16 millions d’euros pour Maurice Levy : une faute de com’ pour le patron de Publicis ?

Maurice Levy, patron de Publicis

Maurice Levy, patron de Publicis (photo IP3 PRESS/MAXPPP Christophe Morin)

Peut-on parler de polémique sur les rémunérations de Maurice Levy, président de Publicis, qui devrait toucher 16 millions d’euros en 2012 ?

Oui, estime l’entourage du candidat PS à la présidentielle François Hollande, qui estime que "Maurice Lévy confirme la pertinence de sa proposition en matière de lutte contre les rémunérations excessives, à savoir l’imposition à 75% de toutes sommes perçues au-delà de 1 million d’euros par an".

Oui et non, selon la Tribune.fr, qui a révélé le montant de cette indemnité en précisant qu’il s’agissait de "rémunérations différées" pour ce dirigeant qui a choisi de renoncer à la part fixe de son salaire tout en obtenant que le plafond en soit rehaussé de 3,6 à 5 millions d’euros par an.

Non, si l’en en croît le ministre des Finances François Baroin, qui justifie sur BFM Business la rémunération de "cet immense capitaine d’industrie" tout en reconnaissant que "ça tombe mal, parce que l’opinion est chauffée à blanc et que nous sommes en pleine présidentielle." (à 20’28")

Les plus libéraux parmi les lieutenants de Nicolas Sarkozy ont du mal à justifier la rémunération de Maurice Lévy. Ils ont beau rappeler que le président de Publicis n’est pas un trader qui spécule sur l’argent des autres, qu’il s’agit du fruit de son travail et d’objectifs professionnels tenus, qu’il ne s’agit en aucun cas d’un parachute doré ou d’une indemnité de départ, la pilule passe mal. Car le président candidat lui-même assure vouloir "combattre" les "rémunérations choquantes" et "exorbitantes", "dans la finance ou ailleurs", tout en affirmant que ce bonus avait été voté par des actionnaires "qui ont le cœur à gauche."

Le cas de Maurice Levy est, il est vrai, atypique. Ce grand patron fait partie de ceux qui, dans la lignée de l’américain Warren Buffet en août dernier, s’était exprimé en faveur  d’une "contribution exceptionnelle des plus riches, des plus favorisés, des nantis" en période de crise. Paradoxalement, il fut l’un des premiers à monter au créneau après l’annonce, par François Hollande, d’un taux marginal d’imposition de 75 % pour les très hauts revenus, passé un million annuel par an, qui va selon lui "nuire à la compétitivité"

Tout celà amène La Tribune à poser la question : "Acte manqué ? Bourde ? Bonne foi déconcertante ?", en tous cas faute de communication pour le patron de Publicis. En laissant ainsi fuiter le montant des sommes qui doivent lui être versées, quelque soit le bien fondé de son montant, il a ouvert une voie royale à toute les critiques sur la rémunération des Patrons du CAC 40. "Quand on sait que Maurice Lévy, le patron de Publicis, va toucher un bonus de 16,3 millions d’euros, il y a quelque chose d’insupportable", déclarait mercredi Eva Joly, candidate EELV à la présidentielle, face aux lecteurs de "Sud Ouest"

Taquins, les journalistes de La Tribune ont fait pour lui le calcul de sa future imposition, en fonction de la personnalité du futur locataire de l’Elysée. Ses 16 millions seraient imposés à hauteur de 7,2 millions en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, de 12 millions ou 12,6 millions en cas d’accession de François Hollande à la fonction présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon : “Si Hollande est affaibli, il ne l’est que par lui-même”

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon (AFP PASCAL GUYOT)

élection présidentielle

"Pourquoi le troisième homme ?" La remarque est signée de l’intéressé : Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche que les sondages installent désormais sur la troisième marche du podium de cette présidentielle.

En effet, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pourquoi rester aux portes du second tour, quand les sondages
vous annoncent des courbes ascensionnelles capables autant d’effrayer le PS que de rassurer l’UMP ? Et pourquoi pas l’aube d’un nouveau destin ?

En attendant le verdict de ce premier tour, c’est un homme pleinement convaincu qui a répondu jeudi, depuis son QG de campagne,en région parisienne, aux internautes de Sudouest.fr. Convaincu de pouvoir ramener la retraite à 60 ans, de pouvoir augmenter le SMIC et, plus généralement de pouvoir partager les richesses. Convaincu aussi que le discours et la campagne de François Hollande manquent  de… convictions.

D’ailleurs quand les internautes lui demandent s’il n’a pas l’impression d’être le meilleur "allié" de Nicolas Sarkozy, il répond sans détour : " Je pense que si Hollande est affaibli, il ne l’est par personne d’autre que par lui-même, car nous faisons progresser le" total gauche" comme chacun peut le voir. A l’inverse, je pense que l’attitude fermée et les propos méprisants des socialistes diminuent la capacité de rassemblement au deuxième tour."

