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Toutes les pistes sont explorées

Les enquêteurs sont à l'affût du moindre renseignement pouvant leur indiquer une piste.

Les enquêteurs sont à l’affût du moindre renseignement pouvant leur indiquer une piste. (é. cabanis/afp)

C’est un travail de fourmi que réalisent les quelque 200 enquêteurs sur le terrain, à Toulouse, mais aussi à Montauban et dans toute la région Midi-Pyrénées. Les hommes de la police judiciaire, de la sous-direction de l’antiterrorisme, du renseignement intérieur, de la sécurité publique et même une équipe du Raid sont à pied d’œuvre pour traquer et mettre hors d’état de nuire le tueur.

Des photographies extraites du film de vidéoprotection de l’école israélite toulousaine montrant l’assassin chevauchant son scooter, un Yamaha T-Max 530, ont été diffusées auprès de tous les services de police et de gendarmerie de France. Sur ces images, le puissant deux-roues ainsi que le casque du pilote sont de couleur claire alors qu’à Montauban, lors de l’attaque des militaires du 17e régiment du génie parachutiste, ils étaient noirs. Des détails démontreraient que le tueur a repeint le carénage du scooter déclaré volé le 6 mars, à Toulouse.

La vidéo analysée

Hier, des policiers ont recensé les professionnels de la marque japonaise dans la région. « Nous devons croiser et vérifier tous les renseignements qui nous parviennent, concède un enquêteur. Il y en a de crédibles, d’autres moins, mais nous ne devons négliger aucun témoignage. » La vidéo permet, en tout cas, de voir un homme agile, d’environ 1,75 m, agissant de sang-froid et sachant manier les armes. Il vise clairement ses cibles et exécute ses victimes à bout touchant.

Ainsi, comme le révélait, hier « Sud Ouest », le tueur au scooter serait apparemment équipé d’une caméra lorsqu’il passe à l’acte et filmerait l’indicible. « C’est un indice qui a été signalé, a confirmé le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. Il s’agit d’un appareil d’enregistrement de vues qui se place sur la poitrine et est ajusté par des sangles. » Cette caméra de type GoPro équipe habituellement les sportifs de l’extrême pour immortaliser leurs exploits. « Des parachutistes l’utilisent pour filmer leurs sauts », souligne un officier de police judiciaire.

La petite annonce

À Toulouse, les 200 policiers sont répartis par ateliers et font remonter chaque information en temps réel auprès de la direction de l’enquête, supervisée sur place par Claude Guéant et Christian Lothion, le patron de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Hier, le porte-à-porte n’a semble-t-il rien donné de probant. Les riverains de la rue Jules-Dalou n’ont rien vu. Les policiers travaillent également sur l’annonce passée sur Internet par le sous-officier de la caserne Francazal qui vendait sa moto et mentionnait son statut de militaire. Il s’agit de la première victime abattue le 11 mars à Toulouse d’une balle en pleine tête tirée par un homme à scooter. Les enquêteurs de la criminalité organisée décryptent près de 600 contacts liés à cette petite annonce. D’autres policiers passent au peigne fin les registres de sortie des hôpitaux psychiatriques. D’autres encore se focalisent sur la provenance du pistolet automatique 11.43. « Des milliers de vérifications ont déjà été faites », a déclaré Claude Guéant. Le tueur, pour l’instant, demeure introuvable. La chasse à l’homme se poursuit.

Gironde : elle croit à une erreur médicale

Chrystel Frutier entend connaître la chaîne des responsabilités dans la mort de Maël.

Chrystel Frutier entend connaître la chaîne des responsabilités dans la mort de Maël. (photo claude petit)

Elle est inconsolable. Et très en colère. Le 20 février dernier, Chrystel Frutier, habitante d’Artigues de 33 ans, a perdu son fils, âgé de 20 mois. Le petit Maël est en fait décédé dans des circonstances qu’elle juge inacceptables. Car pour elle, il y a eu erreur de diagnostic médical et elle entend bien mettre au jour la chaîne des responsabilités.

« Maël était un enfant plein de vie, beau, mignon, joueur », confient Annie et Didier, les parents de Chrystel, des larmes dans les yeux. L’évocation du bambin trop tôt disparu est évidemment douloureuse.

