Auch : des malades en grève des soins pour défendre leur médecin

Yohann Lemariey (à gauche) et Renaud Pastorel (à droite) crient à l'injustice.

Yohann Lemariey (à gauche) et Renaud Pastorel (à droite) crient à l’injustice. (PHOTO PHILIPPE BATAILLE/«Sud Ouest »)

Son répondeur indique sobrement que le cabinet « sera fermé jusqu’à la fin de la semaine ». Mais le message est ancien. Il date de la semaine dernière. « Je n’ai pas eu envie de le réenregistrer. » Pas envie et pas le courage. Le 3 février dernier, le docteur Marie-Noëlle Rives a reçu comme un coup de bambou la décision du conseil national de l’Ordre des médecins. Elle est radiée définitivement, pour une histoire pour laquelle la justice l’avait déjà condamnée à huit mois de suspension en 2010.

Une peine assez dure à vivre

À l’époque, la justice lui reprochait rien que moins que la « contrebande de marchandise prohibée, mise en danger de la vie d’autrui et exercice illégal de la pharmacie ». Le docteur généraliste et homéopathe avait prescrit à ses patients des médicaments, des « modérateurs d’appétit », que seul un spécialiste, un endocrinologue, pouvait prescrire. Des médicaments en vente libre en Espagne et que ses patients étaient allés chercher avec une ordonnance qu’elle leur avait faite, ou bien qu’elle avait fait venir pour les leur rétrocéder.

Pour les « dépanner », avait-elle alors expliqué à la barre. La justice avait clairement conclu à la faute. La décision avait été lourde : huit mois de fermeture du cabinet.

Le 2 décembre 2010, le docteur Rives avait pu reprendre ses consultations. « Je pensais que ma dette était payée, que j’en étais quitte avec la justice. » Elle l’a pensé jusqu’à sa convocation, en décembre dernier, devant le conseil national de l’Ordre des médecins, à Paris. Son avocate toulousaine avait plaidé la confusion des peines, afin qu’une nouvelle sanction ne s’ajoute pas à la décision de justice. « Je leur ai dit que j’avais trouvé ma peine assez dure à vivre. » Mais le couperet est tombé à nouveau. Marie-Noëlle Rives a fait appel de la décision auprès du conseil d’État. Sans quoi, cette dernière devenait définitive. Sauf que l’appel, pour le moment, n’est pas suspensif. La radiation est donc effective. Un coup dur pour cette praticienne qui avait ouvert son cabinet à Auch en tant que médecin généraliste, en septembre 1982. Elle avait poursuivi ses études et avait décroché son diplôme d’homéopathe en 1986. Depuis, Marie-Noëlle Rives vit enfermée chez elle. Sans savoir de quoi son avenir sera fait.

Une lettre ouverte

La nouvelle s’est répandue dans sa clientèle. Et deux de ses patients, notamment, ont pris fait et cause pour elle. Renaud Pastorel et Yohann Lemariey l’ont même crié, dans un courrier qu’ils ont adressé à « Sud Ouest » et à l’Ordre des médecins, dans lequel ils annoncent faire une grève des soins.

Après cette radiation, qui intervient après la peine de 2010, ils se disent « profondément outrés, choqués », et parlent « d’acharnement administratif ». Ils prient le conseil national de l’Ordre des médecins de revoir sa décision. « A-t-elle engendré des décès ? Non. A-t-elle escroqué ses patients ? Non. A-t-elle commis des erreurs de diagnostic ? Non. A-t-elle fait de son mieux pour aider, traiter et soulager ses patients, selon le serment qu’elle a prêté ? Assurément », écrivent-ils dans un long et enflammé plaidoyer de deux pages. « Il serait également fâcheux de se priver d’un médecin aussi expérimenté et compétent que le docteur Rives à l’heure où le département du Gers en manque cruellement. Cela serait même ridicule », poursuivent les signataires.