Et d’appuyer : "Je suis le mieux placé pour rassembler la gauche. Si on veut libérer la gauche républicaine et radicale de l’hégémonie du Parti socialiste, il faut me placer en tête au premier tour."

Sauf qu’à moins d’un mois du premier acte, s’il n’a jamais été aussi populaire, cette percée arrive sans doute un peu tard pour le voir dépasser le candidat du PS. Dès lors, Jean-Luc Mélenchon ne joue-t-il pas de sa nouvelle position sur les sommets pour faire monter les enchères ? Les spéculations vont d’ailleurs bon train sur les conditions de son ralliement à François Hollande au second tour.

Mais qu’importe ces chuchotis: le candidat du Front de gauche le répète, il est hermétique aux sirènes lui offrant les dorures des palais de la République : "Je ne participerai à aucun gouvernement que celui que je dirige. Je crois que ce gouvernement du Front de gauche, dans un délai que je ne peux prévoir, est inéluctable. Je crois que l’insurrection citoyenne est commencée, que la révolution citoyenne aura lieu. Et je n’échangerai rien de tout cela contre un plat de lentilles et un strapontin."

Se tenir à distance serait donc le meilleur moyen de préparer l’avenir ? Et une nouvelle candidature pour 2017? Il s’en défend catégoriquement. Son avenir se joue maintenant. Dans ses meetings où l’on se presse. Dans ce QG de campagne si atypique : l’Usine, une ancienne fabrique de chaussures, située à deux pas de la mairie des Lilas.

Toutefois, s’il ne veut pas d’un ministère au lendemain du 6 mai, Jean-Luc Mélenchon ne ferme pas pour autant la porte à une entente avec le PS. A la condition que le camp Hollande trouve la clé. "Notre objectif est la révolution citoyenne, rappelle Jean-Luc Mélenchon. Son préalable est que M. Sarkozy soit battu. Nous n’avons pas besoin d’aller signer des parchemins avec M. Hollande qui ne le veut pas, pour savoir ce que nous avons à faire. Il y a longtemps que les électeurs n’écoutent plus les consignes des chefs. Celui qui arrive en tête doit se donner la peine de convaincre sans espérer le confort de contraindre."

Une dernière formule qui, à n’en pas douter, plaira à François Hollande. N’est-il pas le candidat de toutes les synthèses ? Même les plus improbables.Ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon qui dira le contraire. Et s’ils étaient faits pour s’entendre ?

Avec les lecteurs de Sud Ouest

Jeudi, Jean-Luc Mélenchon a rencontré cinq lecteurs de Sud Ouest à son QG de campagne en région parisienne. Un entretien que vous pourrez retrouver intégralement dans votre quotidien demain samedi.

Pour Max Brisson, Sarkozy « arrivera en tête » au Pays basque

Max Brisson.

Max Brisson. (Photo jean-daniel chopin)Jean Castaings avec le PS

L’ancien président UMP du Conseil général a voté le budget de la nouvelle majorité de gauche. « C’est regrettable. C’est une position personnelle. L’UMP ne mérite pas cela, il a toujours soutenu Jean Castaings. »

Sarkozy à Bayonne…

« La colère est passée, mais la déception est grande. Si la journée s’était passée dans une autre ambiance, on aurait plus entendu parler des déclarations importantes de Nicolas Sarkozy sur les prisonniers, sur la gouvernance du Pays basque. »

… les réactions qui ont suivi

Michèle Alliot-Marie (pas nommée hier soir) a fait un amalgame entre Batera et ETA. « Je ne fais pas le lien entre indépendantistes et terroristes. Dans l’ambiance qui a régné, il y a eu des propos excessifs de part et d’autre. »

Rencontre d’Itxassou

Dans un échange avec un paysan, Nicolas Sarkozy a désigné le patrimoine terrien de son interlocuteur pour signifier des moyens confortables. « Ces agriculteurs ont dit franchement leur souffrance et Nicolas Sarkozy leur a répondu franchement. Ce n’était peut-être pas la meilleure de ses formules. […] Mais Nicolas Sarkozy arrive en tête des sondages chez les agriculteurs. Et je suis certain qu’il arrivera en tête du premier tour dans le Pays basque. »

Législatives.

