différence », a-t-elle ajouté, alors qu’elle propose la suppression du droit du sol.

Et à tous ces Français, « à eux comme à tous les autres », Marine Le Pen a promis la « priorité nationale », c’est-à-dire une priorité sur les étrangers dans l’accès au logement ou à l’emploi, et des aides sociales réservées aux Français.

Le Pen père dérape encore

Parlant d’« unité nationale », elle a aussi appelé à « un nouveau Conseil national de la Résistance, indispensable à la nécessaire refondation que j’entends entamer demain ». Une allusion au CNR qui intervient au lendemain d’une autre référence, beaucoup plus controversée, brandie par Jean-Marie Le Pen.

Lors d’un discours, en présence de sa fille, le président d’honneur du FN avait cité un poème de l’écrivain collaborationniste et antisémite Robert Brasillach, fusillé à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour « intelligence avec l’ennemi » allemand.

Marine Le Pen a pris la défense de son père, en estimant qu’il fallait savoir faire « la différence entre l’homme et l’œuvre », et en renvoyant l’accusation sur Nicolas Sarkozy, qui utilise parfois l’œuvre littéraire de Céline, un autre auteur aux écrits antisémites…

La Rochelle : Olivier Falorni, candidat contre Ségolène Royal, va être exclu

Malgré les menaces, Olivier Falorni a décidé de maintenir sa candidature face à Ségolène Royal aux législatives à La Rochelle

Malgré les menaces, Olivier Falorni a décidé de maintenir sa candidature face à Ségolène Royal aux législatives à La Rochelle (Xavier Leoty)

Le premier secrétaire PS de Charente-Maritime, Olivier Falorni, qui a décidé de maintenir sa candidature face à Ségolène Royal aux législatives à La Rochelle, va être exclu du parti mardi par le Bureau national, indique François Lamy, bras droit de Martine Aubry.

"M. Falorni a reçu une lettre de la direction du parti lui demandant de renoncer à sa candidature, ce qu’il a refusé. Le Bureau national va donc logiquement constater son exclusion", a précisé M. Lamy.

"C’est une décision automatique. Il s’est lui-même mis en dehors du parti", a ajouté le député de l’Essonne.

Dimanche, lors d’un meeting à La Rochelle, le patron de la fédération a annoncé officiellement sa candidature face à la présidente de la Région Poitou-Charentes, pourtant investie par le parti le 22 novembre dernier.

Olivier Falorni, qui considère l’investiture de Ségolène Royal comme un parachutage, a fait fi des menaces d’exclusion, déclarant que "la direction nationale accomplira sa besogne".

"La première circonscription de La Rochelle n’a pas vocation à devenir un point de chute, un terrain d’atterrissage où on installe un trampoline pour rebondir aussitôt sur un perchoir", a aussi déclaré l’adjoint aux finances de la mairie de La Rochelle, faisant allusion au désir de Ségolène Royal de briguer la présidence de l’Assemblée 

Marmande (47) : qui a voulu incendier les locaux de l’UMP ?

Un témoin passant dans la ruelle à 8 h 30 avait vu le vasistas ouvert, mais aucune fumée1 sur 2Un témoin passant dans la ruelle à 8 h 30 avait vu le vasistas ouvert, mais aucune fuméeLe bureau d'Ulysse Casse, encore dans son « jus ».|| PHOTOS C. C. B. (PHOTOS C. C. B.)2 sur 2Le bureau d’Ulysse Casse, encore dans son « jus ». 

L’acte malveillant qui a visé, vendredi matin, la permanence UMP du boulevard Meyniel, suscite des interrogations dans le microcosme politique local. Dans le week-end, de nouvelles réactions se sont manifestées, condamnant le geste du ou des incendiaires. En particulier de la part des instances de l’UMP et du PS.