Dans leur résidence auscitaine, les deux hommes n’envisagent pas d’autre solution que celle de la grève des soins : « Avec une pétition on ne sera pas entendus, là on aura plus de poids », assure Renaud Pastorel. Se faire entendre en mettant leur santé dans la balance. Renaud Pastorel souffre de carences en vitamines depuis l’opération gastrique qu’il a subie et durant laquelle on lui a ôté les trois quarts de l’estomac. Depuis hier, aucun des deux ne prend plus son traitement. Renaud Pastorel risque se trouver en anémie sans ses cachets. Yohann Lemariey est, lui, diabétique, insuffisant rénal et atteint du spina bifida.

« Le fait d’arrêter tout ce qui est insuline peut me faire tomber dans le coma en moins de deux jours, et cela peut aggraver mon insuffisance rénale », ajoute Yohann Lemariey. « Nous, on trouve qu’elle fait bien son travail, elle approfondit les soins. Si vous avez un rendez-vous chez le spécialiste le 20, elle vous appelle le 18 pour vous le rappeler, je ne connais pas beaucoup de médecins qui prennent le temps de faire cela », continue le jeune homme.

Yohann Lemariey prend le relais en expliquant que Marie-Noëlle Rives est la seule à l’avoir écouté et à l’avoir débarrassé de ses douleurs aux intestins qu’il traînait depuis l’adolescence et que tous les autres praticiens attribuaient à des causes psychosomatiques. Tous deux n’en démordent pas « c’est elle qui nous traitera et personne d’autre », martèlent-ils d’une même voix.

Contacté hier soir, le conseil de l’Ordre des médecins du Gers n’a pas souhaité s’exprimer.

Sarkozy, « un candidat comme les autres »

Nicolas Sarkozy a hier rendu hommage à « NKM ».

Nicolas Sarkozy a hier rendu hommage à « NKM ». (Photo)

En veste décontractée et col roulé, Nicolas Sarkozy est venu prendre hier matin possession de sa maison de campagne. Un QG situé dans le 15e arrondissement, le plus peuplé de Paris. « On a choisi un quartier avec des commerçants, des habitants, un quartier où il y a de la vie, des familles », explique le président candidat. La précision n’est pas innocente : il s’agit de souligner le contraste avec le très huppé 7e arrondissement voisin, où François Hollande a installé son propre quartier général. Hollande jamais nommé, mais toujours présent à l’esprit de Sarkozy. Ainsi celui-ci annonce-t-il qu’il s’entourera d’une « équipe légère » : « Je ne veux pas d’un état-major pléthorique, pas d’une organisation où chacun aura un demi-bureau. » Sous entendu : pas comme chez Hollande…

De fait, le candidat Sarkozy n’aura qu’une seule porte-parole, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui démissionnera dès la semaine prochaine du gouvernement (ses attributions seront reprises par François Fillon). Il lui a rendu un hommage appuyé : « C’est une jeune femme qui a beaucoup d’expérience et qui a toute ma confiance. Elle incarne cette jeune génération que je souhaite voir s’engager puissamment dans la vie politique. C’est quelqu’un de ferme dans ses convictions, mais qui n’est pas agressive. À l’image de la campagne que nous voulons mener. » Un autre ancien chiraquien, Philippe Briand, assurera la trésorerie, tandis qu’un jeune préfet, Guillaume Lambert, sera directeur de campagne.

À la rencontre des Français

Nicolas Sarkozy, qui entend s’investir pleinement dans cette campagne, passera presque chaque matin à son QG. Peut-être viendra-t-il même à pied : « C’est pratique, ce n’est pas loin de chez moi. » Il a l’intention d’écumer les bistrots et les restaurants du coin, manière pour lui de renouer le contact avec les Français. « Ce sera la campagne d’un candidat comme les autres », assure-t-il. Il promet aussi de voir régulièrement les journalistes. Et il va entamer une série de grands meetings à travers la France, en commençant dès cet après-midi par Marseille.

Bref, distancé dans les sondages, le président sortant va payer de sa personne. Il veut y croire et assure que le favori de la campagne n’a jamais été le vainqueur de l’élection. Lui rappelle-t-on qu’il était tout de même le favori en 2007 ? « Je n’ai pas la même lecture que vous, réplique-t-il. Le “tout sauf Sarkozy”, c’était très puissant. » Le nouveau candidat y croit, quand une partie de son camp estime (en privé) que la partie est perdue.