« L’UMP a investi Michèle Alliot-Marie sur la 6e circonscription, Jean Grenet sur la 5e et a suspendu sa décision dans la 4e où le Modem présente Jean Lassalle. Nous attendons de voir quelle majorité se dessine au plan national avec quelle opposition. »

Avec le Modem et Bayrou

« Nous travaillons depuis longtemps avec François Bayrou et les centristes. François Bayrou a été ministre d’un gouvernement de droite. Je travaille avec Jean-Jacques Lasserre et Forces 64, les conseillers généraux centristes ont été élus par des voix de droite et du centre. »

Langue basque

« Je pense participer à la marche pour les langues régionales samedi. J’ai peut-être un problème d’horaire : je veux aller voir gagner le BO à Aguilera. Mon engagement sur la langue basque est connu. Je souhaite une loi sur les langues régionales. Et je rappelle que Nicolas Sarkozy a inscrit les langues régionales dans la constitution. »

Institution Pays basque

« Un formidable travail est engagé par le Conseil des élus et le Conseil de développement. Il y a aussi celui de Jean-Pierre Massias, très important. Il faut mener ce travail jusqu’au bout et trouver un accord partagé. Peut-être autour d’une collectivité à statut particulier. En tout cas, d’une configuration qui fasse consensus. Je ne parle pas d’unanimité des élus, mais une large majorité. »

Présidentielle : “Jean-Luc Mélenchon donne l’envie d’en être”

Maryse Dellac : « C'est sûr. On battra la droite au deuxième tour ».

Maryse Dellac : « C’est sûr. On battra la droite au deuxième tour ». (Photo Philippe bataille/« sud ouest »)

élection présidentielle

Elue municipale à Auch, militante du Parti communiste français (PCF) depuis 1974, Maryse Dellac repart au combat politique. Elle avait déjà été candidate aux législatives en 2007, sur la deuxième circonscription. La voici en lice sur la première, sous la bannière du Front de gauche.

« Sud Ouest ». Est-ce que le fait d’être candidate du Front de gauche, et non plus du PCF, change quelque chose pour vous ?

Maryse Dellac. Non. Mais, ça permet d’élargir. La création du Front de gauche a créé une dynamique. On l’a vu aux européennes, aux cantonales, aux régionales. On le voit à nouveau aujourd’hui avec la campagne de Jean-Luc Mélenchon.

Avec l’effet « Bastille ? »

Oui, avec aussi 5 % des sondages en novembre et plus de 11 % aujourd’hui. Jean-Luc Mélenchon a un discours clair sur le partage des richesses, sur la finance, sur la vie des gens. Il répond à des attentes de propositions de ruptures. On est en train de gagner sur l’abstention. On ne peut pas nous soupçonner d’élargir sur les électeurs socialistes. Ils ont leur candidat. Je pense qu’on élargit sur les Verts peut-être, sur l’extrême gauche. En tout cas, c’est clair qu’on est dans une dynamique. 120 000 personnes à la Bastille, on n’y croyait pas. Il ne faut pas oublier qu’on attendait 30 000 personnes !

Vous espérez faire aussi bien à Toulouse le 5 avril ?

Au Capitole, on espère aussi créer l’événement. Du coup, pour nous, candidats aux législatives, l’intérêt est de porter haut et fort dès maintenant ce programme. Parce que les législatives vont arriver vite. L’impact de l’Assemblée nationale a reculé avec la façon d’exercer le pouvoir présidentiel de Nicolas Sarkozy. Il faut que le travail de l’Assemblée nationale, le travail des députés, retrouvent du crédit. D’où l’intérêt de la VIe République qu’on propose.

Est-ce Jean-Luc Mélenchon qui fait renaître l’espoir à gauche ?

Jean-Luc Mélenchon a du charis- me, il est très clair dans ses discours, il est très pédagogique. Ce que déclenche la campagne de Jean-Luc Mélenchon, c’est l’envie. L’envie de participer, l’envie d’en être. La bataille d’aujourd’hui correspond aussi à un ras-le-bol des gens. Il faut virer Sarkozy. Mais on ne donne pas un blanc-seing à celui est en face. C’est notre force. Au début de la campagne, c’était un duel Sarkozy-Hollande. On voit bien que ça évolue. J’aimerais bien que Mélenchon soit au deuxième tour. Mais je suis lucide.

Pour vous, la discipline républicaine ne fait aucun doute ?

C’est sûr. On battra la droite au deuxième tour. Mais la campagne du Front de gauche, c’est aussi participer à la construction d’une majorité à gauche. Au gouvernement et à l’Assemblée. Il ne faut jamais l’oublier. Plus, il y aura des députés du Front de gauche, plus ça pèsera sur la possibilité de mettre en place nos propositions.

Que répondez-vous aux accusations de populisme contre Jean-Luc Mélenchon ?

