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Les faucheurs d’OGM condamnés en appel

José Bové à Poitiers en juin, lors du jugement en première instance.

José Bové à Poitiers en juin, lors du jugement en première instance. (Photo a. jocard/afp)

Le rempart juridique qui avait évité les foudres de la loi le 22 juin dernier à huit faucheurs de maïs transgénique n’a pas résisté devant la cour d’appel de Poitiers. Hier matin, la cour a rendu son arrêt à l’encontre de ces prévenus, parmi lesquels figure le député européen (EELV) José Bové. Tous sont déclarés coupables.

La cour admet que « les personnes poursuivies ont manifesté une réelle conviction quant aux dangers éventuels en matière de santé publique et d’environnement inhérents aux essais en plein champ de plants de maïs OGM ». Mais, précisent les juges, « les moyens d’action utilisés paraissent illégaux ».

En première instance, les juges s’étaient appuyés sur une erreur matérielle dans les poursuites engagées par le parquet pour prononcer une relaxe : au lendemain du fauchage des deux champs expérimentaux à Valdivienne et à Civaux, le procureur avait engagé des poursuites pour destruction de cultures destinées à la mise sur le marché, alors qu’il existe un texte spécifique réprimant plus sévèrement la destruction d’essais expérimentaux. La cour a estimé que rien n’empêchait de requalifier les poursuites, à partir du moment où les faits poursuivis, reconnus et même revendiqués par les prévenus, sont les mêmes.

Les peines prononcées sur le plan pénal à l’encontre des huit prévenus (parmi lesquels figurent trois Charentais-Maritimes, Yves Audebert, de Port-des-Barques, Georges Lathière, de Soubise, Christian Renaudie de Saint-Sauvant, et le Bordelais Patrick Destruhaut) sont relativement clémentes : des amendes avec sursis, sauf pour les trois prévenus déjà condamnés par le passé pour des actes de même nature, qui devront acquitter des peines de jours-amendes. Parmi eux, José Bové est condamné à 200 jours-amendes à 6 euros.

Vers la Cour de cassation ?

Plus ennuyeux pour les condamnés : la multinationale Monsanto, propriétaire des semences testées en 2008 (ces essais ont, depuis, été déclarés illégaux par le Conseil d’État), et le propriétaire des champs ravagés se voient allouer d’importants dommages et intérêts : plus de 135 000 euros pour le semencier et 38 000 euros pour l’agriculteur, que les condamnés devront payer solidairement. Ceux-ci disposent d’un délai de cinq jours francs pour se pourvoir en cassation.

Les Landes toussent

Le besoin est estimé à 307 places supplémentaires en maison de retraite.

Le besoin est estimé à 307 places supplémentaires en maison de retraite. (photo archives loïc dequier)

Le Conseil général s’est réuni hier matin en session extraordinaire pour examiner le projet régional de santé. Pas vraiment satisfait du remède prescrit par l’Agence régionale de santé (ARS), les élus ont émis un avis défavorable contre ce dernier (les quatre conseillers d’opposition se sont abstenus). « Il ne répond pas correctement aux besoins identifiés dans les Landes, notamment en matière d’organisation des soins et d’organisation médico-sociale, et risque d’accentuer les déséquilibres régionaux », précise la délibération.

Premier sujet pointé du doigt : les places en maison de retraite. Sur les 307 nouvelles places attendues par le Département, seules 59 seront ouvertes par l’ARS d’ici à 2016. « Je trouve cela choquant », résume Henri Emmanuelli. « Cela ne correspond absolument pas aux besoins d’accueil des personnes âgées en Ehpad dans les Landes, poursuit Jean-Claude Deyres, qui représente le Département à la conférence régionale de santé. L’ARS privilégie le maintien à domicile, mais l’on sait qu’il arrive un moment où ce n’est plus possible. »

Permanences de soins

Ces 59 places sont accordées d’un point de vue global, « contrairement à l’idée reçue d’un parti politique dans le département (UMP), ce n’est pas une histoire public-privé, il s’agit d’un chiffre tout compris. Je suis indigné par ce projet », commente Henri Emmanuelli.

S’agissant des personnes handicapées, le compte y est presque avec 52 places acceptées par l’ARS pour 61 demandées.