Constipation chronique

Depuis longtemps, l’enfant souffrait de constipation chronique. Pas de fièvre, quelques pleurs, des grimaces de douleur, puis des hurlements au moment de faire dans sa couche. Chrystel Frutier estime avoir à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme.

Mais pour les médecins qu’elle consulte, il n’y a rien là que de très banal. Il n’y a pas matière à s’inquiéter. Les professionnels lui prescrivent des laxatifs. Elle s’exécute. Des proches lui conseillent l’eau, les légumes, les pruneaux. Elle les écoute. Mais Chrystel voit Maël en souffrance. « Quelque chose n’allait pas. » Au fond d’elle, elle le sent, elle le sait.

En janvier dernier, les crises semblent plus aiguës encore. Un jour elle appelle le centre 15, un autre elle file aux urgences où Maël subit un lavement. « Mais personne ne cherche plus loin », déplore la mère. Mi-février, Maël ne va pas bien. Il est fatigué, vomit, dort beaucoup, est encore constipé. Un docteur de SOS médecins est appelé en urgence, l’ausculte, conclut à une gastro-entérite sèche, prescrit un anti-vomitif. « J’étais sceptique quand il est parti, mais c’était lui le médecin », culpabilise aujourd’hui la jeune femme.

Cinq jours plus tard, l’état de Maël ne s’est pas amélioré. C’est un dimanche. Chrystel Frutier est dévorée par l’inquiétude. Elle n’ose pas rappeler les urgences mais se jure de faire un scandale le lendemain pour obtenir une échographie, une prise de sang.

Cette nuit-là, vers 4 h 30, elle croit entendre un cri. Elle prend Maël dans ses bras, veut lui donner de l’eau. « Il était inerte », murmure-t-elle d’une voix blanche. En racontant, elle revit la panique qui s’est emparée d’elle, son appel affolé au 15, le massage cardiaque qu’elle prodigue maladroitement, les mots qu’elle prononce, les prières muettes qu’elle formule. Son monde qui s’écroule quand elle comprend qu’il est trop tard. Son envie de vomir, son envie de rien depuis.

Dès le mardi, les premières conclusions de l’autopsie pratiquée sur ordre du parquet pour recherche des causes de la mort tombent. « Invagination intestinale ». Quand un segment d’intestin s’emboîte dans une autre portion d’intestin. Ce qui conduit souvent à des occlusions intestinales.

« Je suis allée voir sur Internet. Tous les symptômes sont ceux que je décrivais inlassablement depuis un an », gronde Chrystel, mâchoires serrées. « En ne m’écoutant pas, ils ont tué mon bébé. » « Nous comprenons la douleur de la mère et elle décidera évidemment des suites à donner dans cette affaire », explique le docteur Frédéric Chemin, président de SOS Médecins Bordeaux.

« Difficile à dépister »

Un de ses confrères est le dernier praticien à avoir examiné Maël vivant. Entendu dans le cadre de l’enquête préliminaire, il n’a pas souhaité s’exprimer. « C’est difficile sans trahir le secret professionnel », poursuit le docteur Chemin. « L’urgence est toujours difficile à traiter. Elle passe par un examen méthodique et rigoureux, surtout sur un patient qu’on ne suit pas. Mais malgré cela, il y a des pathologies difficiles à dépister. Si au bout de quelques jours, l’état du patient ne s’améliore pas, il n’est pas rare qu’on nous rappelle. Un patient déjà vu fait partie des priorités. »

« Ce petit bout de chou était sans doute très résistant à la douleur », résume Me Jean-Christophe Coubris, l’avocat de Chrystel Frutier. « C’était cyclique j’en conviens, mais le temps s’est installé. Ce alors que sa mère n’est pas restée sans rien faire. Le corps médical n’a pas posé le bon diagnostic qui aurait pu sauver cet enfant. Était-il possible, au vu des signes cliniques de faire autrement, c’est ce que nous voulons savoir. »

Très prochainement, Chrystel Frutier devrait donc, par le biais de son avocat, déposer une plainte avec constitution de partie civile. « Très probablement pour homicide involontaire », dévoile Me Coubris.

Rugby : deux cas de cancer qui jettent la suspicion

L’affaire commence à faire grand bruit dans le monde du rugby sarladais. Deux jeunes joueurs nés en 1991 et 1992 (leur club n’a pas été communiqué) souffrent depuis plusieurs semaines d’un cancer grave.