Vitamine C pour Fillon et Cie

« Il est époustouflant », assure l’un de ses interlocuteurs réguliers de l’UMP. Quand Fillon, Juppé, Copé, Raffarin et quelques autres se retrouvent chaque semaine dans l’antichambre du bureau présidentiel, ils broient du noir entre eux. Après une heure de réunion, tout a changé. « En sortant, raconte l’un d’eux, on y croit… Au moins pour quarante-huit heures, le temps que la vitamine C produise son effet. » « Il sait qu’il est entouré de trouillards, alors il a besoin de les galvaniser », assure l’un de ses conseillers officieux, qui ajoute : « Il se battra jusqu’au dernier sang. Il sait qu’il peut perdre, mais, même s’il n’a que 20 % de chances de gagner, il ira jusqu’au bout. »

Pour galvaniser ses troupes, Sarkozy tente de les installer d’ores et déjà dans le second tour. D’où ce début de campagne très agressif, quoi qu’il en dise, contre François Hollande. L’espoir est aussi d’amener le candidat socialiste à s’essouffler, par exemple en sortant « une grande idée chaque semaine », comme celle du référendum, histoire de faire tourner le débat autour des propositions du président sortant. « Hollande, assure un dirigeant de l’UMP, ne supportera pas un mano à mano pendant deux mois. » Voilà bientôt un an que les responsables de la droite pronostiquent l’effondrement de Hollande. Avec l’entrée dans l’arène de Sarkozy, ils veulent croire que cette prévision va finir par se réaliser.

Pour Marine Le Pen, “toute” la viande vendue en Ile-de-France est “halal”

Marine Le Pen relance la polémique sur la viande halal

Marine Le Pen relance la polémique sur la viande halal (AFP)

Marine Le Pen a annoncé samedi à Lille, lors de sa convention présidentielle, sa volonté d’engager une procédure judiciaire pour "tromperie sur la marchandise" en assurant que "toute" la viande vendue en Ile-de-France est "halal".

"J’ai mandaté nos avocats pour engager une procédure à l’encontre de quelques grandes enseignes de la grande distribution en Ile-de-France pour tromperie sur la marchandise", a déclaré la présidente du FN, qui a réuni les journalistes de presse écrite pour faire cette annonce.

"Il s’avère que l’ensemble de la viande qui est distribuée en Ile-de-France, à l’insu du consommateur, est exclusivement de la viande halal. Cette situation est une véritable tromperie, le gouvernement est informé de cette situation depuis des mois", a-t-elle ajouté, assurant détenir des "preuves". "Tous les abattoirs d’Ile-de-France vendent du halal, sans exception. Que du halal", a-t-elle insisté.

Elle a précisé vouloir déposer une plainte avec constitution de partie civile pour qu’un juge d’instruction soit saisi, ce qui pourrait déboucher sur une enquête de plusieurs mois.

Interrogée pour savoir si elle espérait relancer sa campagne avec cette initiative à deux mois de la présidentielle, elle a répondu: "C’est une manière de montrer aux Français qu’ils sont méprisés dans leur propre pays".

Elle a ajouté qu’elle comptait "faire condamner cette tromperie et obliger à informer les consommateurs sur la viande qu’ils achètent".

"Le fait que tout le monde soit obligé de se soumettre à une exigence alimentaire issue d’une religion, dont je persiste à dire qu’elle reste tout de même nouvelle, est quelque chose qui est profondément inadmissible et scandaleux", a-t-elle déclaré.

Marine Le Pen avait déjà lancé une polémique sur les Quick halal début 2010.
 

Présidentielle : Marine Le Pen veut mettre un carton rouge à Nicolas Sarkozy

A la manière d'un arbitre, Marine Le Pen a demandé l'expulsion du président en exercice

A la manière d’un arbitre, Marine Le Pen a demandé l’expulsion du président en exercice (AFP PHILIPPE HUGUEN)

Marine Le Pen a brandi un "carton rouge" à Nicolas Sarkozy dimanche lors de son meeting à Lille, appelant les électeurs à "sanctionner" le chef de l’Etat dès le 1er tour.