Autre élément qui fait tousser le Département : la permanence des soins ambulatoires (PDSA) et la réforme de la nuit profonde (période de minuit à 8 heures). Il n’y aura plus de médecins de garde effecteurs (ceux qui se déplacent), mais seulement un médecin régulateur (au standard pour conseiller les patients) dans ce créneau horaire. « Il faut économiser 900 000 euros dans les Landes, c’est un saucissonnage obligé, convient Didier Simon, conseiller général et médecin de profession. Il y a des mutualisations à envisager avec l’hôpital et les pompiers ». « Le problème, c’est que les urgentistes font de plus en plus de PDSA », constate Alain Sœur, directeur de l’hôpital de Mont-de-Marsan. « Pour nous, c’est la patate chaude, illustre le lieutenant-colonel du Sdis, Jean-Marc Antonini. Notre mission, c’est l’urgence, là, on risque de devenir la solution de facilité et de proximité ». Le diagnostic du mal est sévère, le médicament pour le soigner difficile à imaginer, tant il touche à plusieurs problématiques différentes. « Cette organisation représenterait une dégradation importante de l’accès aux soins pour la population, en particulier en zone rurale », s’inquiète le Conseil général.

Équipement hospitalier

Dans le même esprit, l’organisation des soins hospitaliers préoccupe les élus. Ils demandent un renforcement de l’équipement des hôpitaux landais, l’intégration de celui de Saint-Sever dans la communauté hospitalière des Landes, ou encore la poursuite de l’activité de chirurgie carcinologique digestive à la polyclinique d’Aire-sur-l’Adour. « Il va y avoir neuf Pet Scan de plus en Aquitaine, et aucun n’est prévu dans les Landes, c’est une façon de nous considérer comme une réserve d’Indiens. Pourtant, c’est un outil performant et indispensable », souligne Henri Emmanuelli.

Un service de médecine nucléaire doit pourtant ouvrir à Mont-de-Marsan en juin 2013. Suffisant pour débloquer le dossier ? Jointe hier par nos soins (elle n’a pas reçu d’invitation pour assister à la session du Conseil général), Colette Perrin, déléguée territoriale de l’ARS dans les Landes, précise que « nous sommes en phase de concertation du projet jusqu’au 20 février, la synthèse pourra conduire à des modifications ».

Prothèses PIP : deux patientes explantées à Mont-de-Marsan

Des pluies verglaçantes étaient attendues cette nuit, à l'ouest, et une fine couche de neige pourrait s'être invitée à l'Est.

Des pluies verglaçantes étaient attendues cette nuit, à l’ouest, et une fine couche de neige pourrait s’être invitée à l’Est. (Le Lievre Nicolas)

Pour Fatima (1), 40 ans, le recours aux implants mammaires était capital pour retrouver sa féminité. Pour Raymonde, 75 ans, il s’agissait là d’effacer les ravages d’un cancer du sein droit, diagnostiqué il y a six ans, d’oublier la maladie… Et voilà qu’il faut tout recommencer.

Depuis plusieurs années, toutes deux vivent avec, sous leur corsage remodelé, des implants dont on a tout dit sur le silicone qui les compose : qu’il contenait des additifs industriels, utilisés dans l’isolation électrique, le gazole ou encore des tubes en caoutchouc. Quelle que soit leur composition, ces fameux implants PIP (poly implant prothese) seront ce soir histoire ancienne pour les deux patientes d’Hugues Geoffrion, gynécologue obstétricien de la Clinique des Landes, à Mont-de-Marsan. Aujourd’hui, le praticien procède à l’explantation de leurs prothèses, conformément aux recommandations de retrait préventif du ministère de la Santé français (lire par ailleurs).

« Je vais enfin en être débarrassée », témoigne Raymonde, porteuse d’une prothèse PIP depuis cinq ans. Cette habitante de Saint-Sever tirera alors définitivement un trait sur les raisons qui l’ont amenée à subir une chirurgie mammaire : un cancer diagnostiqué quand elle n’avait pas encore 69 ans. C’est une opération organisée par la Ligue contre le cancer, préconisant des dépistages gratuits, qui lui a peut-être sauvé la vie. « J’avais fait ma mammographie un an avant et tout était normal. Quand je suis allée me faire dépister, ils ont trouvé un cancer. Je considère que j’ai gagné un an. »

Mais l’angoisse est revenue, depuis ce jour de juin 2011 où le scandale sanitaire gigantesque a éclaboussé le sulfureux Jean-Claude Mas, fondateur de la société PIP. « Je me suis dit : mince, j’en ai une, qu’est-ce que je dois faire ? Je n’avais pas d’irritation, pas d’inflammation… Et puis le docteur avait été très adroit : jamais, quelqu’un n’avait remarqué que j’avais une prothèse. C’était une réussite complète. Au début, j’ai donc laissé couler. Mais quand tous les jours, à la télé, vous entendez dire qu’il y a dedans de l’huile, du gazole, un peu de tout, vous finissez par vous inquiéter. »