Leur maladie serait liée à l’absorption de produits achetés sur Internet ayant pour objectif de développer leur masse musculaire. « Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il s’agit de jeunes joueurs de bon niveau qui pouvaient espérer un jour intégrer l’élite, explique le procureur de la République de Bergerac, Jean-Luc Gadaud. Ces deux cas ont été mis en parallèle par un médecin avec deux jeunes joueurs de Sarlat décédés ces dernières années après avoir développé ces mêmes cancers atypiques. Pour ce médecin, cela faisait trop, ce n’était pas le fruit du hasard. »

Démarches individuelles

Ce dernier a donc alerté l’Agence régionale de la santé (ARS) afin d’enquêter sur le dénominateur commun à ces quatre cas.

Ce week-end, des agents de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et la santé publique (OCLAESP), saisi par le ministère des Sports, ont assisté les gendarmes de Sarlat dans leurs investigations au domicile des deux jeunes malades. De la créatine, qui n’est pas considérée comme un produit dopant mais qui est interdite à la vente en France, a été trouvée. Est-ce l’abus de ce produit ou sa combinaison avec une autre substance qui a causé ces maladies ?

« C’est encore trop tôt pour le dire, l’enquête est en cours. Nous n’en sommes pour le moment qu’au stade de la suspicion. En tout cas, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas là d’une affaire de dopage organisé par un préparateur physique ou autre comme cela a pu se faire ailleurs. Là, il s’agit de démarches individuelles concernant des joueurs de clubs du Sarladais. Et même si ce n’est pas mon rôle en tant que procureur de la République, je veux vraiment alerter les jeunes sur les dangers du recours à de tels produits, qu’ils soient interdits ou non », insiste Jean-Luc Gadaud, lui-même ex-entraîneur et joueur de rugby.

Devant l’ampleur d’une affaire qui pourrait avoir un retentissement national, le procureur a été dessaisi du dossier au profit du pôle santé du palais de justice de Paris.

Joint hier au téléphone, le président du Club Athlétique Sarlat Périgord Noir (CASPN), Michel Vaunac, a dit n’être « au courant de rien ». Selon nos sources, l’un des deux jeunes atteints de cancer est pourtant licencié dans son club.

Solidaires de la léproserie

Invitées à vivre un moment fort de carême en partageant un bol de riz, quelque 60 personnes ont participé mardi à cette soirée, à la salle des fêtes du Got, en solidarité avec la léproserie de Fort-Dauphin, à Madagascar.

Après ce partage, sœur Marie-Paule, du Buisson, membre de la Congrégation des filles de la charité et ayant vécu cinq ans à Madagascar, notamment à Fort Dauphin de 1995 à 2000, a présenté le problème de santé publique rencontré dans ce pays et en particulier les interventions dans les dispensaires, qui accueillent de nombreux malades atteints de la lèpre. Elle est toujours en contact avec sœur Anastasie, responsable de la léproserie.

Divers ateliers

Il faut savoir que les malades sont perçus comme une malédiction. Les anciens atteints de la lèpre sont hébergés dans le centre afin de soigner très régulièrement leurs plaies externes. En revanche, ceux qui ont perdu leurs mains resteront à vie à la léproserie, car personne à l’extérieur ne peut s’occuper d’eux.

Les nouveaux cas internes sont logés dans des petits appartements de la léproserie. Au début de leur maladie et après avoir été soignés, ils peuvent rentrer chez eux.

Les activités suivantes sont prévues à la léproserie : alphabétisation, atelier d’ergothérapie et petits travaux. Malgré leurs difficultés, les gens semblent heureux et il règne une ambiance très agréable, selon sœur Marie- Paule.

Les personnes qui souhaitent, dans le cadre de cette opération Bol de riz, participer financièrement, peuvent encore adresser leurs dons à la paroisse Notre-Dame-de-Capelou.

Les 30 ans du Lions à la Maison des Graves

Les Lions à la remise des prix de la tombola organisée lors des portes ouvertes en Graves par le président Jean-Paul Pothet.

Les Lions à la remise des prix de la tombola organisée lors des portes ouvertes en Graves par le président Jean-Paul Pothet. (M. L.)

Le Lions Club des Graves fête ses 30 années de bénévolat au service des défavorisés et des nécessiteux.

Pour marquer cet anniversaire, il organise ces 23, 24, 25 et 26 mars une manifestation sur le thème, « Les vins et châteaux du Bordelais ».