Pour moi, le populisme, ce n’est pas ça. C’est faire appel à des sentiments bien moins respectables. Jean-Luc Mélenchon a un parler vrai qui dérange, c’est clair, mais il s’adresse aux forces populaires, aux gens qui veulent que leur vie quotidienne change. Les gens sont en attente de propositions de rupture. Ça passe par l’augmentation des salaires, le pouvoir d’achat, la dette, la réindustrialisation, l’emploi, se dresser contre la finance, contre le pouvoir de l’argent. Ce qui s’est passé en 2008 a fait prendre conscience aux gens que, de l’argent, il y en avait en France, quand Nicolas Sarkozy a été capable de mettre 360 milliards sur la table pour renflouer les banques, alors que le discours c’était « les caisses sont vides ». De l’argent il y en a. La question c’est comment on le répartit.

Dans le Gers, quel rôle pouvez-vous jouer face à un candidat sortant socialiste fortement implanté ?

Philippe Martin est un député très présent, il défend le programme de François Hollande. On n’a pas tout à fait les mêmes propositions. En revanche, quand François Hollande parle de taxer les revenus supérieurs à 1 million d’euros, ça fait partie des propositions qui nous vont. Je pense que c’est la dynamique des propositions du Front de gauche qui fait qu’il y a des recalages. On est complémentaires. Je considère que le programme du Front de gauche est un programme vraiment à gauche, qui va changer la vie des gens.

Mais comment comptez-vous exister ?

En étant très claire. On retourne à la retraite à 60 ans à taux plein, on est contre le mécanisme européen de stabilité, on est pour le retour aux 35 heures partout alors que début février Nicolas Sarkozy a prévu une loi qui prévoit de renégocier le temps de travail dans les entreprises. On défend les services publics partout. En particulier dans le monde rural. Une école qui disparaît dans un village, c’est la mort assurée du village. On avait dans le Gers huit hôpitaux locaux. La mise en place de la loi Bachelot est en train de regrouper tous ces hôpitaux. Je considère que ce n’est pas bon pour les territoires, pour les patients.

Les entreprises du Gers rencontrent de grandes difficultés. Que comptez-vous faire ?

Cela passe par l’aide aux petites entreprises, par la fiscalité. Moins de charges sur les PME pour qu’elles puissent développer l’emploi, la formation. C’est aussi une politique agricole offensive, avec des prix rémunérateurs, des seuils maximum à la vente pour qu’il n’y ait pas une distorsion entre le producteur et les consommateurs. C’est aussi aider les jeunes agriculteurs à s’installer.

Et l’environnement ? Vous n’en parlez pas…

Mais tout est lié, c’est un ensemble. Dans le partage des richesses, dans une autre façon de maîtriser l’agriculture, l’économie, la vie, l’environnement s’y retrouve ! La malbouffe est un bon exemple. Elle est due au fait que les gens n’ont pas l’argent pour acheter des produits de qualité. On est en pleine contradiction. On est dans un département agricole qui produit des produits de qualité et les gens ne peuvent pas se les payer. Il y a des choses à remettre à l’endroit. Comme réhabiliter le parc social en faisant en sorte qu’il soit moins énergivore. Les gens auront envie d’y habiter et ils dépenseront moins d’énergie. C’est ça l’environnement.

Bourhis, au blog citoyen !

1 sur 2Pour préserver son anonymat dans le monde politique qu'il croque avec sagacité, Hervé Bourhis avance masqué.|| photo Quentin Salinier (photo Quentin Salinier )2 sur 2Pour préserver son anonymat dans le monde politique qu’il croque avec sagacité, Hervé Bourhis avance masqué. 

Peut-être l’avez-vous remarqué quelque part, caché en évidence, dissimulé dans la masse. Sans doute pas. Tant mieux, c’est le but. Hervé Bourhis prend un malin plaisir à se rendre invisible, ombre dans la foule, citoyen ordinaire au cœur de l’ordinaire citoyen, observateur parmi les électeurs. Voir sans être vu. Le principe de base du reportage en immersion.

Hervé Bourhis bat la campagne. Au sens citoyen du terme. Cet auteur bordelais – 38 ans au compteur, dont une bonne dizaine consacrés à la bande dessinée – court depuis plusieurs mois les meetings politiques en terre girondine. Il hume l’air du temps préélectoral, jauge l’orateur, tâte le pouls du militant… un diagnostic sur mesure.

L’ordonnance du Dr Bourhis ? « Meeting Blues », un blog au ton volontiers décalé, mis en ligne sur la plate-forme du Monde.fr. Un savant mélange de comptes rendus avec de vrais morceaux de vécu dedans, d’interviews de petits candidats, d’au revoir loufoques aux prétendants frappés d’« hypo -parrainage » et de playlists imaginaires des grands de ce monde. Pour l’ambiance… un condensé de Bourhis servi à la mode présidentielle.