Valérie de la Marnierre, déléguée de la circonscription UMP de Marmande, relève pour sa part que cet acte « intervient quelques jours après l’annonce officielle de la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, et après une campagne de distribution de tracts sur la circonscription ». Il donne, à son sens « une bien piètre image de la démocratie » et est « inutile » si l’intention était d’effrayer les militants UMP, ajoute-t-elle en substance : « Ils sont encore plus déterminés à mener cette campagne. » « Espérons […] que l’anti-Sarkozysme martelé ici et là n’encouragera pas d’autres réactions fanatiques de ce genre », écrit-elle encore.

Une maison historique

Au 19 boulevard Meyniel, la petite maison bourgeoise abritant (entre autres) les locaux de l’UMP est une maison historique de Marmande. Il s’agissait du siège des Conserveries Casse, fondées par Ulysse Casse en 1915. Les fameuses Conserveries qui, en exportant du concentré de tomate, ont diffusé le nom de Marmande dans le monde entier. L’usine proprement dite se trouvait à quelques pas, à l’emplacement de la résidence Meyniel.

Ulysse Casse fut maire de Marmande de 1920 à 1941, puis réélu à la Libération.

Appartenant toujours à ses héritiers, la maison abrite encore, absolument intact, le bureau d’Ulysse Casse : sa table, son fauteuil et ceux qu’il offrait à ses visiteurs, sa bibliothèque et même, sur la cheminée, une mappemonde de l’époque.

Aucune piste n’est exclue

On le voit : ce fait divers a été classé d’emblée, tout du moins par la classe politique, dans le champ de la campagne électorale. L’UMP s’en trouve localement « victimisée » et le PS potentiellement « soupçonné »… mais ce serait aller bien vite en besogne que de s’arrêter à cette analyse-là, peut-être trop simpliste pour être la bonne. En tout cas, aucune hypothèse n’est privilégiée pour l’heure par les enquêteurs de la Brigade de recherches (BR) de Marmande et de la Section de recherches (SR) d’Agen. Ils suivent évidemment la piste d’un geste à connotation politique, mais pas seulement. Par exemple, ils n’excluent pas que les incendiaires aient voulu viser non pas l’UMP, mais l’un des deux professionnels occupant aussi la maison (un assureur et un courtier bancaire), ou bien le particulier occupant l’appartement du premier étage. Enfin, même si cela est peu probable, ils n’écartent pas pour l’heure l’idée d’un geste totalement gratuit, qui aurait été fait par pure bêtise et au hasard.

Après la venue des techniciens d’investigation criminelle qui tenteront de « faire parler » les éléments matériels retrouvés dans la cave (les bouteilles incendiaires et d’éventuelles traces d’ADN), des éléments d’enquête pourraient également ressortir de l’exploitation des enregistrements des caméras de vidéosurveillance de la ville et des témoignages recueillis.

Toute personne pensant avoir vu vendredi matin quelque chose d’anormal pouvant être en relation avec les faits, est priée de contacter la brigade de gendarmerie au 05 53 64 83 00.

Legislatives à La Rochelle : Falorni officiellement candidat face à Royal

Olivier FALORNI, entour

Olivier FALORNI, entour (Jullian Dominique)

Olivier Falorni, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste en Charente-Maritime, est officiellement candidat dans la circonscription La Rochelle-Ré contre Ségolène Royal.  

Il tenait un meeting ce dimanche à La Rochelle devant quelque 300 personnes. Mardi, le bureau national avait adressé un courrier en recommandé à Olivier Falorni pour le sommer de renoncer à se présenter aux législatives, alors que le parti a officiellement investi Ségolène Royal en novembre dernier.

« C’est clairement une lettre de menaces, dit-il. Cela traduit une grande fébrilité de l’entourage de Mme Royal. Cette lettre a été écrite sous sa dictée" avait alors répondu Olivier Falorni, bien décidé à aller jusqu’au bout. 