Une soirée de gala samedi à la Maison des Graves de Podensac, ponctuera ces quatre journées exceptionnelles.

Le Lionisme et ses valeurs

La devise : « Nous servons » est mise en valeur depuis trente ans par le Lions Club des Graves avec ses très nombreuses actions bénévoles pour soulager et aider ceux que la vie n’a pas épargnés.

Quelques actions sont à rappeler : promesses de dons au Téléthon du Sud-Ouest depuis sa création, feux sonores et chiens guides pour des malvoyants, fauteuils roulants électriques pour des infirmes, équipement de salles de cinéma pour malentendants, lunettes de vue pour des pays en voie de développement, aides logistiques pour le don de sang et de moelle osseuse.

Dans le cadre de l’enfance défavorisée, des enfants peuvent partir en vacances. Au sein des hôpitaux, des clowns sont là pour les distraire de leurs maux. Le Lions finance l’aménagement de chambres informatisées pour enfant souffrant d’un cancer et apporte des aides aux familles. C’est un peu tout cela l’action humanitaire des bénévoles du Lions.

Fête et remerciements

Ces quatre jours seront consacrés aux visites de nombreux châteaux et chais au sein des Graves, de Pessac-Léognan, de Saint-Émilion et du Sauternais.

Une vente caritative aux enchères de vins prestigieux par Me Christian Jean-dit-Cazaux, commissaire-priseur, sera organisée.

La journée de samedi débutera par une visite guidée de Bordeaux. L’après-midi, une visite sera organisée dans les chais de la maison Lillet à Podensac.

L’apothéose sera la soirée qui regroupe déjà plus de 150 participants à la Maison des Graves, une façon de remercier tous ces bénévoles qui donnent de leur temps pour des causes nobles.

Informations après de Jean-Paul Pothet, Président du Lions Club Bordeaux-Graves. Tél. 06 07 39 93 65 ; jean-paul.pothet@orange.fr

Le banquet laïc

Le banquet laïc

Les odieux assassinats qui ont frappé des citoyens français ont au moins montré une chose : la laïcité reste un ciment de la société française. Réunis dans la douleur, les représentants des communautés juive et musulmane ont réagi avec dignité, dans l’unité. Les musulmans se sentent trahis et salis ; les juifs ressentent une immense douleur, avec des plaies sans cesse ravivées ; l’ensemble des Français souffre avec les proches des victimes ; la laïcité pleure. Notre fraternité est là et bien là.

Le fanatisme et l’extrémisme n’ont pas de religion. Leur seule croyance est la haine de l’autre. L’histoire enseigne que les fanatiques et terroristes se revendiquent de toutes les obédiences, au nom de Dieu – ce qui semble le plus commode – ou d’idéologies de la domination ou de l’exclusion, celle de la raison des plus fous. Alors, quand nous vivons en paix, pourquoi nos sociétés laïques se laissent-elles tenter si vite par les polémiques autour du vivre ensemble ?

Je voudrais revenir sur la réaction de ces communautés religieuses dans ce qui a failli être « l’affaire Fillon », après sa déclaration sur l’abattage des animaux : « Les religions doivent réfléchir au maintien de traditions ancestrales qui correspondaient dans le passé à des problèmes d’hygiène mais ne correspondent plus à grand-chose en l’état actuel de la science et des problèmes de santé. » Que de confusions ! Quelle incompréhension des liens entre les religions et ce que serait une laïcité moderne en regard des progrès de la science et de l’hygiène ! Ca sent le positivisme scientiste d’Auguste Comte et d’Herbert Spencer.

Dans une logique « utilitariste », celle qui prône que les décisions doivent être prises avec pour seul critère le bonheur du plus grand nombre, on pourrait imposer les mêmes règles d’abattage des animaux à tous. Mais ce n’est pas cela la laïcité. C’est pourquoi la Cour suprême des États-Unis débouta les créationnistes de leur prétention à enseigner le créationnisme en classe de science, non pas pour préserver la science, mais parce que cela allait à l’encontre du principe de laïcité qui interdit qu’on privilégie une religion dans l’enseignement public. Maintenant, est-ce que les courants religieux peuvent perpétuer des pratiques au nom de la tradition, sachant que celles-ci s’avèrent très diverses au sein même de chaque religion ?