"Peuple de France, mettez à Nicolas Sarkozy un carton rouge !", a lancé la présidente du FN, brandissant elle-même un petit carton de cette couleur. Les 2 000 sympathisants frontistes présents dans la salle ont fait de même et ont brandi de petits cartons rouges devant les caméras qui retransmettaient le discours en direct sur des chaînes d’information en continu. Nicolas Sarkozy devait tenir à son tour un grand meeting à Marseille dimanche après-midi.

"Expulsez-le définitivement du terrain", a-t-elle ajouté, avant que la foule, électrique, ne se mette à crier : "Dehors ! Dehors ! Dehors !".

"N’y aurait-il donc plus dans notre pays aucun sens de l’honneur (…) plus de capacité d’indignation face au mensonge (…) pour que certains envisagent encore de donner leur voix à Nicolas Sarkozy ?", avait demandé peu avant la présidente du parti d’extrême droite.

Au chef de l’Etat, elle a attribué le titre de "président" de la "petite minorité" qui s’enrichit de la crise.

"Le candidat des puissants est devenu par un coup de baguette médiatique le candidat du peuple", c’est l’"ultime marque de mépris d’une présidence ratée", a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen était entrée sur le podium peu avant le visage éclairé d’un large sourire, bras ouverts comme pour embrasser la foule présente.

"Je suis la voix du peuple, la voix de notre peuple", a-t-elle affirmé, avant que la foule, munie de nombreux drapeaux bleu blanc rouge n’entonne les "Marine présidente".

Dopée aux mètres carrés

La Charente affiche 1,83 m2 de surface commerciale par habitant.

La Charente affiche 1,83 m2 de surface commerciale par habitant. (Photo archives Isabelle Louvier/ « Sud ouest »)

Bienvenu en Charente, son cognac, sa BD et ses zones commerciales. Ce pourrait être un nouveau slogan pour vendre le département. Car s’il est un secteur où la Charente peut gonfler ses muscles de championne, hors l’export de cognac, c’est bien en densité commerciale. Le fait n’est pas nouveau, mais la tendance s’amplifie alors que, démographiquement, le département stagne, vieillit, et que le salaire moyen n’y est pas connu pour atteindre des sommets.

Aujourd’hui, la Charente affiche 1,83 m2 de surface commerciale (1) par tête, contre 0,90 m2 en moyenne nationale. Au total, le département peut afficher 623 000 m3 dont 80 % de grandes surfaces, avec une prédominance des grandes surfaces spécialisées, et une forte concentration entre Touvre et Charente, a rappelé l’association Aspect (1), épaulée par la CCI d’Angoulême, lundi dernier, en préambule à son assemblée générale.

Les statistiques fournies ce jour-là, et que nous citons, proviennent de l’Insee et pour certaines des bilans de la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC), systématiquement saisie dès que la demande (installation ou agrandissement) concerne un établissement qui dépasse les 1 000 m2. En dessous de cette taille, depuis 2008, nul besoin d’autorisation.

Passage au galop

Ce qui inquiète – le mot est faible – la CCI et les adhérents de l’association Aspect, c’est que la course aux mètres carrés ne s’arrête pas, on peut même observer un passage au galop ces dernières années.

Entre 2002 et 2008, 132 000 m2 supplémentaires de surface commerciale avaient été autorisés. Entre 2008 et 2010, plus de 54 000 m2 supplémentaires ont été autorisés par la CDAC, dont 42 000 m2 pour les seules années 2009-2010.

Et ce n’est pas terminé. « Si tous les projets se réalisent, on va passer à un ratio de 2,1 m2 par habitant», indiquait lundi Philippe Lhomme.

Cette projection tient compte de toutes les tranches de la zone des Montagnes Ouest (un total de 130 000 m2 de surfaces commerciales sur 35 ha), dont une tranche de 25 000 m2 (17 780 m² de surface de vente) a déjà reçu le feu vert de la CDAC, ainsi que le multiplexe CGR, qui se trouve dans une autre tranche. Pour comparaison, Champniers, aujourd’hui, représente 74 000 m2.

La projection englobe aussi la livraison, prévue à l’horizon 2014, de la ZAC (Zone d’aménagement concerté) du Mas de la cour-Bellevue, à Châteaubernard, qui doit s’étendre sur 40 ha, et osciller entre 100 000 et 150 000 m2, soit une ZAC « plus grande que celles des Montagnes, à Champniers », a souligné la société d’économie mixte Territoires Charente, choisie dans les deux projets comme aménageur du site.