Ne plus en entendre parler

Et puis, quand Raymonde voit Jean-Claude Mas, « ce monsieur arrogant parler à la télé, et profiter de la vie des gens », cela achève de la convaincre. Dès le mois de juin, avant même les préconisations de retrait du ministère de la Santé, elle opte pour l’explantation. « Mon dernier contrôle, en juin dernier, était très bon, mais je suis quand même revenue voir le docteur Geoffrion, qui m’a dit qu’il faudrait retirer l’implant. »

À la veille de son opération, Raymonde se sent bien sûr « un peu stressée. » « C’est normal, il y a toujours un peu d’anxiété. Mais dans sur le fond, je suis rassurée. J’aimerais quand même avoir un autre implant, mais si le docteur juge que ce n’est pas la peine, je me fierai à son jugement. Demain après-midi, ça ira mieux. Surtout, il me tarde de ne plus entendre parler de ça. »

Fatima, aussi, a « un peu le trac », dans la chambre de sa clinique, quelques heures avant son intervention. « Le docteur va travailler autrement, derrière le muscle, c’est ce qui me fait peur », confie-t-elle. Mais d’un autre côté, cette jeune femme habitant Tarbes aujourd’hui, ne se voyait pas rester plus longtemps avec ses deux prothèses PIP. Un bonnet C pour lequel elle a pourtant emprunté 3 000 euros en 2006, pour retrouver une féminité perdue au décès de son mari.

« Avant, j’avais un 95 B, j’avais une belle poitrine. Mais quand mon mari est mort, je ne me nourrissais plus : c’était cigarettes et café, pendant 6 à 7 mois. D’un coup, j’ai tout perdu. J’ai mis beaucoup de temps pour réfléchir avant de franchir le pas et de me faire opérer. Mais je ne me sentais plus femme, je ne m’aimais plus, j’avais du mal à me montrer. C’était mon image qui me posait problème, plus que le regard des autres. »

Si elle a retrouvé un décolleté avantageux, Fatima a perdu le sommeil, depuis le scandale. « C’est mon ami qui a entendu parler de tout ça à la télé, reprend la jeune femme. Au début, je n’écoutais pas trop les infos, mais après, je ne faisais que ça, du matin au soir. J’ai passé un Noël atroce. Depuis décembre, je ne dors plus, je me réveille à 3 heures du matin, mon ami non plus n’est pas bien. J’ai passé une IRM – je remercie le Bon Dieu, tout est normal – mais je veux être débarrassée au plus vite. Pour moi, c’est un fardeau : c’est ma santé qui est en jeu. »

(1) Les deux prénoms ont été modifiés.

« L’explantation des PIP, c’e st très sportif »

D’ici le mois de mars, 12 femmes porteuses de prothèses de marque PIP, opérées depuis 2006 à la Clinique des Landes – qu’il s’agisse de chirurgie réparatrice ou esthétique – seront débarrassées de ces implants fabriqués avec des enveloppes et des gels de silicone déclarés non conformes à la législation. « Elles ont toutes été contactées et toutes leurs interventions sont programmées, précise Hugues Geoffrion qui procède aux explantations préconisées par le ministère de la Santé français. La dernière intervention est programmée autour du 10 mars. Il faut savoir que nous assumons les patientes, d’où qu’elles viennent, même si elles n’ont pas été opérées chez nous la première fois. On fait partie des cliniques autorisées à pratiquer l’ablation des prothèses. »

Côté prise en charge, la Sécurité sociale joue le jeu dans les Landes : « Toutes les patientes ont été prises en charge sans être convoquées. Il suffit de fournir le numéro de la prothèse », précise le praticien. Deux cas de figure se présentent. Une femme à qui l’on a implanté une prothèse PIP dans le cadre d’une chirurgie réparatrice, après un cancer, verra pris en charge l’explantation, le séjour à la clinique et le remplacement de prothèse s’il est réalisé dans le même temps, et d’un seul côté. Le cas de la patiente opérée à des fins esthétiques est un peu différent : la Sécurité sociale prend en charge l’explantation, mais laisse à sa charge le coût d’éventuels nouveaux implants. C’est le cas pour Fatima.