En histoire des religions, une tradition recherche des causes positives aux rituels. L’exemple le plus connu serait que juifs et musulmans ne mangent pas de porc à cause d’infections comme la trichinose et de parasitismes ayant frappé les populations sémitiques il y a des millénaires. Les rituels seraient des réponses à des problèmes matérialistes. (Il faudrait trouver une autre explication pour l’interdiction des boissons fermentées qui, entre autres, évitent l’empoisonnement par l’eau !) Donc, si grâce au progrès de la science on élimine les infections d’origine porcine, les religions peuvent changer de rituels, et même doivent le faire, puisque la science et l’hygiène l’affirment.

C’est oublier combien les choix alimentaires, les traitements et les modes de consommation des nourritures participent de l’identité des groupes humains. Les rituels autour de la viande procèdent d’histoires naturelles et culturelles complexes. Prétendre qu’ils découlent d’une sagesse ancestrale préscientifique ou d’un archaïsme éculé n’a guère de sens. Quant aux progrès de la science à propos du régime alimentaire, les fondements pseudo-scientifiques de nos régimes à la mode ont de quoi nourrir les railleries des religions ; et ce serait justifié. Les spécialistes de la nutrition – les vrais – ragent devant la bêtise médiatique et le succès des gourous patentés qui coûtent plus cher à notre santé publique que les risques d’infection par l’abattage des animaux halal.

Les représentants des communautés juive et musulmane ont réagi avec une fermeté modérée aux propos du Premier ministre, qu’on sait respectueux de la laïcité. Reste la question de l’abattage de ces animaux et de leur bien-être. La tradition dualiste de la culture occidentale – celle née à l’est de la Méditerranée – ne fait pas grand cas des animaux, que ce soient les philosophes, les religions ou les sciences. Cela ne fait pas longtemps qu’on se préoccupe de leur souffrance dans les zoos ou laboratoires. Cette question de notre temps exige une approche éthique avec les religieux, les philosophes et les scientifiques, comme pour le Comité consultatif national d’éthique ; et on appréhende la haute signification laïque de « consultatif ».

Cher lecteurs, c’est sûrement la seule proposition d’un mieux-vivre ensemble dans la paix, le respect de l’altérité et la franchise depuis le début de la campagne présidentielle. Je compte sur vous – agnostiques, athées, bouddhistes, chrétiens, juifs, musulmans et autres – pour mes 500 signatures.

Lundi prochain, la chronique de Sylvie Germain

pascal picq

paléoanthropologue

au collège de france

Pesticides dans l’eau potable : pourquoi avoir relevé les taux de tolérance ?

Les teneurs admissibles en pesticides dans l'eau potable ont été revues. A la hausse...

Les teneurs admissibles en pesticides dans l’eau potable ont été revues. A la hausse… (illustration, photo archives Pascal Bats )

"C’était complètement passé inaperçu. J’ai moi-même été alerté par des gens de Seine-et-Marne étonnés de ne plus entendre parler de restrictions d’eau…" François Veillerette, président de l’association Générations Futures, par ailleurs vice-président de la région Picardie en charge des questions d’environnement, d’alimentation et de santé, n’en revenait pas lui même.

Militant écologiste en pointe sur la question des pesticides, l’homme découvrait que les quantités de pesticides dans l’eau avaient été "multipliées par 5" ! Une décision prise dès 2010 par le ministère de la santé, validée dans le bulletin officiel il y a déjà un an, dans l’indifférence générale. Un principe pour lui inadmissible.

SudOuest.fr : Comment avez-vous découvert cette modification de la réglementation ? 

François Veillerette. Il s’agit d’une instruction ministérielle, qui n’a pas rencontré un écho considérable. Elle a été légalisée par sa publication au bulletin officiel. J’ai été alerté par des particuliers de Seine-et-Marne. Ils avaient toujours eu des problèmes de qualité de l’eau. Et là, d’un coup, on leur disait "tout va bien". J’ai pris le temps de regarder autour de moi. Mais tout le monde semblait être passé à côté. 

En quoi consiste la nouvelle réglementation ? 

Il existe une directive européenne qui fixe une limite. Au-delà de 0.10 microgramme par litre pour une substance pesticide individuelle ou de 0,50 microgramme par litre pour le total des pesticides quantifiés, la limite de qualité était dépassée. Malgré tout, cette directive n’empêche pas les Etats de distribuer de l’eau dont les taux sont supérieurs. Et de fixer des taux d’alerte supérieurs.