Sondage : Sarkozy en très légère hausse, Hollande en baisse sensible

Selon LH2, Sarkozy gagne 0,5 point tandis que Hollande perd 2 points

Selon LH2, Sarkozy gagne 0,5 point tandis que Hollande perd 2 points (EPA/MAXPPP CHRISTOPHE GUIBBAUD/POOL)

L’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir créé de réelle dynamique dans l’opinion.

C’est en tout cas ce que laisse penser un sondage LH2-Yahoo réalisé les 17 et 18 février 2012 et publié dimanche 19 février.

26% des Français voteraient pour Nicolas Sarkozy si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu ce dimanche. Ce qui constitue seulement 0,5 point de plus que lors de la dernière vague LH2, réalisée les 3 et 4 février.

Toujours selon ce sondage, François Hollande arriverait toujours en tête du premier tour avec 32% des suffrages (- 2 points).

"La dynamique de Marine Le Pen reste orientée à la baisse", écrit l’institut de sondage. "Elle recueillerait en effet 14% des voix au premier tour de l’élection présidentielle, soit 1 point de moins que lors de notre précédente mesure début février et 3 points de moins qu’il y a un mois."

François Bayrou, quant à lui, progresse d’1 point par rapport à la dernière mesure LH2 et talonne désormais la présidente du FN. "Il est crédité de 13% des intentions de vote et bénéficie peut-être marginalement du retrait d’Hervé Morin", note l’institut de sondage.

 

Au second tour, si François Hollande conserve toujours son statut de favori, on note une évolution du rapport de force entre les deux candidats. François Hollande l’emporterait avec 55% des voix (-2 points) face à Nicolas Sarkozy (45% ; +2 points). A noter également une abstention de l’ordre de 25%.

Sarkozy, « un candidat comme les autres »

Nicolas Sarkozy a hier rendu hommage à « NKM ».

Nicolas Sarkozy a hier rendu hommage à « NKM ». (Photo)

En veste décontractée et col roulé, Nicolas Sarkozy est venu prendre hier matin possession de sa maison de campagne. Un QG situé dans le 15e arrondissement, le plus peuplé de Paris. « On a choisi un quartier avec des commerçants, des habitants, un quartier où il y a de la vie, des familles », explique le président candidat. La précision n’est pas innocente : il s’agit de souligner le contraste avec le très huppé 7e arrondissement voisin, où François Hollande a installé son propre quartier général. Hollande jamais nommé, mais toujours présent à l’esprit de Sarkozy. Ainsi celui-ci annonce-t-il qu’il s’entourera d’une « équipe légère » : « Je ne veux pas d’un état-major pléthorique, pas d’une organisation où chacun aura un demi-bureau. » Sous entendu : pas comme chez Hollande…

De fait, le candidat Sarkozy n’aura qu’une seule porte-parole, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui démissionnera dès la semaine prochaine du gouvernement (ses attributions seront reprises par François Fillon). Il lui a rendu un hommage appuyé : « C’est une jeune femme qui a beaucoup d’expérience et qui a toute ma confiance. Elle incarne cette jeune génération que je souhaite voir s’engager puissamment dans la vie politique. C’est quelqu’un de ferme dans ses convictions, mais qui n’est pas agressive. À l’image de la campagne que nous voulons mener. » Un autre ancien chiraquien, Philippe Briand, assurera la trésorerie, tandis qu’un jeune préfet, Guillaume Lambert, sera directeur de campagne.

À la rencontre des Français

Nicolas Sarkozy, qui entend s’investir pleinement dans cette campagne, passera presque chaque matin à son QG. Peut-être viendra-t-il même à pied : « C’est pratique, ce n’est pas loin de chez moi. » Il a l’intention d’écumer les bistrots et les restaurants du coin, manière pour lui de renouer le contact avec les Français. « Ce sera la campagne d’un candidat comme les autres », assure-t-il. Il promet aussi de voir régulièrement les journalistes. Et il va entamer une série de grands meetings à travers la France, en commençant dès cet après-midi par Marseille.