Deux heures de travail

L’opération « est très sportive, dans le cas des PIP », reprend le docteur Geoffrion. Cela va bien au-delà d’un simple changement de prothèse où l’on se contente de faire une incision et de retirer l’implant. On a l’obligation notamment d’extraire toute partie qui a été touchée par la prothèse, et c’est plus compliqué. Il ne s’agit pas de percer nous-mêmes la prothèse et de mettre en contact avec un gel cancérigène une dame qui n’a rien demandé. S’il y a un risque infectieux, il faut laver avant de refermer : cela prend du temps : une explantation, c’est deux heures de travail. »

Beaucoup plus que lors d’une opération classique d’implantation de prothèses. Du coup, cette nouvelle charge de travail demande de l’organisation.

« En France, 35 000 personnes sont concernées. Or, il y a peut-être 200 à 300 plasticiens. Ça fait beaucoup d’interventions pour peu de chirurgiens. On pensait faire dans le bénévolat sauf que c’est très difficile, re prend le docteur. Un collègue à Grenoble a 650 prothèses à enlever : c’est le nombre d’opérations qu’il fait dans l’année. Or, on n’a pas de moyens particuliers pour le faire. » L’après opération se révèle lui aussi contraignant : l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) préconise de retirer la prothèse, de la laver. « Soit elle est intacte et on la conserve dans un bocal rigide et hermétique, identifié avec le nom de la patiente. Soit elle est rompue – on estime à 10 % le nombre de prothèses PIP rompues, NDLR – et on garde la prothèse d’un côté, et le gel de silicone de l’autre. Ensuite, on fait un prélèvement pour voir s’il y a eu des fuites. La coque est envoyée à l’analyse.

Restent enfin les formalités papier à accomplir : des déclarations nominatives à envoyer à l’Afssaps après chaque explantation, un double étant ajouté au dossier de la patiente. Patiente qui sera bien sûr suivie sur le long terme.

A.C.

Le Père sans alcool

Les patrons du Dixit bar proposent une soirée sans alcool demain.

Les patrons du Dixit bar proposent une soirée sans alcool demain. (photo isabelle louvier)

L’arrêté est affiché en bonne place face à l’entrée du Dixit bar. Selon les articles L.3342-1 et L.3342-2 du Code de la santé publique, « il est interdit de vendre de l’alcool à des mineurs de moins de 18 ans ».

Une mesure que Fabien Mansas et Rémy Guillemotonia, les deux patrons de l’établissement, ont décidé d’appliquer scrupuleusement à l’occasion du Percent, ou Père Cent, que les lycéens de l’agglomération dacquoise fêteront demain jeudi 16 février. Sans pour autant interdire l’entrée du Dixit aux jeunes de moins de 18 ans. « Nous souhaitons, en fait, permettre aux mineurs de fêter les 100 jours avant le bac et qu’ils puissent profiter d’une soirée dans un bar en toute légalité », explique Fabien Mansas.

Une première

Une contrainte devenue argument pour les deux garçons qui ont choisi, pour l’occasion, de transformer leur bar en un comptoir sans alcool. « On propose quelque chose de nouveau, glisse Rémy. Ceux qui veulent vraiment faire la fête, sans pour autant avoir envie de se “destroncher” la tête, devraient aimer. »

À la place des traditionnels breuvages habituellement servis dans leur bar de la place Thiers, les mineurs en joie comme les majeurs noctambules auront donc le choix entre différents cocktails au degré d’alcool zéro, détaillés par Fabien Mansas. « Nos clients pourront trouver du mojito ou de la piña colada, de la bière sans alcool et de la soupe de champagne faite à base de Champomy. »

Julian Pearlson comme DJ

Les lycéens de la cité thermale, habillés chic avec costumes et robes de soirée pour célébrer – selon la coutume – le début de leurs révisions pour le baccalauréat, adhéreront-ils à l’idée ? Personne ne le sait, mais au Dixit, on préfère « mettre en avant la musique et l’ambiance plutôt que l’alcool et la beuverie ».

La raison pour laquelle Fabien Mansas cédera exceptionnellement ses platines à Julian Pearlson, un DJ qui possède chaque semaine son créneau horaire sur Fun Radio et qui est l’un des habitués des boîtes de nuit parisiennes que peuvent être le Queen ou les Planches.

« Si nous l’avons engagé, c’est pour qu’il apporte un plus, souffle Rémy Guillemotonia. Il ne va pas changer ses habitudes parce qu’il est à Dax et restera avec ses sets orientés vers la house. Il va transformer le Dixit bar en un véritable club parisien. »

Auch : des malades en grève des soins pour défendre leur médecin

Yohann Lemariey (à gauche) et Renaud Pastorel (à droite) crient à l'injustice.