Subjectivité assumée

Surpris ? Les habitués du bonhomme ne le sont pas. Ce dosage particulier d’information, de chronique sociale et de bouffées délirantes est pour lui comme une marque de fabrique. Sa bibliographie alterne titres pour la jeunesse, ouvrages parodiques, biopic de Boris Vian et récits du quotidien au ton souvent plus acide.

Sa véritable notoriété, il la doit cependant au « Petit Livre rock », véritable juke-box de papier, précis de musicologie autobiographique à la réjouissante subjectivité. Hervé Bourhis avait approfondi le sujet avec « Le Petit Livre des Beatles » avant de traverser le miroir et d’en transposer la formule à la politique.

Le résultat ? « Le Petit Livre de la Ve République » (1). Un pot-pourri d’histoire et d’histoires, entre la grande et la petite, dates et anecdotes destinées à rafraîchir la mémoire politique des porteurs de voix avant le prochain grand rendez-vous citoyen. « La politique me passionne, sourit Hervé Bourhis. Je savais, après le livre sur les Beatles, que le prochain serait politique. » Six mois de documentation, et presque autant d’écriture et de mise en page, ont été nécessaires. Le livre est sorti en librairie début novembre. Une satisfaction, mais aussi une grande frustration. Celle d’avoir à mettre un point final à une histoire qui, par définition, ne se termine jamais.

En campagne

« J’avais la peur au ventre en allant porter le livre chez l’imprimeur, raconte-t-il. La peur qu’il se passe quelque chose d’important entre le moment où j’en ai écrit la dernière page et celui où il paraîtrait en librairie. J’ai réussi à intégrer l’affaire DSK ! Mais j’ai raté ce moment important qu’ont été les primaires du PS. »

De cette frustration est né le blog « Meeting Blues ». Une envie d’aller plus loin. « Je souhaitais m’impliquer réellement dans cette campagne. Je me suis toujours intéressé aux élections, mais je n’avais jamais mis les pieds dans un meeting. C’est une véritable découverte pour moi ! De me rendre compte que certains sont payants, tout d’abord (rires). Je ne pensais même pas que c’était possible… Mais aussi de ressentir la ferveur des militants. »

Comment appréhende-t-il lui-même cette campagne 2012 ? « C’est très difficile à dire. Les choses évoluent très vite. La seule chose que je constate, c’est le retour d’un véritable débat droite-gauche, qui n’existait plus en 2007. Sarkozy citait Jaurès, et Ségolène Royal parlait d’identité nationale. Il y avait de quoi s’y perdre… »

Un enfer nommé Twitter

L’homme ne se pose pas en politologue. Son propos se fait cependant volontiers critique. Les parrainages de Marine Le Pen ? « Du cinéma. » La campagne de Mélenchon ? « Je l’ai raté à Talence ! Il ne voudrait pas revenir ? » Le meeting de l’UMP à Bordeaux ? « Un vrai Barnum. Un discours plus à droite que celui de Marine Le Pen… » La campagne sur Twitter ? « Terrifiant ! Je ne comprends pas comment on peut construire un discours quand tout est décortiqué dans la seconde, déformé et réinterprété. Il n’y a plus de recul possible. Et cela ne va pas aller en s’arrangeant. »

Hervé Bourhis considère le jeu électoral avec ironie et distance. Il n’en est pas pour autant dépourvu de sensibilité politique. Elle s’exprime dans son blog comme dans toutes ses œuvres. Et il ira voter. Question de principes. En attendant, il écoute, il regarde, il ressent. Et, à sa façon, il témoigne.

(1) « Le Petit Livre de la Ve République », éd. Dargaud. 160 p., 19,95 €.

Samedi prochain à Bordeaux, Hervé Bourhis sera à 16 heures en dédicace à l’Escale du livre, et à 22 heures au Wunderbar (8 rue Mauriac) avec Jérôme d’Aviau, Jimmy Beaulieu et Pierre Maurel pour un « battle de DJ » avec Total Heaven. http://bourhis.ouvaton.org.

Meeting à la Rochelle : l’UMP se dope à l’espoir

Xavier Bertrand arrive dans la salle au milieu… d'étudiants ? C'est ce que disent les banderoles, pourtant.|| Photo Xavier Léoty (Photo Xavier Léoty)1 sur 2Xavier Bertrand arrive dans la salle au milieu… d’étudiants ? C’est ce que disent les banderoles, pourtant.Sally Chadjaa applaudie par les ministres.|| Photo Xavier Léoty (Photo Xavier Léoty)2 sur 2Sally Chadjaa applaudie par les ministres. 