Bref, distancé dans les sondages, le président sortant va payer de sa personne. Il veut y croire et assure que le favori de la campagne n’a jamais été le vainqueur de l’élection. Lui rappelle-t-on qu’il était tout de même le favori en 2007 ? « Je n’ai pas la même lecture que vous, réplique-t-il. Le “tout sauf Sarkozy”, c’était très puissant. » Le nouveau candidat y croit, quand une partie de son camp estime (en privé) que la partie est perdue.

Vitamine C pour Fillon et Cie

« Il est époustouflant », assure l’un de ses interlocuteurs réguliers de l’UMP. Quand Fillon, Juppé, Copé, Raffarin et quelques autres se retrouvent chaque semaine dans l’antichambre du bureau présidentiel, ils broient du noir entre eux. Après une heure de réunion, tout a changé. « En sortant, raconte l’un d’eux, on y croit… Au moins pour quarante-huit heures, le temps que la vitamine C produise son effet. » « Il sait qu’il est entouré de trouillards, alors il a besoin de les galvaniser », assure l’un de ses conseillers officieux, qui ajoute : « Il se battra jusqu’au dernier sang. Il sait qu’il peut perdre, mais, même s’il n’a que 20 % de chances de gagner, il ira jusqu’au bout. »

Pour galvaniser ses troupes, Sarkozy tente de les installer d’ores et déjà dans le second tour. D’où ce début de campagne très agressif, quoi qu’il en dise, contre François Hollande. L’espoir est aussi d’amener le candidat socialiste à s’essouffler, par exemple en sortant « une grande idée chaque semaine », comme celle du référendum, histoire de faire tourner le débat autour des propositions du président sortant. « Hollande, assure un dirigeant de l’UMP, ne supportera pas un mano à mano pendant deux mois. » Voilà bientôt un an que les responsables de la droite pronostiquent l’effondrement de Hollande. Avec l’entrée dans l’arène de Sarkozy, ils veulent croire que cette prévision va finir par se réaliser.

Pour Marine Le Pen, “toute” la viande vendue en Ile-de-France est “halal”

Marine Le Pen relance la polémique sur la viande halal

Marine Le Pen relance la polémique sur la viande halal (AFP)

Marine Le Pen a annoncé samedi à Lille, lors de sa convention présidentielle, sa volonté d’engager une procédure judiciaire pour "tromperie sur la marchandise" en assurant que "toute" la viande vendue en Ile-de-France est "halal".

"J’ai mandaté nos avocats pour engager une procédure à l’encontre de quelques grandes enseignes de la grande distribution en Ile-de-France pour tromperie sur la marchandise", a déclaré la présidente du FN, qui a réuni les journalistes de presse écrite pour faire cette annonce.

"Il s’avère que l’ensemble de la viande qui est distribuée en Ile-de-France, à l’insu du consommateur, est exclusivement de la viande halal. Cette situation est une véritable tromperie, le gouvernement est informé de cette situation depuis des mois", a-t-elle ajouté, assurant détenir des "preuves". "Tous les abattoirs d’Ile-de-France vendent du halal, sans exception. Que du halal", a-t-elle insisté.

Elle a précisé vouloir déposer une plainte avec constitution de partie civile pour qu’un juge d’instruction soit saisi, ce qui pourrait déboucher sur une enquête de plusieurs mois.

Interrogée pour savoir si elle espérait relancer sa campagne avec cette initiative à deux mois de la présidentielle, elle a répondu: "C’est une manière de montrer aux Français qu’ils sont méprisés dans leur propre pays".

Elle a ajouté qu’elle comptait "faire condamner cette tromperie et obliger à informer les consommateurs sur la viande qu’ils achètent".

"Le fait que tout le monde soit obligé de se soumettre à une exigence alimentaire issue d’une religion, dont je persiste à dire qu’elle reste tout de même nouvelle, est quelque chose qui est profondément inadmissible et scandaleux", a-t-elle déclaré.

Marine Le Pen avait déjà lancé une polémique sur les Quick halal début 2010.
 