Yohann Lemariey (à gauche) et Renaud Pastorel (à droite) crient à l’injustice. (PHOTO PHILIPPE BATAILLE/«Sud Ouest »)

Son répondeur indique sobrement que le cabinet « sera fermé jusqu’à la fin de la semaine ». Mais le message est ancien. Il date de la semaine dernière. « Je n’ai pas eu envie de le réenregistrer. » Pas envie et pas le courage. Le 3 février dernier, le docteur Marie-Noëlle Rives a reçu comme un coup de bambou la décision du conseil national de l’Ordre des médecins. Elle est radiée définitivement, pour une histoire pour laquelle la justice l’avait déjà condamnée à huit mois de suspension en 2010.

Une peine assez dure à vivre

À l’époque, la justice lui reprochait rien que moins que la « contrebande de marchandise prohibée, mise en danger de la vie d’autrui et exercice illégal de la pharmacie ». Le docteur généraliste et homéopathe avait prescrit à ses patients des médicaments, des « modérateurs d’appétit », que seul un spécialiste, un endocrinologue, pouvait prescrire. Des médicaments en vente libre en Espagne et que ses patients étaient allés chercher avec une ordonnance qu’elle leur avait faite, ou bien qu’elle avait fait venir pour les leur rétrocéder.

Pour les « dépanner », avait-elle alors expliqué à la barre. La justice avait clairement conclu à la faute. La décision avait été lourde : huit mois de fermeture du cabinet.

Le 2 décembre 2010, le docteur Rives avait pu reprendre ses consultations. « Je pensais que ma dette était payée, que j’en étais quitte avec la justice. » Elle l’a pensé jusqu’à sa convocation, en décembre dernier, devant le conseil national de l’Ordre des médecins, à Paris. Son avocate toulousaine avait plaidé la confusion des peines, afin qu’une nouvelle sanction ne s’ajoute pas à la décision de justice. « Je leur ai dit que j’avais trouvé ma peine assez dure à vivre. » Mais le couperet est tombé à nouveau. Marie-Noëlle Rives a fait appel de la décision auprès du conseil d’État. Sans quoi, cette dernière devenait définitive. Sauf que l’appel, pour le moment, n’est pas suspensif. La radiation est donc effective. Un coup dur pour cette praticienne qui avait ouvert son cabinet à Auch en tant que médecin généraliste, en septembre 1982. Elle avait poursuivi ses études et avait décroché son diplôme d’homéopathe en 1986. Depuis, Marie-Noëlle Rives vit enfermée chez elle. Sans savoir de quoi son avenir sera fait.

Une lettre ouverte

La nouvelle s’est répandue dans sa clientèle. Et deux de ses patients, notamment, ont pris fait et cause pour elle. Renaud Pastorel et Yohann Lemariey l’ont même crié, dans un courrier qu’ils ont adressé à « Sud Ouest » et à l’Ordre des médecins, dans lequel ils annoncent faire une grève des soins.

Après cette radiation, qui intervient après la peine de 2010, ils se disent « profondément outrés, choqués », et parlent « d’acharnement administratif ». Ils prient le conseil national de l’Ordre des médecins de revoir sa décision. « A-t-elle engendré des décès ? Non. A-t-elle escroqué ses patients ? Non. A-t-elle commis des erreurs de diagnostic ? Non. A-t-elle fait de son mieux pour aider, traiter et soulager ses patients, selon le serment qu’elle a prêté ? Assurément », écrivent-ils dans un long et enflammé plaidoyer de deux pages. « Il serait également fâcheux de se priver d’un médecin aussi expérimenté et compétent que le docteur Rives à l’heure où le département du Gers en manque cruellement. Cela serait même ridicule », poursuivent les signataires.

Dans leur résidence auscitaine, les deux hommes n’envisagent pas d’autre solution que celle de la grève des soins : « Avec une pétition on ne sera pas entendus, là on aura plus de poids », assure Renaud Pastorel. Se faire entendre en mettant leur santé dans la balance. Renaud Pastorel souffre de carences en vitamines depuis l’opération gastrique qu’il a subie et durant laquelle on lui a ôté les trois quarts de l’estomac. Depuis hier, aucun des deux ne prend plus son traitement. Renaud Pastorel risque se trouver en anémie sans ses cachets. Yohann Lemariey est, lui, diabétique, insuffisant rénal et atteint du spina bifida.