En Angoumois, l’espoir Scot

Cette course aux mètres carrés va-t-elle finir par s’arrêter ? La CCI (Chambre de commerce et d’industrie) tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs années, sans effet. Il ne faut pas espérer en tout cas que le coup de frein vienne de la CDAC, car depuis la réforme de 2008, son équilibre interne est modifié. Si elle comprenait auparavant six membres dont un représentant de la CCI, un de la Chambre de métiers et un des consommateurs, qui pouvaient faire contrepoids, aujourd’hui, elle comprend cinq élus et trois personnalités qualifiées choisies par le préfet.

Pour ce qui concerne l’Angoumois, toutefois, comme l’a souligné l’élu François Bonneau, lundi dernier, l’instauration du Schéma de cohérence territoriale (Scot) sur 37 communes devrait avoir une influence. Il a noté « une course contre la montre entre le désir de Champniers d’obtenir les autorisations et l’élaboration du Scot. Les conclusions du Scot [appliquées en 2003] seront très importantes sur le projet » d’extension de la zone des Montagnes.

(1) La surface commerciale, contrairement à la surface de vente, engloble certains espaces (stockage, etc.) qui ne sont pas consacrés à la vente.

Menaces sur la piscine

Les organisations syndicales CFDT Interco, FO, Sud et CGT se sont réunies, hier matin, pour examiner la problématique posée par les piscines paloises.

Elles revendiquent pour l’ensemble des installations « des garanties en terme de santé publique pour les agents et les usagers. Que la médecine professionnelle prenne ses responsabilités y compris en faisant des études épistémologiques sur les agents ».

En cause notamment, le projet de réouverture de la piscine Péguilhan fermée depuis le 2 février. Une fermeture qui occasionne au passage un ras-le-bol des enseignants et des parents.

La mairie envisage la reprise des activités dès ce vendredi même si Guillaume Descorps, conseiller municipal chargé des installations sportives, pondère. « Une réunion se tient jeudi avec les équipes en charge des travaux et concernés par les défauts de construction. Ce n’est qu’à l’issue de cette rencontre que nous prendrons la décision d’ouvrir ou non. »

Droit de retrait

Pour les syndicats, la réouverture de Péguilhan « est conditionnée par la présentation » de garanties. Ils appellent « tous les agents à faire valoir leur droit de retrait dans le cas contraire. Une éventuelle réouverture n’est pas envisageable dans l’immédiat. »

L’Intersyndicale revendique dans l’immédiat : « La mise à niveau technique des installations (carrelage, pente, chauffage et ventilation, procédures sanitaires et hygiène, points d’eau…), avant toute réouverture ; la mise à disposition sans délai du matériel et des équipements nécessaires : auto-laveuse, poste informatique (mise en réseau), véhicule(s) de service ou moyen de déplacement ; en termes de personnels, pour l’ensemble des équipements nautiques actuels : trois postes de personnel d’entretien, un poste d’agent d’accueil afin de garantir la présence de personnel municipal lors de l’ouverture des équipements, un poste de mécanicien (non remplacé suite à un départ à la retraite), la titularisation des éducateurs sportifs vacataires, et le réexamen de la situation des anciens vacataires, l’abandon des procédures disciplinaires découlant de la situation catastrophique des installations et de l’organisation du service ; pour l’avenir : […] un engagement ferme sur la gestion en régie directe du futur complexe nautique. »

En ce qui concerne ce dernier point et afin d’éviter « le renouvellement des erreurs constatées », elles demandent la réunion d’une table ronde avec les organisations syndicales et les personnels concernés pour examiner le projet et permettre, enfin, la prise en compte des propositions et remarques des agents sur leur outil de travail. »

Les organisations syndicales ont décidé de montrer les dents suite à l’hospitalisation d’au moins un agent intoxiqué depuis la rentrée par les chloramines. Le problème du taux de chloramines dépassés n’est pas nouveau à la piscine du Cami-Salié. Les travaux de rénovation qui ont coûté la bagatelle de 2 millions d’euros étaient censés y remédier.