Présidentielle : Marine Le Pen veut mettre un carton rouge à Nicolas Sarkozy

A la manière d'un arbitre, Marine Le Pen a demandé l'expulsion du président en exercice

A la manière d’un arbitre, Marine Le Pen a demandé l’expulsion du président en exercice (AFP PHILIPPE HUGUEN)

Marine Le Pen a brandi un "carton rouge" à Nicolas Sarkozy dimanche lors de son meeting à Lille, appelant les électeurs à "sanctionner" le chef de l’Etat dès le 1er tour.

"Peuple de France, mettez à Nicolas Sarkozy un carton rouge !", a lancé la présidente du FN, brandissant elle-même un petit carton de cette couleur. Les 2 000 sympathisants frontistes présents dans la salle ont fait de même et ont brandi de petits cartons rouges devant les caméras qui retransmettaient le discours en direct sur des chaînes d’information en continu. Nicolas Sarkozy devait tenir à son tour un grand meeting à Marseille dimanche après-midi.

"Expulsez-le définitivement du terrain", a-t-elle ajouté, avant que la foule, électrique, ne se mette à crier : "Dehors ! Dehors ! Dehors !".

"N’y aurait-il donc plus dans notre pays aucun sens de l’honneur (…) plus de capacité d’indignation face au mensonge (…) pour que certains envisagent encore de donner leur voix à Nicolas Sarkozy ?", avait demandé peu avant la présidente du parti d’extrême droite.

Au chef de l’Etat, elle a attribué le titre de "président" de la "petite minorité" qui s’enrichit de la crise.

"Le candidat des puissants est devenu par un coup de baguette médiatique le candidat du peuple", c’est l’"ultime marque de mépris d’une présidence ratée", a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen était entrée sur le podium peu avant le visage éclairé d’un large sourire, bras ouverts comme pour embrasser la foule présente.

"Je suis la voix du peuple, la voix de notre peuple", a-t-elle affirmé, avant que la foule, munie de nombreux drapeaux bleu blanc rouge n’entonne les "Marine présidente".

Interdit, le rapport sur l’argent des syndicats fait des vagues

Nicolas Perruchot, député centriste. Son rapport est officiellement inexistant

Nicolas Perruchot, député centriste. Son rapport est officiellement inexistant (JEAN-FRANCOIS MONIER)

C’est un texte de 229 pages qui n’aurait dû sortir du coffre-fort de l’Assemblée nationale qu’en 2042. Rejeté par les députés à l’automne dernier (une première sous la Vè République), le rapport de la commission parlementaire sur le financement des syndicats et du patronat rédigé par le député centriste Nicolas Perruchot est officiellement « inexistant ». Et sa publication, « interdite », malgré la demande de plusieurs organisations (CGT, CFDT, CFE-CGC, Medef…), soucieuses de lever le voile de la suspicion que n’a pas manqué de jeter cette mise au secret sur le sulfureux rapport.

Sa divulgation jeudi par Lepoint.fr puis par la CFDT « pour mettre fin aux accusations infondées à son encontre » a d’ores et déjà suscité des questions. « Nous nous étonnons de cette coïncidence qui fait que ce rapport soit publié au lendemain de l’allocution du président de la République, qui considère que les syndicats sont un obstacle aux réformes qu’il met en œuvre », a réagi la CGT.

Opacité des financements

Reste que l’opacité des financements des syndicats demeure un tabou historique nourri par quelques scandales retentissants. Citons l’affaire de la caisse noire de la puissante organisation patronale l’Union des industries et métiers de la métallurgie (toujours à l’instruction) dont les fonds auraient pu rejaillir sur des décideurs mais aussi sur d’autres organisations syndicales (ce qu’elles contestent), mais aussi celle du chauffeur de Marc Blondel, cité dans l’affaire des emplois fictifs de Paris, et, plus récemment, le scandale du CE de la RATP étrillé par la Cour des comptes.