« Le fait d’arrêter tout ce qui est insuline peut me faire tomber dans le coma en moins de deux jours, et cela peut aggraver mon insuffisance rénale », ajoute Yohann Lemariey. « Nous, on trouve qu’elle fait bien son travail, elle approfondit les soins. Si vous avez un rendez-vous chez le spécialiste le 20, elle vous appelle le 18 pour vous le rappeler, je ne connais pas beaucoup de médecins qui prennent le temps de faire cela », continue le jeune homme.

Yohann Lemariey prend le relais en expliquant que Marie-Noëlle Rives est la seule à l’avoir écouté et à l’avoir débarrassé de ses douleurs aux intestins qu’il traînait depuis l’adolescence et que tous les autres praticiens attribuaient à des causes psychosomatiques. Tous deux n’en démordent pas « c’est elle qui nous traitera et personne d’autre », martèlent-ils d’une même voix.

Contacté hier soir, le conseil de l’Ordre des médecins du Gers n’a pas souhaité s’exprimer.

Menaces sur la piscine

Les organisations syndicales CFDT Interco, FO, Sud et CGT se sont réunies, hier matin, pour examiner la problématique posée par les piscines paloises.

Elles revendiquent pour l’ensemble des installations « des garanties en terme de santé publique pour les agents et les usagers. Que la médecine professionnelle prenne ses responsabilités y compris en faisant des études épistémologiques sur les agents ».

En cause notamment, le projet de réouverture de la piscine Péguilhan fermée depuis le 2 février. Une fermeture qui occasionne au passage un ras-le-bol des enseignants et des parents.

La mairie envisage la reprise des activités dès ce vendredi même si Guillaume Descorps, conseiller municipal chargé des installations sportives, pondère. « Une réunion se tient jeudi avec les équipes en charge des travaux et concernés par les défauts de construction. Ce n’est qu’à l’issue de cette rencontre que nous prendrons la décision d’ouvrir ou non. »

Droit de retrait

Pour les syndicats, la réouverture de Péguilhan « est conditionnée par la présentation » de garanties. Ils appellent « tous les agents à faire valoir leur droit de retrait dans le cas contraire. Une éventuelle réouverture n’est pas envisageable dans l’immédiat. »

L’Intersyndicale revendique dans l’immédiat : « La mise à niveau technique des installations (carrelage, pente, chauffage et ventilation, procédures sanitaires et hygiène, points d’eau…), avant toute réouverture ; la mise à disposition sans délai du matériel et des équipements nécessaires : auto-laveuse, poste informatique (mise en réseau), véhicule(s) de service ou moyen de déplacement ; en termes de personnels, pour l’ensemble des équipements nautiques actuels : trois postes de personnel d’entretien, un poste d’agent d’accueil afin de garantir la présence de personnel municipal lors de l’ouverture des équipements, un poste de mécanicien (non remplacé suite à un départ à la retraite), la titularisation des éducateurs sportifs vacataires, et le réexamen de la situation des anciens vacataires, l’abandon des procédures disciplinaires découlant de la situation catastrophique des installations et de l’organisation du service ; pour l’avenir : […] un engagement ferme sur la gestion en régie directe du futur complexe nautique. »

En ce qui concerne ce dernier point et afin d’éviter « le renouvellement des erreurs constatées », elles demandent la réunion d’une table ronde avec les organisations syndicales et les personnels concernés pour examiner le projet et permettre, enfin, la prise en compte des propositions et remarques des agents sur leur outil de travail. »

Les organisations syndicales ont décidé de montrer les dents suite à l’hospitalisation d’au moins un agent intoxiqué depuis la rentrée par les chloramines. Le problème du taux de chloramines dépassés n’est pas nouveau à la piscine du Cami-Salié. Les travaux de rénovation qui ont coûté la bagatelle de 2 millions d’euros étaient censés y remédier.

Elles regrettent également que depuis la réouverture de Péguilhan fin août 2011, deux jours de fermeture du bassin ont été nécessaires suite à ces problèmes de chloramines et qu’aucune information n’a été faite au personnel. La crise est au plus haut entre les 30 agents affectés aux piscines, pour la plupart syndiqués, alors que le public n’a jamais autant fréquenté la piscine Péguilhan.

Le dernier salon ou l’on écoute

Céline Dubernard et Lætitia Cantet entourent Joëlle.

Céline Dubernard et Lætitia Cantet entourent Joëlle. (Photo N. P.)

Le joli salon de coiffure situé au 53 rue Saint-James accueil une clientèle traditionnelle mais aussi des femmes, des hommes et des enfants qui bien souvent, à l’annonce ou à la suite d’une chimiothérapie viennent consulter Céline Dubernard et Lætitia Cantet dans le choix délicat d’une prothèse capillaire.