élection présidentielle

Ambiance habituelle de ce genre de meetings, quel que soit le parti d’ailleurs, avec un public tout acquis. Quatre cents chaises occupées dans la salle de l’Oratoire et pas mal de gens debout. A la tribune, les deux ministres UMP, les députés sortants Jean-Louis Léonard et Didier Quentin, ainsi que Sally Chadjaa et Frédéric Neveu. Ambiance peu débridée, tout de même, sauf quand les intervenants attaquent le camp adversaire, c’est-à-dire socialiste.

Et ils ont pu se réjouir les militants et les sympathisants. Sally Chadjaa, candidate dans la circonscription où se présente Ségolène Royal (La Rochelle-Ré), Dominique Bussereau, puis les ministres Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, et Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur, n’ont pas lésiné.

Royal, si « généreuse »

« Depuis quelque temps, Ségolène Royal est devenue très généreuse, constate Dominique Bussereau. Elle ne voulait pas donner de l’argent pour les digues ; elle a changé d’avis. Je pense que si la campagne durait jusqu’au mois de juillet, elle payerait aussi l’autoroute. »

Laurent Wauquiez juge « exemplaire » le combat de Sally Chadjaa face « à une candidate socialiste contestée par les militants de terrain ».

Quant à Sally Chadjaa, elle a évoqué son combat dans cette circonscription que « le Parti socialiste a choisi de brader à la candidate malheureuse du second tour de 2007. Elle ne cache pas son ambition : utiliser les habitants pour occuper le fauteuil de président de l’Assemblée nationale. Son slogan, c’est "Élysée moi à Lassay" ».

Belle et rebelle ?

Et d’ajouter : « D’ailleurs, pour représenter cette circonscription à l’Assemblée nationale, je me demande légitimement si notre ancien député-maire, Michel Crépeau, n’aurait pas préféré, face à Mme Royal, la candidate que je suis : belle, je ne me prononcerai pas, mais rebelle, ça, c’est certain ! » C’était sa soirée, à Sally Chadjaa. Elle jubilait.

Mais qu’a-t-il fait ?

Évidemment, ils ont taclé François Hollande : « Qu’a fait François Hollande qui justifie que, du jour au lendemain, on lui fasse confiance ? demande Laurent Wauquiez. En dix ans à la tête du PS, il n’a pas laissé une seule idée. François Mitterrand lui avait-il confié des responsabilités ? Lionel Jospin lui a-t-il fait confiance ? Il est président du Conseil général de Corrèze et c’est le département le plus endetté. Le pire devant nous, c’est Mélenchon. Il se nourrit de la faiblesse de François Hollande. C’est son otage. »

Pour Xavier Bertrand, la circonscription de La Rochelle-Ré accueille « tous les battus à la présidentielle. Lionel Jospin à l’île de Ré. Ségolène Royal à La Rochelle. Vous allez bientôt accueillir François Hollande. »

« La tendance s’inverse »

Sinon, et on n’en attendait pas moins en pareilles circonstances, ils ont largement soutenu Nicolas Sarkozy qui, à leur avis, a su défendre la France dans cette période tourmentée. « François Hollande ira chercher l’argent dans la poche des Français. Nous, nous porterons nos efforts sur la dépense publique. »

Ils l’avouent, le début de campagne fut laborieux. Ils avaient même l’impression que les électeurs accusaient leur candidat de tous les maux. Il paraît que, désormais, c’est bien différent. « On nous a intoxiqués pendant des mois mais, jour après jour, la tendance s’inverse. L’espoir change de camp. »

Pétrole : les réserves stratégiques serviront-elles à faire baisser les prix à la pompe ?

Alors que les États-Unis évoquent depuis quelques semaines la possibilité d'avoir recours à leurs stocks stratégiques pour enrayer la hausse des prix de l'essence, Paris se dit « favorable » à cette option.

Alors que les États-Unis évoquent depuis quelques semaines la possibilité d’avoir recours à leurs stocks stratégiques pour enrayer la hausse des prix de l’essence, Paris se dit « favorable » à cette option. (EFE/MAXPPP MARCELO SAYAO)Pourquoi cette proposition ?

A moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle, le cours du pétrole s’invite dans la campagne. Du développement des transports publics au blocage des prix, chaque candidat propose sa recette pour baisser le prix du pétrole.

En région parisienne, le litre d’essence sans plomb a dépassé pour la première fois le seuil symbolique des 2 euros. L’Iran menace toujours de bloquer le détroit d’Ormuz, passage obligé du trafic pétrolier, comme le rappelle La Croix.

Aux Etats-Unis, la hausse des cours du pétrole a incité Obama a lancer cette proposition la semaine dernière, alors que les présidentielles doivent se dérouler en novembre. Le but est de prévoir l’impact de l’embargo sur les exploitations iraniennes tout en limitant les conséquences pour les ménages, analyse le journal Les Echos.

Que représentent ces stocks en France ?