Émiettement

Si le rapport Perruchot ne contient pas de révélations fracassantes, son contenu aussi sévère pour le patronat que pour les syndicats a le mérite de fournir une vue d’ensemble sur la vie financière de ces organisations piliers de la représentation des travailleurs dans les instances sociales. Une vue forcément à prendre avec des pincettes en l’absence de documents certifiés balayant l’ensemble de la question.

Car si seulement 8 % des salariés sont syndiqués, le monde syndical se caractérise par un émiettement des structures. Selon le rapport, la CGT rassemble à elle seule 30 000 entités. La CFDT compte quant à elle 1 323 syndicats professionnels. Un émiettement garant de la liberté syndicale et de l’action de terrain mais qui ne facilite pas l’exercice comptable, précise le rapport.

Depuis 2010, les syndicats sont astreints à la publication de leurs comptes. Ce qui a permis à l’enquête de se fonder sur une base documentaire qui n’existait pas depuis la création des syndicats en 1884 par la loi Waldeck Rousseau. Néanmoins, il manque encore les comptes de FO et l’Union nationale des professions libérales. Quant à la FNSEA, elle a remis la publication du bilan comptable à l’année prochaine.

La FNSEA maîtresse des chambres

 

Une « confusion des genres assez troublante ». C’est ainsi que le rapport Perruchot analyse la mainmise de la puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et du Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA) sur les Chambres d’agriculture. Ceux-ci représentaient en 2010, lors des dernières élections aux Chambres d’agriculture, 1 507 mandats sur 1 868. « L’adhésion à ce syndicat se trouverait encouragée par la position qu’il occupe dans les différentes instances locales chargées de promouvoir l’installation des agriculteurs, certains allant jusqu’à affirmer que des aides seraient subordonnées à une souscription de cotisation », indique le rapport. « Sans adhésion à la FNSEA ou aux JA, il est difficile d’obtenir des prêts », témoigne un agriculteur auditionné. Et de poursuivre : « Dans certaines Chambres d’agriculture, le conseiller juridique suggère d’abord à l’agriculteur de prendre sa carte à la fédération départementale, la FDSEA. Bien sûr, de telles conditions ne sont jamais exposées par écrit. »

D’autre part, « le contrôle de ces instances confère aux organisations d’exploitants majoritaires une position stratégique […] pour l’accès aux moyens du réseau, qui s’élèvent à quelque 500 millions d’euros. De fait, la FNSEA et le Centre national des jeunes agriculteurs exercent une influence sans partage sur le réseau. Au total, les Chambres d’agriculture apportent donc bel et bien un concours matériel substantiel aux FDSEA, sans que ces subventions déguisées se trouvent valorisées dans les comptes. Les autres organisations ne bénéficient visiblement pas des mêmes avantages du fait de leur situation minoritaire. »

Ségolène Royal : la candidature d’Olivier Falorni “favorise la droite”

Ségolène Royal

Ségolène Royal (Kluba Tadeusz)

Interrogée hier à propos de la déclaration de candidature d’Olivier Falorni, Ségolène Royal a répondu qu’elle ne souhaitait pas entrer dans la polémique. « On verra si cette candidature va jusqu’au bout, pour l’instant c’est une annonce. Je pense qu’une candidature de division, accompagnée de dénigrement, n’est pas bonne pour le candidat à la présidentielle. Cela favorise la droite qui applaudit des deux mains. Ma responsabilité est de ne pas y répondre. Mais chaque élu socialiste est là grâce à une dynamique collective et, quand les décisions sont prises, il faut s’y tenir. »

Elle cite le cas de Mickaël Vallet, maire et conseiller général de Marennes qui a renoncé à être candidat. Et poursuit : « Moi aussi, j’aurais aimé être candidate à la présidence de la République mais je me suis remise dans une dynamique unitaire. » En riant, Ségolène Royal dit qu’elle veut « rester une force tranquille, forte de mon travail à la Région, sur le terrain, que tout le monde connaît ».