Elles regrettent également que depuis la réouverture de Péguilhan fin août 2011, deux jours de fermeture du bassin ont été nécessaires suite à ces problèmes de chloramines et qu’aucune information n’a été faite au personnel. La crise est au plus haut entre les 30 agents affectés aux piscines, pour la plupart syndiqués, alors que le public n’a jamais autant fréquenté la piscine Péguilhan.

Le dernier salon ou l’on écoute

Céline Dubernard et Lætitia Cantet entourent Joëlle.

Céline Dubernard et Lætitia Cantet entourent Joëlle. (Photo N. P.)

Le joli salon de coiffure situé au 53 rue Saint-James accueil une clientèle traditionnelle mais aussi des femmes, des hommes et des enfants qui bien souvent, à l’annonce ou à la suite d’une chimiothérapie viennent consulter Céline Dubernard et Lætitia Cantet dans le choix délicat d’une prothèse capillaire.

« La perte des cheveux est le premier coup qu’assène la maladie, une véritable atteinte à l’identité du patient », déclare Lætitia. « Nous répondons aux questions que les clientes n’ont pas posé aux équipes médicales : quand les cheveux tomberont-ils, pourquoi, en combien de temps et quand repousseront-ils », ajoute Céline.

La qualité d’écoute laisse deviner chez ces coiffeuses atypiques un parcours ponctué par l’expérience de la maladie. Il faut parfois convaincre qu’il faut mieux ôter des cheveux clairsemés, des moments crus entre soin médical et soin de soi. La moyenne d’âge de la clientèle est de trente ans. « Nous faisons beaucoup de prévention, insistant sur l’importance d’un bon suivi, la détection de la maladie se fait souvent lors d’un contrôle de routine », insistent-elles. Les échanges sont riches, et beaucoup de clientes restent fidèles au salon une fois guérie comme Joëlle, venue se faire coiffer et qui déclare pétillante : « la maladie m’a aussi appris à accepter à ce que l’on prenne soin de moi. « Celles qui s’en sont sorties encouragent celles qui viennent d’apprendre leur maladie. Les astuces pour supporter les effets secondaires fusent.

Céline et Lætitia se déplacent à domicile et dans les hôpitaux. Elles épaulent les clients dans les démarches administratives. La gamme de prix s’étend de 125, équivalent de la prise en charge par la sécurité sociale, à 900 euros. Le salon Wigs est en Aquitaine la seule alternative aux instituts de prothèses.

Interdit, le rapport sur l’argent des syndicats fait des vagues

Nicolas Perruchot, député centriste. Son rapport est officiellement inexistant

Nicolas Perruchot, député centriste. Son rapport est officiellement inexistant (JEAN-FRANCOIS MONIER)

C’est un texte de 229 pages qui n’aurait dû sortir du coffre-fort de l’Assemblée nationale qu’en 2042. Rejeté par les députés à l’automne dernier (une première sous la Vè République), le rapport de la commission parlementaire sur le financement des syndicats et du patronat rédigé par le député centriste Nicolas Perruchot est officiellement « inexistant ». Et sa publication, « interdite », malgré la demande de plusieurs organisations (CGT, CFDT, CFE-CGC, Medef…), soucieuses de lever le voile de la suspicion que n’a pas manqué de jeter cette mise au secret sur le sulfureux rapport.

Sa divulgation jeudi par Lepoint.fr puis par la CFDT « pour mettre fin aux accusations infondées à son encontre » a d’ores et déjà suscité des questions. « Nous nous étonnons de cette coïncidence qui fait que ce rapport soit publié au lendemain de l’allocution du président de la République, qui considère que les syndicats sont un obstacle aux réformes qu’il met en œuvre », a réagi la CGT.

Opacité des financements

Reste que l’opacité des financements des syndicats demeure un tabou historique nourri par quelques scandales retentissants. Citons l’affaire de la caisse noire de la puissante organisation patronale l’Union des industries et métiers de la métallurgie (toujours à l’instruction) dont les fonds auraient pu rejaillir sur des décideurs mais aussi sur d’autres organisations syndicales (ce qu’elles contestent), mais aussi celle du chauffeur de Marc Blondel, cité dans l’affaire des emplois fictifs de Paris, et, plus récemment, le scandale du CE de la RATP étrillé par la Cour des comptes.