En France, il existe une notion de "valeur maximum" ou VMax, qui était, souvent, déjà supérieure au taux fixé par l’UE. Un avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) prévoyait cependant que l’eau ne devait pas être utilisée ni pour la boisson ni pour la préparation des aliments si un pesticide s’y trouvait dans une concentration équivalente à 20 % de cette VMax. Nous étions clairement dans le principe de précaution. En faisant sauter ce verrou, et en autorisant une concentration équivalente à la VMax, on passe dans l’évaluation du risque. 

Quelle en est la justification ? 

Le discours est à la validation de valeurs calculées par des organismes internationaux, de l’Union européenne ou d’ailleurs, ce qui permet d’établir une valeur toxicologique de référence, en faisant la part de ce qui est consommé. Cette démarche ne tient cependant pas compte de différents faits. Certaines expériences menées sur des animaux montre qu’avec 0,1 microgramme d’atrazine, concentration jugée conforme, il y a déjà des effets sur le système endocrinien. Et ces effets en sont pas maîtrisés dans le temps.

Il est assez étonnant, par ailleurs, que l’on tolère de telles concentrations. Nous sommes loin de ce qui existe dans l’alimentation, et qui est par ailleurs déjà très critiqué. Et la part de l’eau dans l’alimentation est de 10 % !  L’exposition comporte toujours des risques.

Quels sont ces risques ? 

Ce n’est pas la dose qui fait le poison. Certains pesticides ont un effet quoiqu’il arrive, surtout sur des populations à risques. Les femmes enceintes et les jeunes enfants sont les plus vulnérables. Les études présentées ne prennent pas en compte l’impact endocrinien sur le foetus. Surtout pour une exposition dès le premier mois de grossesse. Il faut en outre considérer que nous ne sommes jamais exposé à un seul polluant. Cette décision, qui détermine un à un les taux admissibles de polluants, ne va pas dans le bon sens. Elle est même incohérente. Il est clairement admis, dans le milieu de la recherche, y compris à l’Anses, que le défi à venir est celui des "cocktails". 

Pour vous, il ne s’agit donc que d’un trompe-l’œil ? 

Clairement. Ce changement de législation a pour conséquence une baisse mécanique mais artificielle du nombre de personnes concernées par les problèmes de pollution de l’eau potable. Il ne reste aujourd’hui que quelques cas en Picardie et en Champagne Ardennes, et dans le Sud, en Aveyron et en Midi-Pyrénées. Cette population de personnes exposées à une présence excessive de pesticides est ainsi tombée de 34 300 personnes en 2009  à 89 939 dans le bilan de la qualité des eaux en 2010. Cela règle le problème des préfets avec l’eau, mais cela n’améliore pas la situation. 

 Une instruction controversée

L’instruction rédigée en décembre 2010 explique qu’"après un rappel des modalités du contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine et des mesures de prévention des risques sanitaires liés aux pesticides", il était défini "de nouvelles modalités de gestion des situations de dépassement des limites de qualité pour les pesticides dans l’eau du robinet, tenant compte des dernières évaluations des risques sanitaires menées par l’Agence sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail" (Anses)

"Certains études font état que les pesticides peuvent être à l’origine de cancers, d’effets neuro-toxiques et d’effets sur la reproduction (baisse de fertilité)", note le rédacteur de l’instruction. "Toutefois, aucune étude n’est encore aujourd’hui disponibles sur les risques pouvant être liés à la consommation d’eau non conforme à des concentrations telles que celles observées en France. Il convient également de rappeler que la source principale de l’exposition aux pesticides par ingestion est l’alimentation."

Coca Cola change sa recette secrète à cause de son “caramel” cancérigène

La firme Coca Cola s'est engagée à changer sa recette secrète

La firme Coca Cola s’est engagée à changer sa recette secrète (AFP JEWEL SAMAD)

Le Coca Cola va-t-il changer de goût pour des raisons sanitaires ? En effet, selon le site Discoverynews, un de ses composants, le 4-methylimidazole (4-MEI), qui sert à colorer la boisson, serait cancérigène.

Il y aurait 142 à 146 microgrammes de 4-methylimidazole par canette vendue aux Etats-Unis. Une dose au-dessus des nouvelles limites fixées par l’Etat de Californie qui s’en est ému auprès de la firme.