« La perte des cheveux est le premier coup qu’assène la maladie, une véritable atteinte à l’identité du patient », déclare Lætitia. « Nous répondons aux questions que les clientes n’ont pas posé aux équipes médicales : quand les cheveux tomberont-ils, pourquoi, en combien de temps et quand repousseront-ils », ajoute Céline.

La qualité d’écoute laisse deviner chez ces coiffeuses atypiques un parcours ponctué par l’expérience de la maladie. Il faut parfois convaincre qu’il faut mieux ôter des cheveux clairsemés, des moments crus entre soin médical et soin de soi. La moyenne d’âge de la clientèle est de trente ans. « Nous faisons beaucoup de prévention, insistant sur l’importance d’un bon suivi, la détection de la maladie se fait souvent lors d’un contrôle de routine », insistent-elles. Les échanges sont riches, et beaucoup de clientes restent fidèles au salon une fois guérie comme Joëlle, venue se faire coiffer et qui déclare pétillante : « la maladie m’a aussi appris à accepter à ce que l’on prenne soin de moi. « Celles qui s’en sont sorties encouragent celles qui viennent d’apprendre leur maladie. Les astuces pour supporter les effets secondaires fusent.

Céline et Lætitia se déplacent à domicile et dans les hôpitaux. Elles épaulent les clients dans les démarches administratives. La gamme de prix s’étend de 125, équivalent de la prise en charge par la sécurité sociale, à 900 euros. Le salon Wigs est en Aquitaine la seule alternative aux instituts de prothèses.

Pau : la piscine Péguilhan n’ouvre pas vendredi

Entièrement rénovée, la piscine Péguilhan connaît des problèmes de chloramines

Entièrement rénovée, la piscine Péguilhan connaît des problèmes de chloramines (Thierry Suire)

La piscine Péguilhan n’ouvrira pas ce vendredi ni samedi ni dimanche. Fermée depuis le 2 février 2012, cette piscine municipale du nord de Pau, entièrement rénovée connaît des problèmes de chloramines.

Un agent avait même été hospitalisé suite à des émanations au-dessus du seuil toléré. Les syndicats des personnels ont unanimement dénoncé mardi le projet d’ouverture « précipité sans garantie » sur la résolution des problèmes techniques et de personnels.

Un laser puissant traite l’adénome de la prostate

Chef du service urologie du Centre hospitalier de Saintonge, le docteur Damien Emeriau tient une fibre laser utilisée dans ce nouveau traitement de l'hypertrophie de la prostate.

Chef du service urologie du Centre hospitalier de Saintonge, le docteur Damien Emeriau tient une fibre laser utilisée dans ce nouveau traitement de l’hypertrophie de la prostate. (PHOTO D. P.)

En se lançant dans la technique de vaporisation de la prostate par énergie laser, le service urologie du Centre hospitalier de Saintonge demeure à la pointe de la technologie. Il avait installé, en 2008, un lithotripteur fixe, générateur à ondes de choc détruisant les calculs rénaux, et promu, l’année suivante, un nouveau mode de traitement du cancer localisé de la prostate avec un appareil détruisant les lésions par des ultrasons d’une autre intensité.

Depuis décembre dernier, l’équipe d’urologues, conduite par le docteur Damien Emeriau dispose d’un laser Green Light (R), qui lui permet de traiter l’hypertrophie bénigne de la prostate dans des conditions d’intervention moins lourdes, tant pour l’hôpital que pour le patient.

Un grossissement naturel

Mesdames et, surtout, messieurs, prenons, d’abord, un cours de… prostate avec le docteur Emeriau : « Petite à la naissance, la prostate se développe, chez l’homme, jusqu’à la puberté. Son volume se stabilise à l’âge adulte mais elle tend à augmenter à nouveau à partir de 40 ans. Deux tiers des hommes de plus de 50 ans souffrent des conséquences de ce grossissement naturel de leur prostate, occasionnant notamment une gêne pour uriner. »

L’hypertrophie bénigne de la prostate est une manifestation naturelle liée à l’âge ; il s’agit donc d’une tumeur bénigne qui n’a rien à voir avec le cancer de la prostate.

N’empêche que cette « mandarine » qui grossit – le docteur Emeriau apprécie beaucoup les agrumes ! – peut s’avérer gênante. Lorsque le trouble est diagnostiqué par l’urologue, ce dernier propose d’abord un traitement médicamenteux. Lorsque cette prise de médicaments ne suffit pas, le recours à la chirurgie s’avère indispensable.