Émiettement

Si le rapport Perruchot ne contient pas de révélations fracassantes, son contenu aussi sévère pour le patronat que pour les syndicats a le mérite de fournir une vue d’ensemble sur la vie financière de ces organisations piliers de la représentation des travailleurs dans les instances sociales. Une vue forcément à prendre avec des pincettes en l’absence de documents certifiés balayant l’ensemble de la question.

Car si seulement 8 % des salariés sont syndiqués, le monde syndical se caractérise par un émiettement des structures. Selon le rapport, la CGT rassemble à elle seule 30 000 entités. La CFDT compte quant à elle 1 323 syndicats professionnels. Un émiettement garant de la liberté syndicale et de l’action de terrain mais qui ne facilite pas l’exercice comptable, précise le rapport.

Depuis 2010, les syndicats sont astreints à la publication de leurs comptes. Ce qui a permis à l’enquête de se fonder sur une base documentaire qui n’existait pas depuis la création des syndicats en 1884 par la loi Waldeck Rousseau. Néanmoins, il manque encore les comptes de FO et l’Union nationale des professions libérales. Quant à la FNSEA, elle a remis la publication du bilan comptable à l’année prochaine.

La FNSEA maîtresse des chambres

 

Une « confusion des genres assez troublante ». C’est ainsi que le rapport Perruchot analyse la mainmise de la puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et du Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA) sur les Chambres d’agriculture. Ceux-ci représentaient en 2010, lors des dernières élections aux Chambres d’agriculture, 1 507 mandats sur 1 868. « L’adhésion à ce syndicat se trouverait encouragée par la position qu’il occupe dans les différentes instances locales chargées de promouvoir l’installation des agriculteurs, certains allant jusqu’à affirmer que des aides seraient subordonnées à une souscription de cotisation », indique le rapport. « Sans adhésion à la FNSEA ou aux JA, il est difficile d’obtenir des prêts », témoigne un agriculteur auditionné. Et de poursuivre : « Dans certaines Chambres d’agriculture, le conseiller juridique suggère d’abord à l’agriculteur de prendre sa carte à la fédération départementale, la FDSEA. Bien sûr, de telles conditions ne sont jamais exposées par écrit. »

D’autre part, « le contrôle de ces instances confère aux organisations d’exploitants majoritaires une position stratégique […] pour l’accès aux moyens du réseau, qui s’élèvent à quelque 500 millions d’euros. De fait, la FNSEA et le Centre national des jeunes agriculteurs exercent une influence sans partage sur le réseau. Au total, les Chambres d’agriculture apportent donc bel et bien un concours matériel substantiel aux FDSEA, sans que ces subventions déguisées se trouvent valorisées dans les comptes. Les autres organisations ne bénéficient visiblement pas des mêmes avantages du fait de leur situation minoritaire. »

Pau : la piscine Péguilhan n’ouvre pas vendredi

Entièrement rénovée, la piscine Péguilhan connaît des problèmes de chloramines

Entièrement rénovée, la piscine Péguilhan connaît des problèmes de chloramines (Thierry Suire)

La piscine Péguilhan n’ouvrira pas ce vendredi ni samedi ni dimanche. Fermée depuis le 2 février 2012, cette piscine municipale du nord de Pau, entièrement rénovée connaît des problèmes de chloramines.

Un agent avait même été hospitalisé suite à des émanations au-dessus du seuil toléré. Les syndicats des personnels ont unanimement dénoncé mardi le projet d’ouverture « précipité sans garantie » sur la résolution des problèmes techniques et de personnels.

Un laser puissant traite l’adénome de la prostate

Chef du service urologie du Centre hospitalier de Saintonge, le docteur Damien Emeriau tient une fibre laser utilisée dans ce nouveau traitement de l'hypertrophie de la prostate.

Chef du service urologie du Centre hospitalier de Saintonge, le docteur Damien Emeriau tient une fibre laser utilisée dans ce nouveau traitement de l’hypertrophie de la prostate. (PHOTO D. P.)