Le géant américain du soda a annoncé qu’il va changer son processus de fabrication ce qui devrait n’avoir "aucune incidence sur le goût."

D’ores et déjà, Coca Cola a "demandé à ses fournisseurs de caramel de faire le nécessaire afin de satisfaire les exigences de l’Etat de Californie", a indiqué Diana Garza Ciarlante, une porte-parole du groupe relève TF1.fr.

Le Centre pour la science dans l’intérêt du public (CSPI), une association de consommateurs avait tiré la sonnette d’alarme il y a plusieurs mois…  Son argument : la substance cancérigène se formerait lorsque l’ammoniac et/ou les sulfites sont utilisés avec le le 4-methylimidazole (4-MEI) pour donner aux sodas leur couleur brune. Pepsi Cola et tous les fabricants du secteur sont donc aussi plus ou moins concernés.

Reste à savoir ce qu’il va advenir en Europe, qui n’a pas la même législation.

Mais les producteurs de boissons gazeuses ne sont pas les seuls placés sous la surveillances des autorités sanitaires : les sauces soja et certaines bières, sont aussi concernées, pense savoir LeMonde.fr.

Après la polémique sur les canettes de Coca-Cola accusées d’être dangereuses pour la santé (le Bisphénol A), la mystérieuse recette du soda sera-t-elle dévoilée, transparence oblige?

 

Carte vitale, carte d’identité : pourrez-vous échapper au fichage biométrique ?

Après le passeport, le permis et conduire et (peut-être) la carte d'identité, la carte vitale pourrait devenir biométrique

Après le passeport, le permis et conduire et (peut-être) la carte d’identité, la carte vitale pourrait devenir biométrique (illustration, photo Stephane Lartigue )

Tous les opposants du fichage à tout va, les adeptes de la théorie du complot et autres militants anti-Big Brother vont pouvoir s’en donner à cœur joie. Le candidat UMP à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, a proposé jeudi, s’il était élu, de lancer la carte Vitale biométrique pour lutter contre la fraude aux prestations sociales.

"La moitié des cartes vitales ont une photo d’identité (…) avec l’état des comptes sociaux, nous allons transformer la carte vitale comme nous avons transformé le passeport et la carte d’identité avec le système biométrique" a-t-il déclaré sur RMC et BFM-TV. Cette décision est cependant considérée par ses opposants comme une nouvelle étape dans le "fichage" tous azimuts de la population française. Le passage au "biométrique" de la carte vitale, s’il devait se concrétiser, n’est que dernier d’une liste déjà longue. 

Votre carte vitale

L’argument présidant à ce projet est la lutte contre la fraude en matière sociale. Selon le ministère du Travail et de la Santé, le montant de ces fraudes s’est élevé en 2010 à 458 millions d’euros mais le ministre évaluait celles-ci, en 2011, à "plusieurs milliards d’euros par an". 

La proposition du candidat Sarkozy pourrait cependant rencontrer de la résistance. L’opportunité de passer au biométrique a de fait déjà été étudiée par la Mission d’évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale (Mecss) de l’Assemblée nationale. La carte Vitale biométrique faisait partie des 53 propositions contenues dans le projet initial de rapport sur les fraudes sociales de la Mecss , en juin 2011. Et repoussée car jugée "coûteuse et ardue à appliquer", rapporte LeFigaro.fr.

Inscrire des données biométriques sur la carte Vitale "n’a d’intérêt que si elles sont vérifiées au moment de son utilisation, pour éviter toute usurpation d’identité", rappelle le quotidien. "Si l’on peut imaginer des lecteurs d’empreintes digitales dans les hôpitaux, la solution semble utopique dans les cabinets de médecins de ville." Dans la version finale du rapport, qui avait été rendue publique, la proposition avait été modifiée en "carte vitale sécurisée". 

Votre passeport

L’introduction des passeports biométriques en France remonte déjà à 2008. Plusieurs millions de documents ont ainsi été délivrés par les pouvoirs publics aux personnes désireuses de se rendre à l’étranger. Ce document réputé infalsifiable fait dependant l’objet d’une polémique. Selon LeParisien.fr, 10 % des documents des 7 millions de passeports en circulation à fin 2011 seraient des faux. Un chiffre jugé fantaisiste par le ministère de l’Intérieur. Lequel reconnaît incidemment qu’un certain nombre de documents, "reçus indûment" à défaut d’être des faux au sens propre, sont actuellement en circulation.