Le pays compte 17 millions de tonnes de pétrole brut et de produits pétroliers de réserves, répartis sur 200 sites tenus par des compagnies pétrolières. Le plus important se situe dans le parc du Lubéron et représente 15 jours de consommation. Au total, ces réserves assurent 98,5 jours de consommation, soit plus que ce que prévoient les textes internationaux (90 jours).

Qui décidera ?

C’est l’Agence internationale de l’énergie qui a ce pouvoir, mais elle reste pour le moment prudente. Fondée à la suite du premier choc pétrolier, elle siège à Paris et compte 28 membres. La plupart des pays de l’OCDE y adhèrent.

« En théorie, ce type de décisions bénéficie toujours d’un consensus de la part des 28 Etats membres, analysent les journalistes des Echos. Celui-ci peut être facile à atteindre. Les Etats-Unis, le Japon et les grands pays européens ont un poids très important au sein de l’agence. L’an dernier, la décision avait été prise en 48 heures ».

Quel impact ?

Cette décision de puiser dans les stocks de pétrole a déjà été prise à plusieurs reprises, comme le rappelle France 2 dans son journal de 20h, mercredi : en 1991 lors de la guerre du pétrole, en 2005 après l’ouragan Katrina, en 2010 à cause du blocage des raffineries.

La dernière fois, lors de la guerre en Libye en 2011, cette décision n’a eu que des effets limités. Les prix n’avaient baissé que de manière peu durable.

Le prix du pétrole, et donc de l’essence, augmentera de toute façon sur la durée puisque les réserves ne sont pas inépuisables, rappelle Bruno Béziat, journaliste à Sud Ouest. Si une baisse des prix à la pompe est envisageable, elle ne pourra donc qu’être limitée dans le temps, comme le détaille Emmanuel Cugny sur France Info. Une mesure qui serait donc avant tout électoraliste, des deux côtés de l’Atlantique…
 

La montée des prix du pétrole devient une “menace”, pour l’OCDE

La flambée des cours du pétrole "menace" la reprise économique des pays riches et pourrait doper l’inflation, prévient l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

"Cette évolution est la conséquence de ruptures d’approvisionnement à l’heure où les stocks de la zone OCDE sont faibles et les capacités inutilisées de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) limitées", souligne-t-elle dans un rapport.
 

Cantines scolaires : la mairie élargit l’assiette

Le nombre d'écoliers inscrits en cantine ne cesse de grimper : 13000 à la rentrée 2009, 14200 cette année.

Le nombre d’écoliers inscrits en cantine ne cesse de grimper : 13000 à la rentrée 2009, 14200 cette année. (Photo archives « SO »)

La délibération sera présentée lundi, lors de la prochaine séance du Conseil municipal, mais Emmanuelle Ajon, élue PS, a évoqué l’info dès hier, sur son profil Facebook, non sans satisfaction : « Enfin l’arrêt d’un dysfonctionnement de la Ville de Bordeaux… Je me dis que l’opposition fait bouger les choses ! »

De quoi s’agit-il ? De l’accueil des enfants dans les cantines bordelaises. Le sujet a fait débat lors de la rentrée dernière, la gauche reprochant à la mairie d’opérer une sélection dans l’accès aux restaurants scolaires. La Ville n’étant pas en mesure d’accueillir 100 % des enfants, un critère de priorité avait été fixé en juin 98, par une délibération du Conseil municipal. Ce critère invitait à donner la priorité aux enfants « dont les deux parents travaillent sans possibilité de prise en charge à l’heure du repas ».

Conséquence : le cas échéant, l’arbitrage se faisait au détriment des enfants de chômeurs. « Discrimination », selon le PS. « C’est la double peine pour les demandeurs d’emploi, qui ont déjà des difficultés financières, déplore Emmanuelle Ajon. Ne pas pouvoir accéder à la cantine, c’est aussi un frein à l’insertion professionnelle : pas facile d’essayer de trouver du boulot quand il faut déposer ses enfants à 8 heures à l’école, venir les chercher à midi, les redéposer à 14 heures, revenir en fin d’après-midi… Avec le soutien de la FCPE et de Michèle Delaunay, qui a, depuis, déposé une proposition de loi instaurant le droit à la cantine, nous avons mis en lumière un manque d’équité. Et la mairie fait marche arrière ! »

« Objectif 100 % d’accueil »

Lundi, les élus voteront en effet la suppression de ce critère vieux de quatorze ans. Brigitte Collet, adjointe d’Alain Juppé aux affaires scolaires, conteste toutefois que cette évolution soit liée aux pressions du PS. « Certes, ils se sont engouffrés dans la faille, mais le véritable point de départ de cette décision, c’est la dernière campagne municipale. Le maire a promis, alors, qu’à l’issue de son nouveau mandat, les cantines accepteront tous les enfants. Nous y travaillons progressivement, et cette décision intervient maintenant car nous sommes en train d’organiser la rentrée prochaine. »

Sur le fond, Brigitte Collet juge que « le retour des enfants à la maison pour déjeuner, ça ne correspond plus à nos modes de vie ; les matinées sont courtes. Et le fait de fournir un justificatif d’emploi était parfois mal vécu, perçu comme humiliant ».