En se lançant dans la technique de vaporisation de la prostate par énergie laser, le service urologie du Centre hospitalier de Saintonge demeure à la pointe de la technologie. Il avait installé, en 2008, un lithotripteur fixe, générateur à ondes de choc détruisant les calculs rénaux, et promu, l’année suivante, un nouveau mode de traitement du cancer localisé de la prostate avec un appareil détruisant les lésions par des ultrasons d’une autre intensité.

Depuis décembre dernier, l’équipe d’urologues, conduite par le docteur Damien Emeriau dispose d’un laser Green Light (R), qui lui permet de traiter l’hypertrophie bénigne de la prostate dans des conditions d’intervention moins lourdes, tant pour l’hôpital que pour le patient.

Un grossissement naturel

Mesdames et, surtout, messieurs, prenons, d’abord, un cours de… prostate avec le docteur Emeriau : « Petite à la naissance, la prostate se développe, chez l’homme, jusqu’à la puberté. Son volume se stabilise à l’âge adulte mais elle tend à augmenter à nouveau à partir de 40 ans. Deux tiers des hommes de plus de 50 ans souffrent des conséquences de ce grossissement naturel de leur prostate, occasionnant notamment une gêne pour uriner. »

L’hypertrophie bénigne de la prostate est une manifestation naturelle liée à l’âge ; il s’agit donc d’une tumeur bénigne qui n’a rien à voir avec le cancer de la prostate.

N’empêche que cette « mandarine » qui grossit – le docteur Emeriau apprécie beaucoup les agrumes ! – peut s’avérer gênante. Lorsque le trouble est diagnostiqué par l’urologue, ce dernier propose d’abord un traitement médicamenteux. Lorsque cette prise de médicaments ne suffit pas, le recours à la chirurgie s’avère indispensable.

Les techniques existantes

L’intervention par les voies naturelles, via le canal urinaire, demeure la plus couramment pratiquée. On l’appelle la résection trans-urétrable de la prostate. Très efficace, cette technique n’est pas dénuée de complications, notamment de risques de saignements.

Lorsque la prostate est très volumineuse, l’urologue doit pratiquer une chirurgie ouverte afin de retirer la partie centrale de la prostate, responsable de l’obstruction. « Cette chirurgie expose, elle aussi, à des risques de saignements et de complications », indique le docteur Emeriau.

L’avantage du laser

Invention à porter au crédit d’Albert Einstein (en 1917), la technique du laser vient désormais au secours des urologues, en se substituant à la chirurgie intrusive lourde. Voilà de quelle façon…

D’une puissance de 180 watts, le laser Green Light (R) attaque l’hypertrophie de la prostate – appelée aussi adénome – en vaporisant le tissu touché sur une faible épaisseur, sur quelques millimètres seulement. Cette vaporisation entraîne peu d’inflammation et peu d’œdème immédiat. Elle coagule instantanément les vaisseaux, empêchant tout saignement.

Cette absence de saignement réduit le recours à la sonde dans la verge après l’intervention. Soit le patient n’en aura pas besoin, soit elle lui sera mise en place pour une durée très courte, de douze à quarante-huit heures.

L’hospitalisation postopératoire s’en trouve réduite : un à trois jours contre cinq à dix jours, en moyenne, avec les techniques classiques de chirurgie endoscopique. « Le traitement par laser s’avère donc particulièrement adapté pour les patients fragiles ou pour ceux prenant des anticoagulants », détaille le docteur Emeriau.

« Nous faisons des envieux »

Autre avantage, le retour à une activité physique, sociale et professionnelle normale dans des délais très rapides alors qu’une convalescence pouvant aller jusqu’à trois semaines est prescrite lors d’un traitement par chirurgie ouverte.

Le Centre hospitalier de Saintonge est le premier, en Poitou-Charentes, à disposer d’un laser Green Light (R). « Nous faisons des envieux ! », sourit le chef du service urologie. En France, 40 hôpitaux utilisent, depuis 2010, cette technique de la vaporisation par énergie laser. « 72 % des patients traités quittent l’hôpital le lendemain de l’opération », indique encore le docteur Emeriau.

À Saintes, 23 hommes ont bénéficié, depuis janvier, de cette technique efficace mais encore coûteuse. La fibre laser utilisée pour chaque patient est, en effet, à usage unique.