Les techniques existantes

L’intervention par les voies naturelles, via le canal urinaire, demeure la plus couramment pratiquée. On l’appelle la résection trans-urétrable de la prostate. Très efficace, cette technique n’est pas dénuée de complications, notamment de risques de saignements.

Lorsque la prostate est très volumineuse, l’urologue doit pratiquer une chirurgie ouverte afin de retirer la partie centrale de la prostate, responsable de l’obstruction. « Cette chirurgie expose, elle aussi, à des risques de saignements et de complications », indique le docteur Emeriau.

L’avantage du laser

Invention à porter au crédit d’Albert Einstein (en 1917), la technique du laser vient désormais au secours des urologues, en se substituant à la chirurgie intrusive lourde. Voilà de quelle façon…

D’une puissance de 180 watts, le laser Green Light (R) attaque l’hypertrophie de la prostate – appelée aussi adénome – en vaporisant le tissu touché sur une faible épaisseur, sur quelques millimètres seulement. Cette vaporisation entraîne peu d’inflammation et peu d’œdème immédiat. Elle coagule instantanément les vaisseaux, empêchant tout saignement.

Cette absence de saignement réduit le recours à la sonde dans la verge après l’intervention. Soit le patient n’en aura pas besoin, soit elle lui sera mise en place pour une durée très courte, de douze à quarante-huit heures.

L’hospitalisation postopératoire s’en trouve réduite : un à trois jours contre cinq à dix jours, en moyenne, avec les techniques classiques de chirurgie endoscopique. « Le traitement par laser s’avère donc particulièrement adapté pour les patients fragiles ou pour ceux prenant des anticoagulants », détaille le docteur Emeriau.

« Nous faisons des envieux »

Autre avantage, le retour à une activité physique, sociale et professionnelle normale dans des délais très rapides alors qu’une convalescence pouvant aller jusqu’à trois semaines est prescrite lors d’un traitement par chirurgie ouverte.

Le Centre hospitalier de Saintonge est le premier, en Poitou-Charentes, à disposer d’un laser Green Light (R). « Nous faisons des envieux ! », sourit le chef du service urologie. En France, 40 hôpitaux utilisent, depuis 2010, cette technique de la vaporisation par énergie laser. « 72 % des patients traités quittent l’hôpital le lendemain de l’opération », indique encore le docteur Emeriau.

À Saintes, 23 hommes ont bénéficié, depuis janvier, de cette technique efficace mais encore coûteuse. La fibre laser utilisée pour chaque patient est, en effet, à usage unique.

Attention, la grippe a débarqué en France

Le seuil épidémique de la grippe a été franchi dans de nombreuses régions|| AltoPress / Maxppp Laurence Mouton (AltoPress / Maxppp Laurence Mouton)1 sur 2Le seuil épidémique de la grippe a été franchi dans de nombreuses régions2 sur 2 

Les deux réseaux français, le Grog et le réseau Sentinelles, font état du franchissement du seuil épidémique dans de nombreuses régions de France. Le Sud-Est du pays semble particulièrement touché.

Les Grog (Groupes régionaux d’information de la grippe) soulignent que dix régions métropolitaines (voir le site) sont très touchées : Basse-Normandie, Bourgogne, Bretagne, Centre, Ile-de-France, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas de Calais, Poitou-Charentes, PACA et Rhône-Alpes.

En Aquitaine, la semaine dernière, l’incidence des cas de syndrome grippal vus en consultation de médecine générale a été estimée à 193 cas pour 100 000 habitants, ajoute le Réseau Sentinelles, qui dispose d’une antenne régionale.

Selon Google Flu, le service qui répertorie les recherches liées à la maladie dans le moteur de recherche, l’Aquitaine serait en niveau moyen, Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées en niveau bas.

Le réseau Sentinelles qui résume la situation :"273 cas pour 100.000 habitants (soit 173.500 nouveaux cas), au-dessus du seuil épidémique (161 cas pour 100 000 habitants). Les données de la semaine précédente s’étant consolidées également au-dessus du seuil épidémique, nous confirmons le démarrage de l’épidémie au 30 janvier 2012. En 2 semaines d’épidémie 279.000 personnes auraient consulté leur médecin généraliste."

La souche qui circule majoritairement cette année est un virus de type A H3N2 "qui est connu depuis de nombreuses années et pour lequel le vaccin annuel est efficace", explique un médecin à Sciencesetavenir.fr