Pour autant, si ce critère disparaît, le problème reste. Alors que les effectifs dans les cantines ne cessent d’augmenter, le service risque d’être à nouveau saturé. En particulier dans une dizaine d’écoles du centre-ville, très contraintes par l’espace.

Comment, alors, se fera la sélection ? « Nous rencontrons, chaque année, des difficultés dans un très petit nombre de cas en réalité. Quelques dizaines de dossiers, sur 14 000 enfants inscrits. Nous étudierons avec les familles concernées les possibilités pour trouver une solution », explique Brigitte Collet. La délibération qui sera soumise lundi aux élus prévoit, au besoin, une marge de manœuvre, à travers le nombre de jours accordés : tous les enfants seront inscrits, mais pour un nombre de jours par semaine qui pourrait être modulable selon les capacités des lieux.

« D’ici la fin du mandat, l’objectif de 100 % d’enfants accueillis sera de toute façon tenu, assure Brigitte Collet. Alain Juppé m’a dit : “Vous vous débrouillez, mais il faut accepter tous les enfants” »

François Hollande en meeting à Mont-de-Marsan jeudi soir

François Hollande lors de son meeting à Nice le 28 mars

François Hollande lors de son meeting à Nice le 28 mars (AFP PATRICK KOVARIK)

Le candidat socialiste connaît bien les Landes pour y être venu à plusieurs reprises en qualité de Premier secrétaire du PS, mais aussi en vacances l’été dernier à Hossegor.

L’occasion pour le candidat de soigner le courant emmanuelliste sur ses terres originelles au cours d’une courte visite : François Hollande arrivera en début de soirée en provenance de Montpellier où il assiste au Congrès de la FNSEA. Il repartira à Paris sitôt le meeting achevé, puisque vendredi, il s’envolera pour faire campagne à Mayotte et La Réunion.

La France et l’Allemagne sont “coresponsables de la crise” de la zone euro

Mario Monti a rappelé un épisode des premières années de l'euro qui a, selon lui, favorisé les dérapages

Mario Monti a rappelé un épisode des premières années de l’euro qui a, selon lui, favorisé les dérapages (AFP KAZUHIRO NOGI)

"Bien sûr, si le père et la mère de la zone euro violent les règles, vous ne pouvez pas espérer (que des pays comme) la Grèce les respectent".  Crise de la dette, la suite

Le Premier ministre italien, Mario Monti, a rejeté mercredi sur l’Allemagne et la France une partie de la responsabilité de la crise européenne d’endettement, à quelques jours d’une réunion des ministres des Finances sur l’éventuel renforcement du fonds de secours de la zone euro.

Lors d’une visite au Japon, Mario Monti a rappelé un épisode des premières années de l’euro qui a, selon lui, favorisé les dérapages ayant conduit l’Union monétaire au bord de l’abîme l’année dernière.

"Cette histoire commence en 2003, lorsque l’euro n’était encore qu’un bébé. C’étaient alors l’Allemagne et la France qui étaient laxistes concernant les déficits publics et les dettes", a-t-il expliqué lors d’un discours prononcé à Tokyo.

Mario Monti, qui a remplacé le magnat Silvio Berlusconi à la mi-novembre pour sauver la troisième économie de la zone euro qui menaçait d’être emportée par la tempête de la dette, a raconté que le Conseil européen avait alors décidé de ne pas pénaliser les deux principales économies de la zone, contrairement aux mécanismes de sanction prévus au départ contre les Etats non vertueux.

"Le Conseil européen, alors dirigé par l’Italie qui en occupait la présidence tournante, (…) a dit que contrairement à la proposition de la Commission européenne, (…) l’Allemagne et la France ne seraient pas inquiétées malgré leur déficit dépassant les 3% du Produit intérieur brut", a-t-il souligné.

Mario Monti était alors commissaire chargé de la Concurrence au sein de l’exécutif bruxellois.

A quelques jours d’une rencontre des ministres des Finances de l’Union monétaire à Copenhague chargée de décider de l’éventuel renforcement du fonds de secours de la zone, Mario Monti s’est dit "confiant" sur la réussite de cette réunion.  

"Le moment est venu de prendre une décision définitive et adéquate concernant les pare-feux", a-t-il estimé.