
Maurice Levy, patron de Publicis (photo IP3 PRESS/MAXPPP Christophe Morin)
Peut-on parler de polémique sur les rémunérations de Maurice Levy, président de Publicis, qui devrait toucher 16 millions d’euros en 2012 ?
Oui, estime l’entourage du candidat PS à la présidentielle François Hollande, qui estime que "Maurice Lévy confirme la pertinence de sa proposition en matière de lutte contre les rémunérations excessives, à savoir l’imposition à 75% de toutes sommes perçues au-delà de 1 million d’euros par an".

Oui et non, selon la Tribune.fr, qui a révélé le montant de cette indemnité en précisant qu’il s’agissait de "rémunérations différées" pour ce dirigeant qui a choisi de renoncer à la part fixe de son salaire tout en obtenant que le plafond en soit rehaussé de 3,6 à 5 millions d’euros par an.
Non, si l’en en croît le ministre des Finances François Baroin, qui justifie sur BFM Business la rémunération de "cet immense capitaine d’industrie" tout en reconnaissant que "ça tombe mal, parce que l’opinion est chauffée à blanc et que nous sommes en pleine présidentielle." (à 20’28")
Les plus libéraux parmi les lieutenants de Nicolas Sarkozy ont du mal à justifier la rémunération de Maurice Lévy. Ils ont beau rappeler que le président de Publicis n’est pas un trader qui spécule sur l’argent des autres, qu’il s’agit du fruit de son travail et d’objectifs professionnels tenus, qu’il ne s’agit en aucun cas d’un parachute doré ou d’une indemnité de départ, la pilule passe mal. Car le président candidat lui-même assure vouloir "combattre" les "rémunérations choquantes" et "exorbitantes", "dans la finance ou ailleurs", tout en affirmant que ce bonus avait été voté par des actionnaires "qui ont le cœur à gauche."
Le cas de Maurice Levy est, il est vrai, atypique. Ce grand patron fait partie de ceux qui, dans la lignée de l’américain Warren Buffet en août dernier, s’était exprimé en faveur d’une "contribution exceptionnelle des plus riches, des plus favorisés, des nantis" en période de crise. Paradoxalement, il fut l’un des premiers à monter au créneau après l’annonce, par François Hollande, d’un taux marginal d’imposition de 75 % pour les très hauts revenus, passé un million annuel par an, qui va selon lui "nuire à la compétitivité"
Tout celà amène La Tribune à poser la question : "Acte manqué ? Bourde ? Bonne foi déconcertante ?", en tous cas faute de communication pour le patron de Publicis. En laissant ainsi fuiter le montant des sommes qui doivent lui être versées, quelque soit le bien fondé de son montant, il a ouvert une voie royale à toute les critiques sur la rémunération des Patrons du CAC 40. "Quand on sait que Maurice Lévy, le patron de Publicis, va toucher un bonus de 16,3 millions d’euros, il y a quelque chose d’insupportable", déclarait mercredi Eva Joly, candidate EELV à la présidentielle, face aux lecteurs de "Sud Ouest"
Taquins, les journalistes de La Tribune ont fait pour lui le calcul de sa future imposition, en fonction de la personnalité du futur locataire de l’Elysée. Ses 16 millions seraient imposés à hauteur de 7,2 millions en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, de 12 millions ou 12,6 millions en cas d’accession de François Hollande à la fonction présidentielle.




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