Votre carte d’identité

La nouvelle carte doit-elle être biométrique ? La proposition de loi présentée fin 2011 avait provoqué une levée de boucliers. Elle a été définitivement actée lors d’un vote solennel des députés, rappelle LeMonde.fr, ce mardi 6 mars, lors de l’ultime séance de la mandature. La nouvelle carte biométrique doit intégrer deux puces. La première, dite « régalienne », contiendra les informations d’identité de son propriétaire : nom, prénom, date de naissance, empreintes digitales, couleur des yeux… La seconde, facultative, est destinée à la gestions de services en ligne.

Un fichier informatique, déjà dénoncé par ses détracteurs comme une atteinte aux libertés individuelles des citoyens, indique La Croix, doit être créé. Il doit comprendre les données contenues dans la carte d’identité, mais aussi celles du passeport. Sa justification ? La lutte contre l’usurpation d’identité, 200 000 cas selon le Credoc, chiffre repris par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, mais seulement 13 900 cas signalé par l’Observatoire national de la délinquance, si l’on en croît le quotidien L’Humanité. Le PS envisage de remettre "la situation à plat" en cas de victoire à la Présidentielle.

Votre permis de conduire

Exit le fameux document rose octroyé à vie par l’examinateur après l’examen de passage. Le glas a sonné pour le permis de conduire traditionnel depuis… 2006. C’est cette fois l’Europe qui a dicté ses conditions, via une directive du 21 décembre 2006. Cette disposition sera appliquée en France à partir de 2013. L’Etat préparerait ainsi, selon LeFigaro.fr, quelque 40 millions de permis à puce biométrique. Une "révolution silencieuse" selon le quotidien.

Le vieux permis serait non seulement obsolète en conception, mais également trop facile à falsifier, les photos étant souvent ancienne, quand le document même n’est pas en miettes. "Curieusement, 500.000 permis roses étaient déclarés perdus ou volés en France chaque année. De quoi nourrir bien des suspicions sur un système de fraude généralisé." La France aura malgré tout jusqu’en 2033 pour purger les stocks de permis papier. 

Les usagers pourront ainsi consulter leur situation en ligne, notamment le nombre de points. Ils seront cependant suivis partout par leur dossier, ceci jusque dans les pays de l’Union européenne. Petite précision : plus question d’une attribution à vie, le précieux sésame devra sans doute être renouvelé tous les 15 ans.

Risque nucléaire : selon les écologistes, les pastilles d’iode de Midi-Pyrénées sont périmées

Les stocks d'iode distribués en Midi Pyrénées seraient inefficaces

Les stocks d’iode distribués en Midi Pyrénées seraient inefficaces (illustration, photo Stephane Lartigue )

Les pastilles d’iode à ingérer en cas d’accident nucléaire et distribuées dans les communes de Midi-Pyrénées sont périmées depuis 4 ans, ont dénoncé mardi deux élus régionaux d’Europe Ecologie-Les Verts. 

François Arcangeli, conseiller régional EE-LV de Midi-Pyrénées, y voit une négligence grave, d’autant que les pastilles d’iodure de potassium "doivent être prises le plus tôt possible" en cas de rejets toxiques d’un site nucléaire.

La préfecture de Midi-Pyrénées n’était pas en mesure de réagir aux déclarations des écologistes, qui affirment avoir alerté le préfet en septembre 2011. "Il semblerait qu’on peut les utiliser deux ans après la date de péremption, mais là, ça fait 4 ans. On fait des économies sur quelque chose d’essentiel. La région n’est pas organisée pour répondre à une catastrophe", a déclaré François Arcangeli, également maire d’Arbas, un village des Pyrénées.

Les communes de Midi-Pyrénées avaient été livrées en 2002 en pastilles d’iode.

Selon François Arcangeli, plutôt que de doter les mairies, les services de l’Etat envisagent de créer des plate-formes de stockage dans les départements où les gens iraient se servir en pastilles d’iode en cas de besoin, mais selon lui le volume de pastilles serait insuffisant.

"C’est du délire, on fait passer la sécurité des citoyens au second plan! Avant Fukushima, nos stocks étaient périmés et à l’avenir, ils risquent d’être totalement insuffisants !", a-t-il déclaré dans un communiqué.